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2024 : la France va-t-elle craquer ? (1/4)

Ensauvagement et décivilisation


Jérôme Fourquet : Pour comprendre un ensemble de phénomènes contemporains, il est important de revenir au concept d’« érosion du processus de civilisation » en repartant des travaux de Norbert Elias. Ce grand sociologue et historien avait montré comment, progressivement à partir de la sortie du Moyen Âge, par toute une série de mécanismes acquis dès le plus jeune âge de manière inconsciente, les individus s’étaient policés, civilisés, domestiqués autour des bonnes manières, de la politesse, du maintien à table, des règles élémentaires d’hygiène. Elias montre comment on a appris collectivement à canaliser les affects, à gérer la frustration et surtout à respecter ou à se conformer à des formes d’autorité plus ou moins consentie. Ainsi le recours à la violence, sans disparaître, était relégué aux marges et était assez proscrit.

Lire aussi : D’un contresens majeur sur l’assimilation

En repartant de ces travaux et en observant ce qui se passe dans différents compartiments de la société française, on peut avoir le sentiment que ces ressorts éliassiens sont beaucoup moins opérants aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier.…

Patrick Buisson : la fidélité aux hommes et aux idées

Nous avons appris, ce 26 décembre, la mort de Patrick Buisson, retrouvé à son domicile des Sables d’Olonne où il vivait seul. La date exacte de son décès est encore inconnue.

Ceux qui ne le connaissaient pas garderont l’image simpliste du conseiller « occulte » de Nicolas Sarkozy, vulgarisée par Le Monde et Libération. On pourra lui préférer celle, plus exacte, d’un homme indéfectiblement fidèle à ses idées. Il a toujours expliqué que l’épisode présidentiel avait été, pour lui, l’occasion de porter ses convictions au sommet du pouvoir en caressant le rêve – et même l’ambition – de les voir appliquées.

L’accès à ces hautes sphères républicaines, la création spontanée d’une cour de dévots autour de lui, ne l’avaient jamais coupé de ses racines : celles d’un Français attaché à sa foi, sa terre et ses morts. Le fameux « ancien patron de Minute » ne s’est jamais renié.

Politiquement, loin des vélléitaires, des incapables, des grandes âmes pures, il avait des mains.…

« Certificat de parentalité européen » : en route vers la légalisation de la GPA

Le 14 décembre 2023, le Parlement européen a adopté sa position sur la proposition de la Commission d’établir une reconnaissance automatique de la filiation entre les États membres et de créer un « certificat européen de parentalité ». La Commission cherche ainsi à étendre sa mainmise sur le droit de la famille, avec l’aval de la quasi-totalité des partis politiques, y compris d’une partie des Républicains (LR).

L’objectif est simple, assujettir par une mise au ban systématique les États membres comme la Pologne et la Hongrie qui ne reconnaissent pas l’adoption par des couples de même sexe, ou la PMA sans père. La Commission le justifie par le fait que l’existence de différentes législations en la matière introduirait des difficultés pour les couples transfrontaliers et que cela contreviendrait donc à leur liberté de circulation. Cet argument n’est en réalité qu’un prétexte et la Commission a été contrainte d’inventer de toutes pièces des exemples pour légitimer sa proposition, les parents n’étant en réalité pas privés de leurs droits parentaux en déménageant dans un autre État membre.…

Jean-Marie Le Pen : prophète en son pays mais paria volontaire

Jean-Marie Le Pen, c’est Marine Le Pen qui a su en parler le mieux. C’était en 2012, au congrès de Tours. Elle venait d’être élue présidente du Front national, et, devant la foule mais aussi devant lui, elle avait salué « la droiture, la noblesse d’âme, la persévérance, la vision » de celui, qui, près de quarante ans plus tôt, avait cofondé le Front national : « En 1972, avait-elle ajouté, nous étions encore en pleine période des Trente Glorieuses. Nous mesurons désormais à quel point il fallait une sensibilité hors du commun pour percevoir au milieu d’une société prospère et insouciante ce qui préfigurait la France dans laquelle nous vivons aujourd’hui. [Car] nous y sommes [et] nous mesurons aujourd’hui à quel point Jean-Marie Le Pen a eu raison. »

Lire aussi : Richard Millet – Renaud Camus : l’entretien choc des deux grands maudits

Pour mesurer à quel point « Jean-Marie Le Pen a eu raison », il faut se reporter à la Déclaration d’intention du Front national, que l’on peut consulter sur le site Fragments sur les Temps présents.…

Maurice G. Dantec : mi-punk mi-prophète

En 1995, Les Racines du mal, le second roman de Maurice G. Dantec, vaut à son auteur le grand prix de l’imaginaire du roman francophone
et une renommée telle qu’il devient l’espoir français d’un roman hybride faisant dériver la SF et le polar vers des horizons métaphysiques, opérant la synthèse entre Dick et Dostoïevski, Ballard et Nietzsche. Babylon Babies, qui sort en 1999, sera adapté par Kassovitz en 2008 sous le titre Babylon A.D. (avec Vin Diesel), laquelle sera un échec commercial et critique, comme l’adaptation de La Sirène rouge, en 2002, par Olivier Megaton, sans doute parce que sa littérature certes spectaculaire mais aussi baroque, spéculative, cérébrale, n’est pas faite pour être traduite à l’écran, mais ces tentatives montrent quelle notoriété avait atteint cet ancien musicien de rock reconverti dans le futurisme apocalyptique et épiphanique. Un autre indice de sa gloire ?

Lire aussi : Jean Raspail, suicide : mode d’emploi

En septembre 2005, une soirée en sa présence est organisée à La Cigale : l’ambiance est électrique, le public jeune, la salle comble.…

Mathieu Bock-Côté : « C’est le refus de l’immigration massive qui est diabolisé »

Le totalitarisme sans goulag est-il encore un totalitarisme ?

La tentation totalitaire est inscrite dans la matrice de la modernité, qui porte en elle une charge religieuse invisibilisée. La modernité n’a pas rompu avec la religion, elle l’a sécularisée : elle a voulu décrocher le paradis du ciel pour l’accomplir sur terre. Les fins dernières seraient réalisables en ce monde. C’est le propre de l’utopisme. Mais dès lors qu’on prétend au bien absolu, on identifie ceux qui s’y opposent au mal absolu. Une doctrine, une nouvelle révélation, qui se réclame à la fois de la science et du bien, est censée délivrer l’homme du mal et promet sa désaliénation intégrale, pour peu qu’on fasse tomber l’institution qui l’incarne. Hier, c’était la propriété privée et le capitalisme ; aujourd’hui, c’est la « suprématie blanche » et l’« hétéropatriarcat ». C’est que nous sommes passés de la révélation marxiste, qui se présentait comme l’énigme décryptée de l’histoire, à la révélation diversitaire.…

Jean Raspail, suicide : mode d’emploi

S’il y a un écrivain à qui le qualificatif de « prophète » correspond à merveille, c’est bien Jean Raspail. Le mot le faisait rire. Prophète ? Disons qu’il lui était arrivé de voir des choses à un moment où personne ne voulait les voir, ce qui est une définition acceptable du prophète dans sa version profane. Quand on pense au Raspail-prophète, on pense bien sûr au Camp des saints, cette magnifique allégorie publiée en janvier 1973, trois ans avant la loi de regroupement familial, à une époque où l’immigration de travail était certes déjà présente en France mais où affirmer qu’elle menaçait de changer en profondeur le visage du pays avait de quoi vous faire passer pour un paranoïaque.

Lire aussi : Richard Millet – Renaud Camus : l’entretien choc…

Ce n’est pas parce qu’il a pris la démographie au sérieux que Raspail peut être qualifié de prophète mais parce qu’il a compris qu’un virus avait inoculé l’âme occidentale et que ce virus, qu’il appelait « humanitaire », ne nous permettrait plus de lutter contre cette démographie.…

Richard Millet – Renaud Camus : l’entretien choc des deux grands maudits

Vous avez été tous les deux mis au ban de la société pour avoir alerté sur le risque de l’implosion de la France. Dans quelle mesure les derniers événements vous donnent-ils raison ?

Richard Millet : Ces événements, qui sont bien plus que des événements dans une société où rien ne semble avoir lieu que dans le programme général du Spectacle, viennent après les émeutes ethniques des banlieues, en juin : ils sont une sorte d’intifada sporadique, une explosion de haine contre les Juifs et, plus généralement, contre tous ceux pour qui le nom de « Palestine » n’est pas un mantra ni Israël un agresseur. D’un côté, le Blanc européen, particulièrement haïssable en sa version judéo-chrétienne, de l’autre les gens « issus de l’immigration » musulmane, lesquels, en fin de compte, ne cessent d’immigrer intérieurement, c’est-à-dire de ne pas s’assimiler, ni même s’intégrer, parlant leur langue, se donnant des prénoms arabes, pratiquant un islam, « rigoureux », naguère chair à canon et sexuelle de Daech, et toujours les fourriers des Frères musulmans, depuis les milieux sportifs jusqu’au trafic de drogue, en passant par l’islamo- gauchisme culturel.…

L’Incorrect

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