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Céline Revel-Dumas : « Dans une GPA éthique, l’indemnisation sert de rémunération déguisée »

Lorsqu’il évoque son livre, Christophe Beaugrand se défend de toute exploitation sur des femmes vulnérables, arguant que dans les pays anglo-saxons, les mères porteuses « sont choisies sur leur haut niveau de revenus […] pour que l’argent ne soit pas une motivation ». Qu’en est-il selon vous ?

L’affirmation de Christophe Beaugrand pourrait laisser croire que des femmes de milieux privilégiés acceptent d’être mères porteuses. C’est faux. Les agences sélectionnent les femmes en écartant les plus précaires. Mais il s’agit avant tout de valoriser leur image auprès des clients.  La misère n’est pas très vendeuse. Et les clients ont besoin d’être rassurés car l’enjeu est important, émotionnellement et financièrement. Parmi les candidates à la GPA, ce sont celles qui présentent le mieux qui sont sélectionnées. Certaines mères porteuses, le deviennent pour des raisons religieuses car elles considèrent la maternité comme sacrée. Mais de manière générale, l’argent est bel et bien une motivation.

Aux États-Unis une mère porteuse est rémunérée en moyenne entre 20.000 et 35.000 dollars et jusqu’à 50.000 dollars. Ces femmes vivent la GPA comme un travail qu’il faut mener à bien avec tous les impératifs que cela comporte. Notamment celui de ne jamais parler d’argent avec les candidats à la parenté. Beaucoup de « parents d’intention » sont persuadés que la question financière n’a pas lieu d’être. Et comme dans tout contrat commercial, il existe des clauses d'annulation. Les contrats de GPA, peuvent comporter des clauses obligeant la femme à subir une « réduction embryonnaire » ou un avortement, si les parents d'intention changent d'avis.

Le « don » aux États-Unis est bel est bien une mise aux enchères de la femme elle-même

Dans une interview accordée à Konbini, Christophe Beaugrand explique que dans une GPA « éthique », ce sont la donneuse d’ovocytes et la mère porteuse qui choisissent le couple de parents d’intention. Dans votre livre, vous expliquez pourtant que ça n’est pas systématique. 

Les « parents d’intention » sont souvent victimes du marchandising des agences. Ils pensent sincèrement que ces femmes les choisissent. C’est en réalité le script qu’elles doivent suivre pour être engagées. Pas de discours du merveilleux et du don, pas de travail. Certaines refusent de travailler avec des couples gays, alors que d’autres au contraire redoutent la jalousie des femmes qui n’ont pu être enceintes. Mais une chose est certaine : la sélection des donneuses a lieu sur catalogue, et des « profils PDF » de mères porteuses sont proposés aux futurs parents, qui font une première sélection. Il arrive que les donneuses d’ovocytes ou les mères porteuses refusent un contrat si elles sont indisponibles ou ont eu une meilleure offre. Il s’agit bien d’une relation commerciale répondant à la loi de l’offre et de la demande. L’illusion du « choix » pensé comme libre-arbitre n'est qu’une illusion pour rassurer les couples qui veulent un enfant.

Y a-t-il une différence réelle entre GPA commerciale et non-commerciale ?

La difficulté dans les pays où la GPA n’est pas rémunérée mais « indemnisée », c’est que la définitions des « frais » est extrêmement floue. En réalité les paiements ne peuvent pas être cadrés.

On nous parle de « donneuse » d’ovocytes. Dans les pays interdisant la GPA commerciale, les donneuses d’ovocytes sont « indemnisées ». Peut-on vraiment parler de « don » ?

Il ne s’agit pas d’un « don ». Cette rhétorique altruiste vise à dissimuler la financiarisation de la procréation. L’indemnité est calculée en fonction du temps donné par la jeune femme, l’énergie consacrée, les désagréments (à savoir les douleurs) etc. Mais ce sont des sommes très conséquentes pour des étudiantes, qui sont les plus démarchées. Jeunes, leurs ovocytes ont plus de valeur. Cette indemnisation sert de rémunération déguisée lorsque la loi interdit la vente de matériel humain. Aux États-Unis par exemple, où l’indemnisation peut être très élevée, il existe une loi fédérale interdisant la vente d’ovocytes. Mais dès les années 1990, les cliniques ont trouvé un moyen de contourner l’interdiction. [...]

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Roubaix, une lumière

Face à la dégradation de la situation sécuritaire, le candidat Macron a décidé d’augmenter le budget de l’Intérieur de 1,5 milliard d’euros et d’inscrire ce montant dans une loi de programmation, comme pour les armées. Cette loi arrivera au Conseil des ministres en janvier 2022. À quatre mois de la présidentielle, ce tempo sera favorable au candidat-chef de l’État. À Roubaix, il a assuré que 500 millions seront affectés aux mesures du Beauvau de la Sécurité pour moderniser locaux, voitures et équipements des commissariats. La formation des policiers et gendarmes augmentera de quatre mois, et surtout la durée maximum entre l’obtention du concours et l’entrée dans l’école ne pourra excéder six mois, au lieu de deux ans aujourd’hui. Cela va dans le bon sens.

À aucun moment le président de la République n’a offert d’explication à une insécurité aussi haute

Emmanuel Macron a par ailleurs rappelé sa promesse de 2017 de créer 10?000 postes de policiers. Ces postes sont créés année après année. Bon, il n’est pas allé jusqu’à donner le taux de policiers et gendarmes disponibles par habitant. Car ce n’est pas tout d’avoir 250 000 policiers et gendarmes, encore faut-il qu’ils soient dans la rue et pas en train d’écrire des rapports. Dans un article du 29 juillet 2020, L’Incotidien avait calculé que le taux de policiers et gendarmes disponibles de 2019 était de 1 pour 558 habitants. En 1940, il était de 1 pour 279 et la délinquance était cinq fois inférieure à celle d’aujourd’hui. Le taux d’aujourd’hui étant deux fois inférieur à ce qu’il était il y a 70 ans, nous avions conclu qu’il fallait deux fois plus de policiers dans les rues. Le 14 septembre, Emmanuel Macron a révélé qu’il pense la même chose. Il veut « doubler sous 10 ans la présence des policiers et gendarmes sur la voie publique » et voit deux pistes pour y parvenir. Dans son discours, il a insisté sur les piles de papiers qu’il a vues dans tous les commissariats visités. Il veut diminuer la hauteur de ces tas et a demandé au garde des Sceaux une proposition « sous un mois » afin de simplifier nombre de procédures pénales. Les pandores pourront asséner des amendes là où ils devaient entamer une procédure plus compliquée. [...]

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L’école et la racaille

L’agression en pleine classe d’une enseignante par un élève à Combs-la-Ville, ce vendredi 8 octobre, le tout filmé et largement diffusé sur les réseaux sociaux, constitue un scandale autant qu’une honte. Il s’agit d’un drame personnel pour la professeure qui a eu à subir cette violence et cette humiliation. Il s’agit aussi d’un drame pour notre nation, dans la mesure où nous ne sommes pas en présence d’un fait malheureux mais isolé, comme tente pourtant pitoyablement de le soutenir le rectorat, mais d’un phénomène répandu. Nous sommes confrontés à un avilissement de notre système éducatif livré aux agressions. Ce constat a été formulé, répété, dénoncé depuis de longues années, sans que nos gouvernants successifs et en dernier lieu monsieur Blanquer, ne parviennent à y mettre fin.

Au-delà de l’émotion qui nous remplit face à un tel acte, une question fondamentale se pose. Comment notre pays a-t-il pu en arriver là ? Comment la France, qui dépense des sommes gigantesques pour l’éducation, qui possède l’un des systèmes scolaires publics parmi les plus coûteux du monde, se retrouve-t-elle confrontée à un tel fiasco ? [...]

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SOS Calvaires : sauver la croix qui nous sauve

Le rendez-vous est à 10 heures. Suis en retard… Viens de passer Nantes et je m’enfonce dans le Pays de Retz, ce territoire si singulier de l’extrême-sud de la Bretagne, en Loire-Atlantique, sur la rive gauche de la Loire. La route est virageuse et pleine de bagnoles en ce samedi écrasé de soleil. Soudain, au loin, il me semble distinguer des drapeaux, un attroupement. Je m’arrête. La scène est surréaliste : sur le bord de la route très fréquentée entre Nantes et Pornic, au lieu-dit La Boulaye-en-Port Saint-Père, une cinquantaine de personnes se tient assemblée en demi-cercle autour du socle d’un calvaire. Au centre de cette demi-lune, seuls se tiennent deux prêtres en soutane. Droits, derrière les hommes de Dieu, quatre chevaliers en armure, épées bien en pogne. Et les voitures qui passent à deux mètres.

En Bretagne, on ne s'agenouille pas pour Black Lives Matter et toutes ces conneries, mais devant la grâce de Dieu

Je me gare. Des ouvriers empoignent un calvaire. Simple croix de bois de plusieurs mètres de haut. Ils réussissent à la hisser à bout de bras sur un socle de granit. Pendant ce temps-là un « bagad » [orchestre breton], étendards noir et blanc au vent, joue le « Bro Gozh Ma Zadoù », l’hymne régional breton. Les ouvriers du Seigneur vissent et revissent le calvaire pendant que des voitures ralentissent, intriguées par la scène. Certaines manifestent leur approbation en klaxonnant. Aucun signe d’hostilité. Grâce au savoir-faire artisan, le calvaire est enfin fixé. Les prêtres s’avancent et bénissent l’édicule. À ce moment précis, les quatre chevaliers posent un genou à terre et courbent la tête. En Bretagne, on ne s’agenouille pas pour Black Lives Matter et toutes ces conneries, mais devant la grâce de Dieu. Le sermon qui s’ensuit met l’accent sur l’importance de la croix, de la mission qui l’a érigée une première fois en 1909 et des croisades, où les chevaliers bretons participèrent, jadis, à libérer leurs frères chrétiens prisonniers des musulmans. Là-bas, sur la terre de Jérusalem. [...]

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Europe de la défense : la France trop bonne trop conne

Le concept d’Europe de la défense est un concept exclusivement français. Preuve en est, il n’existe aucune autre alliance de collaboration technique ou militaire dans l’Union européenne sinon celles que nous proposons. Pour marchander avec nos voisins et leur faire accepter cette collaboration militaire, France propose des financements ou des transferts de technologie dangereux pour notre savoir-faire et notre souveraineté. Dès lors, les partenariats militaires que nous entretenons avec nos alliés servent bien plus leurs intérêts que les nôtres.

Quand la France finance les porte-avions anglais

La France a appris à construire des porte-avions dans les années 50. Au début des années 2000, se pose la question d’un deuxième porte-avions, aux côtés du Charles de Gaulle qui est déjà opérationnel. Or les Britanniques en veulent deux. Chirac décide en 2004 que la France doit se lier à la Grande-Bretagne par une coopération de défense sur le développement des trois navires. Les Anglais acceptent, à condition que la France leur donne 112 millions d’euros, comme « ticket d’entrée » dans leur programme. A l’époque, les Britanniques ne savent pas concevoir de porte-avions. Les chantiers militaires français hurlent mais rien n’y fait et Chirac allonge la monnaie. Puis les Anglais pondent ce qu’ils appellent un plan et une organisation industrielle, qui est aussitôt mis à la poubelle côté Français.[...]

Lire aussi : Affaire des sous-marins : et la France eut mal AUKUS

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Chasser, cette tradition qu’on ne saurait voir

La campagne présidentielle sera l’occasion pour EELV et autre bienfaiteur de la cause animale de taper une fois encore sur les chasseurs. Le monde rural et ses traditions enracinées sont devenus la bête noire des bien-pensants qui ne cachent plus leur haine et leur mépris pour cet art de vivre profondément français.

À en croire les écologistes, le puissant lobby de la chasse a de quoi inquiéter toutes les belles âmes en quête de justice animale. La réalité est toute autre. Les chasseurs sont aujourd’hui abandonnés et décriés à tous les niveaux de la société : les politiques, les citadins, les artistes (cela va de soi) et les ruraux eux-mêmes. Il faut dire que leur nombre (environ un million de licenciés) peut paraître important ; il est cependant à relativiser car il décroît d’année en année et représente finalement moins de 1,4% de la population. Pourtant, à en croire Le Monde, ce nombre est important car il est supérieur à celui des tennismen et des golfeurs licenciés. Avec une telle comparaison, on peut aussi ajouter qu’ils sont supérieurs aux licenciés de l’héliport de Courchevel.

Déçus par l’évolution des pratiques qui ne collent plus au cliché du cul-terreux assoiffé de sang, les détracteurs de la chasse se tournent vers la bonne vieille lutte des classes en accusant la chasse d’être d’une « activité de CSP+ » 

Les chasseurs sont des boucs émissaires intéressants pour les démagogues surfant sur la vague animaliste venue tout droit du pays de l’oncle Sam. En effet, leur modeste nombre combiné à leur isolement rural en fait une cible idéale, car faible et inapte à la défense. Les chasseurs souffrent de cette image répugnante du campagnard malavisé dépourvu d’humanité. Pourtant, la composition sociologique des chasseurs est de plus en plus variée, avec une nette augmentation du nombre de femmes chasseuses.

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Fabien Bouglé : « Emmanuel Macron ne place pas le nucléaire français dans une logique ambitieuse »

Sur 30 milliards d’euros, Emmanuel Macron n’allouera que 1,5 milliard pour la filière nucléaire, tout en maintenant la filière dite « renouvelable » qui a, elle, bénéficié de 250 milliards d’investissements. Que pensez-vous de cette annonce ?

Cette différence d’investissement entre les énergies renouvelables et la filière nucléaire interroge. Il s’agit d’un pur effet d’annonce. Le président de la République ne place pas le nucléaire français dans une logique ambitieuse qui impliquerait des financements très importants. Or, les enjeux énergétiques auxquels nous faisons face méritent une attention beaucoup plus forte portée au nucléaire. C’est donc une annonce très décevante sur le plan financier.

Emmanuel Macron défend désormais le nucléaire français qui permettra selon lui de  devenir le « leader de l’hydrogène vert » d’ici 2030. Quel est l’intérêt de ce projet ?

Il faut d’abord comprendre que dans l’énergie que nous utilisons, il y a 25 % d’électricité et 75 % d’autres énergies, la plupart fossiles. L’électricité sert pour une part de notre consommation domestique et industrielle. Les autres sources d’énergies, elles, servent à alimenter les voitures, le chauffage, les transports collectifs, etc. Aujourd’hui l’électricité française est presque décarbonée grâce au nucléaire. Les marges de manœuvre qu’il reste pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre se situent donc dans les autres types d’énergies.

L’objectif d’Emmanuel Macron est d’utiliser le nucléaire pour produire de l’hydrogène « vert », c’est-à-dire décarboné. Pourquoi cela ? Parce que l’hydrogène peut remplacer les énergies fossiles comme le gaz, le charbon ou le pétrole. Or, l’hydrogène est fabriqué par électrolyse, donc grâce à l’électricité. Si vous fabriquez de l’hydrogène avec de l’électricité issue d’énergies fossiles, votre hydrogène n’est pas décarboné, et n’a donc aucun intérêt. En revanche, si vous fabriquez de l’hydrogène grâce à une électricité décarbonée – en l’occurrence issue du nucléaire – votre hydrogène est « propre », ce qui vous permettra de compenser voire de remplacer les énergies fossiles dans votre consommation énergétique.

Malgré une volonté affichée de régler la question des déchets nucléaires, l’État ne porte aucun intérêt à cette innovation de rupture, française de surcroît

Parmi les annonces du plan 2030, figure le déploiement de petits réacteurs modulaires. Est-ce une bonne solution ?

Aujourd’hui nous avons des centrales à eau pressurisée avec des réacteurs de 900 mégawatts. Ils seront progressivement remplacés par des EPR : de gros réacteurs de 1600 mégawatts, dont celui en construction à Flamanville sert de prototype. Six EPR sont déjà prévus.  

Mais à court terme, pour aider les vieilles centrales en activité, il faut développer cette nouvelle catégorie de réacteurs que l’on nomme « petits réacteurs modulaires ». Ce sont des réacteurs nucléaires miniaturisés – les mêmes que ceux des sous-marins nucléaires. Il y a une véritable course mondiale pour cette technologie, et le fait que la France y investisse est une très bonne chose. Mais 1 milliard ne sera absolument pas suffisant. Il ne s’agit que d’un effet d’annonce, puisqu’EDF y travaille depuis des années avec le projet NUWARD. Les fonds alloués par M. Macron ne serviront qu’à accélérer les travaux déjà en cours.

Le Président a vanté des innovations de rupture en matière de retraitement des déchets nucléaires. Pouvez-vous rappeler en quoi consistait le projet Astrid, qu’il avait abandonné en 2019 ?

Le projet Astrid avait pour ambition de créer de nouveaux réacteurs, capables d’utiliser une partie des déchets des vieilles centrales. L’uranium appauvri rejeté par une centrale classique allait ainsi alimenter les nouvelles centrales à neutrons rapides dénommées « Astrid ». Ces déchets allait servir de matières premières pendant des années. Il s’agissait d’une avancée considérable, abandonnée pour des raisons politiciennes. Lors de son discours, il a appelé à des innovations quant au retraitement des déchets nucléaires, sans évoquer un relancement d’Astrid. C’est très regrettable. [...]

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Les dessous des GAFAM du X

Associations de protection de l’enfance et pouvoirs publics s’inquiètent depuis plusieurs années de l’influence de la pornographie en ligne sur les cerveaux adolescents. Depuis l’apparition des « tubes », la consommation de porno n’a cessé d’augmenter, accoutumant la population mondiale à une sexualité à la carte immédiatement disponible. Longtemps interdite et vendue sous le manteau aux élites fortunées, la pornographie est progressivement devenue mainstream dans les années 1960 et 1970. Il fallait alors être majeur pour s’encanailler devant ces films sulfureux, mais semblables à d’aimables bluettes si on les compare à ce qu’on peut trouver aujourd’hui en deux clics. Il était aussi nécessaire de se pencher sur la question, d’aller au sex-shop acheter des VHS ou des magazines faisant apparaître les icônes de la sexualité débridée d’antan. Pour ceux qui ont vécu dans les années 1980 et 1990, se procurer les œuvres de Traci Lords, Tabatha Cash, Draghixa, Marilyn Jess ou Julia Channel demandait des trésors d’ingéniosité ou la complicité d’un buraliste « plus ouvert ».

Mais aujourd’hui la perspective d’une interdiction d’accès aux fournisseurs de pornographie gratuite en ligne se fait de plus en plus sérieuse. C’est d’abord la loi sur les violences conjugales du 30 juillet 2020 qui a quelque peu durci les règles, son article 23 exigeant que l’éditeur d’un site pornographique prenne impérativement « toute mesure de nature à empêcher l’accès des mineurs au contenu incriminé ». Avec près d’un tiers des mineurs de 12 ans ayant déjà consulté un site à caractère sexuel interdit aux moins de 18 ans et deux tiers des 13-17 ans dans ce cas, l’accès massif à la pornographie entraîne de véritables bouleversements anthropologiques.

Dernièrement, les associations e-enfance et la Voix de l’enfant ont assigné en référé six opérateurs télécoms devant le tribunal judiciaire de Paris, leur demandant de bloquer l’accès des sites pornographiques aux mineurs. La difficulté tient dans le fait que les grandes plateformes ont leur siège social hors de France, qu’il s’agisse de Mindgeek (Pornhub, YouPorn) ou donc du groupe WGCZ (XVidéoss) du secret Pacaud. Pour l’heure, un internaute cherchant à se connecter sur un site de ce type ne subira que des phrases d’avertissement. [...]

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