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Macron au Grand Orient de France

Le 8 novembre 2023, M. Macron s’est rendu officiellement au Grand Orient de France, rue Cadet, pour y célébrer avec lui son 250e anniversaire, en présence d’autres obédiences. Seul M. Hollande, avant lui, avait fait une telle démarche sous la Ve République, le 27 février 2017.

Il n’est pas inutile de s’y reporter à la veille de l’introduction, probable selon le cours des choses, de l’avortement dans la Constitution.

Cette visite, qualifiée de « déplacement exceptionnel »par les organes de l’Élysée, ne fut pas seulement de courtoisie mais bien de collusion. Le contenu de l’allocution donnée à cette occasion, qui va bien au-delà des propos jadis tenus par le président socialiste, ne laisse aucun doute sur ce point.

Cette allocution est publique. Elle peut être écoutée ICI sur YouTube. On serait même tenté de dire : elle doit être écoutée. En effet, elleéclaire autant la psychologie de son auteur que les forces politiques qu’il est venu flatter.…

1938, Anschluss : « Nein Hitler ! »

Pouvez-vous nous expliquer le contexte des affrontements entre conservateurs et socialistes autrichiens dans les années 30 ?

Fondée au sortir de la Première Guerre mondiale, la République d’Autriche est en quête d’identité. En 1919, il n’existe pas de nation autrichienne au sens géographiquement délimité. Un peu plus de 6 millions d’Autrichiens, dont l’allemand est la langue maternelle et qui formaient un des peuples de l’Autriche-Hongrie (52 millions d’habitants), se retrouvent seuls et sont tentés de se rattacher à l’Allemagne qui, même vaincue, reste un grand pays. Pendant toute la décennie 1920, un homme va offrir une légitimité à l’État autrichien : le chancelier Ignaz Seipel, un ecclésiastique. En 1932, Engelbert Dollfuss prend la tête du gouvernement. Son combat va être de maintenir l’indépendance autrichienne, de faire émerger un patriotisme autrichien tout en affrontant à la fois les nazis et les socialistes, deux forces adverses mais qui avaient en commun de vouloir rattacher l’Autriche à l’Allemagne.…

XIXe siècle, colonies : les territoires perdus de la République

La France a-t-elle conquis son empire colonial en se donnant une mission civilisatrice ? Cette expansion coloniale a-t- elle été fondée sur un discours raciste ?

Il existe une continuité entre la Révolution, les guerres impériales de Napoléon et la colonisation. Au XVIIIe siècle, avec le mouvement des Lumières, la France se transforme profondément. Convaincue de son messianisme, elle entreprend au moyen des guerres révolutionnaires, puis napoléoniennes, d’apporter ses « lumières » aux peuples européens. Dans les pays conquis, la France de Bonaparte détruit les monarchies, instaure le Code civil, l’égalité entre les citoyens, vend les biens de l’Église, etc. Si en 1815, le Traité de Vienne lui retire le droit de faire la guerre en Europe, la France reprend ses conquêtes dès 1830 avec l’expédition d’Alger, puis surtout après 1880 sous la Troisième République. Contrairement aux Britanniques qui poursuivent des objectifs mercantiles, les républicains développent une justification morale et civilisationnelle de la colonisation.…

1793, Vendée : requiem pour un massacre

Quelles sont les causes déterminantes de la révolte des Vendéens au printemps 1793 ? S’agit-il fondamentalement d’une insurrection contrerévolutionnaire ?

Les historiens estiment aujourd’hui que 70 % du territoire se soulève en 1793. Le cas vendéen n’a rien de particulier à ce moment-là. Le soulèvement se fait avant tout pour défendre la liberté au sens conceptuel, la liberté de conscience, d’agir… remises en cause par la Révolution. Réduire la Vendée à une insurrection religieuse est profondément restrictif. Par ailleurs, les Vendéens ne veulent pas prendre les armes pour répandre ce système liberticide comme veut les forcer à le faire la Révolution, qui a besoin de soldats pour la guerre qu’elle a déclarée à l’Europe. Il s’agit d’une révolte populaire et spontanée, en aucun cas orchestrée par la noblesse et le clergé comme ont voulu le faire croire les historiens marxistes.

Si la rébellion prend de telles proportions en Vendée militaire, c’est pour plusieurs raisons.…

17 octobre 1961 : le FLN à la manoeuvre

Quelle est la responsabilité du FLN dans la montée des tensions avant le 17 octobre ?

En 1961, les travailleurs algériens, en métropole, sont surtout concentrés dans les régions parisienne et lyonnaise. Pour le FLN, ils constituent une masse de main-d’œuvre et une ressource financière puisque les indépendantistes les forcent à cotiser sous la menace à « l’impôt révolutionnaire ». Le FLN, par ailleurs, a toujours pratiqué le terrorisme, tant vis-à-vis de ses concurrents du Mouvement national algérien que des forces de l’ordre. À la mi-octobre 1961, la police compte 66 tués et 140 blessés dans des attentats FLN. Afin de mettre un frein aux activités nocturnes des indépendantistes, le préfet de police de Paris, Maurice Papon, a instauré, le 5 octobre, un couvre-feu applicable aux « Français de souche nord-africaine », expression appartenant au langage administratif de l’époque.

Lire aussi : XVIIe siècle, absolutisme : les rois tyrans ?

Alors le 17 octobre, le FLN, afin de prouver sa force et de peser sur les négociations entre le gouvernement et le gouvernement provisoire de la République algérienne, organise une manifestation nocturne à Paris qui doit converger vers la Concorde.…

Dupond démission ?

Nul n’ignore que le ministre de la Justice, M. Dupond-Moretti, est aux prises, précisément, avec la justice. Tout le paradoxe est là, de sa présence persistante dans le gouvernement de ce pays.

Le ministre de la Justice, par la noblesse de son objet, est assurément le titre le plus élevé qui soit dans un gouvernement. « Ministre », chacun le sait, signifie « serviteur ». Il y a des ministres de rien, comme le ministre des Solidarités ou le ministre de la Transformation. Il en est autrement du ministre de la Justice. Celui-là n’est pas ministre « pour la justice », ni « pour l’organisation de la justice ». Il est ministre « de la justice », et donc serviteur de cette dernière, serviteur du droit.

La possibilité que ce ministre puisse être un délinquant est, à elle seule, plus qu’insupportable.

Mme Borne, comme bien d’autres – à commencer par l’intéressé lui-même – nous assure que M.…

Je suis partout, je suis nulle part

Même sur le populisme, dont il s’est revendiqué expressément en 2010, les choses sont incertaines. À beaucoup d’égards, en effet, sa carrière politique a débuté dans des zones situées aux antipodes du populisme.

À Besançon, où il suit des études de lettres, il commence par rejoindre l’OCI (Organisation communiste internationaliste), un mouvement trotskiste-lambertiste qu’il dirigera dans cette ville de 1972 à 1976 : première rencontre avec la politique, sous les auspices de l’élitisme révolutionnaire. Passant ensuite au PS, où il restera plus de trente ans, il se situe à la gauche du parti, s’opposant aux tendances rocardiennes, créant la « gauche socialiste » avec Julien Dray en 1988 et claquant finalement la porte pour créer en 2008 le Parti de gauche.

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À l’époque, il développe un discours politico-philosophique où se combinent les thèses marxistes, les souvenirs glorieux de la révolution jacobine, le rationalisme humaniste des Lumières relayé par la franc-maçonnerie, à laquelle il appartient depuis 1983, et une tendance marquée au lyrisme utopique : « Il y a des gens comme moi qui n’ont jamais cessé de croire qu’on pouvait construire un paradis, ici et maintenant.

Mélenchon, trotskiste zombie

Les premiers engagements et la formation d’un dirigeant politique se voulant radical sont toujours intéressants à explorer et à connaître. Issu d’une famille de pieds-noirs d’ascendance espagnole ayant vécu en Algérie puis au Maroc avant de s’installer en métropole à la faveur de la décolonisation, Jean-Luc Mélenchon n’y fait pas exception. Chez lui, c’est indéniablement le trotskisme qui a été le creuset central de sa formation politique.

C’est en 1971, une double licence de philosophie et de lettres obtenue à l’université de Franche-Comté, que le jeune Jean-Luc Mélenchon, 20 ans à peine, adhère à l’Organisation communiste internationaliste (OCI), organisation politique minoritaire qui s’oppose alors localement au Parti socialiste unifié (le PSU dirigé par Michel Rocard) et à la Ligue communiste révolutionnaire (la LCR d’Alain Krivine) pour le contrôle de l’organisation étudiante UNEF à Besançon. Plus que les évènements de mai 1968, c’est l’écrasement de l’insurrection de Prague la même année par l’Armée rouge qui a fait choisir la voie du trotskisme ouvriériste à Jean-Luc Mélenchon plutôt que celle du communisme orthodoxe incarné par le PCF.…

L’Incorrect

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