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Les arbres sont-ils de droite ?

Un ami séjournait à la maison. Nous marchions le long de la rivière et je lui faisais remarquer quelques trognes remarquables. Les trognes sont des têtards, ces arbres étêtés régulièrement ; on les appelle aussi émousses, escoups, ragosses ou chapoules, ce qui prouve bien qu’on les taille ainsi depuis le néolithique. Nous regardions leurs écorces épaisses et je lui dis : « Les arbres sont de droite ». « Non », me répondit-il avec calme. Je vacillai. « Ils votent à gauche ». Je protestai. Il se défendit et finit par me renvoyer sur le site de Libération où un entretien avec Peter Wohlleben, forestier allemand, était supposé me confondre. Le forestier était gauchiste et prétendait, en effet, que tous les arbres voteraient à gauche s’ils le pouvaient (le voudraient-ils ? Un gauchiste ne se pose pas la question de ce que veulent les gens).

Le forestier parlait. « Une étude de l’université de Vancouver a même montré qu’une “mère-arbre” peut détecter ses jeunes plants avec ses racines. On a mesuré qu’elle soutient davantage ces derniers ». Sens de la famille, ça part bien, me dis-je. Je sentais que je n’allais pas devoir ne mobiliser que l’enracinement comme concept dextrisant. « Les arbres décident bel et bien avec qui ils se connectent ». On s’éloignait d’un modèle universaliste. « Les vieux [arbres] seraient même capables de partager cette information avec les plus jeunes, de les “éduquer [...] ” ».

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Sélectron : les citations (retravaillées) d’Éric Zemmour (2/2)

10 – « Sauf pour la gloire, sauf pour l'art, il eût probablement mieux valu qu'il n'eût pas existé » de Jacques Bainville à propos de Napoléon

9 – « Les faits sont têtus » de Lénine

8 – « Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste » de Pascal

7 – « Les chiffres sont des petits êtres innocents qui, sous la torture, disent ce qu'on veut leur faire dire » d’Alfred Sauvy

6 – « Méfiez-vous des cosmopolites » de Jean-Jacques Rousseau

Lire aussi : Sélectron : les citations (retravaillées) d’Éric Zemmour 1/2 [...]

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Abus dans l’Église : pères et pairs de la trahison

La Trahison des pères veut montrer que « le printemps de l'Église » a été le fait de communautés globalement animées par des abuseurs pervers, lesquels ont trouvé une partie de leur inspiration chez les frères Philippe, plus spécialement chez le père Thomas Philippe, dont une expérience pseudo-mystique et un enseignement véreux expliquerait de nombreuses dérives et l’hiver de l'Église.

Le livre de Céline Hoyeau tente de faire un effort de synthèse mais ressemble malheureusement à une juxtaposition d'articles parfois redondants, sans tomber il est vrai dans le voyeurisme ni dans le catalogue des péchés de l'Église. Il n’échappe pas aux excès du genre journalistique qui ne dit pas trop son avis mais le fait dire par d’autres.

L’ouvrage donnera une documentation utile à ceux qui s’intéressent au sujet, mais il pose aussi une question déontologique, puisqu’il ne laisse finalement aucune place au débat contradictoire : les uns sont morts (les frères Philippe, Jean Vanier), certains refusent de répondre (Ephraïm) quand d’autres ne sont pas interrogés (Fenoy, Roucy), ni même leurs proches, héritiers ou soutiens.

Lire aussi : Des abus sexuels dans l’Église et de leur rédemption

C'est un livre qui arrive trop tôt, deux fois trop tôt même : d'abord parce que les archives concernant le père Thomas Philippe ne sont pas ouvertes et on ne sait toujours pas en 2021 quelle fut la sentence prononcée par le Saint-Office contre lui dès 1956, pour quelle raison et pour quelle durée, ni s'il a désobéi à la peine qui lui avait été infligée. Trop tôt aussi parce que le travail des théologiens n’est pas achevé pour vérifier dans ses écrits ce qui relèverait précisément d’une hérésie ou d’une doctrine à l'origine de ses turpitudes sexuelles. Le livre de la journaliste de La Croix fait globalement l'impasse sur cette question en se contentant d’exhumer un paragraphe d'un cours de Marie-Dominique Philippe, extrait qui ne prouve, en soi, pas grand-chose... et qui serait resté parfaitement inaperçu en temps normal. 

Pour ces deux raisons, l’enquête n’arrive pas à convaincre véritablement et aurait gagné à attendre un peu. On sort de là comme de la lecture d’une enquête sur Dupont de Ligonnès : rien n’est résolu. [...]

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Blasphème : lettre aux catholiques de France

Inutile de feindre de ne pas voir l’évidence : l’islam est engagé dans une entreprise de terrorisme intellectuel visant l’instauration d’une censure planétaire. La Grande Mosquée d’Al-Azhar, référence du sunnisme, appelle à l’adoption « d’une législation mondiale incriminant la diffamation des religions et de leurs symboles sacrés ». La Ligue Islamique Mondiale s’y emploie depuis longtemps au sein des instances internationales, à commencer par l’ONU. Le Pakistan, vindicatif et brutal, fait de même en ciblant tout spécialement la France. De soi-disant intellectuels, au nom d’un soi-disant « progrès » et d’une vision dévoyée de la « tolérance », s’en font les relais en Europe et Outre-Atlantique.

Pendant ce temps, en Algérie, un islamologue humaniste a été emprisonné pour avoir critiqué le mariage d’enfants pré-pubères – en clair, la pédophilie institutionnalisée – ce qui est assimilé à une critique du comportement du prophète de l’islam en raison de son mariage avec Aïcha, donc à un blasphème. Au Maroc, une Italo-marocaine de 23 ans vient d’être condamnée à trois ans et demi de prison parce qu’en avril 2019 elle avait partagé sur Facebook la parodie humoristique d’un verset du Coran.

Lire aussi : Mila, la liberté contre l’islamisme

C’est parce qu’elle était accusée de blasphème qu’Asia Bibi a passé dix années en prison, et que des foules ivres de haine ont appelé à sa mise à mort. C’est souvent l’accusation de blasphème qu’utilisent de nombreux pays musulmans à travers le monde pour persécuter les chrétiens, en particulier ceux qui répudient l’islam pour répondre à l’appel du Christ. C’est l’accusation de blasphème qui a été brandie contre Salman Rushdie et a conduit à la mort de Samuel Paty. C’est cette accusation qui vaut à Mila d’être prisonnière dans son propre pays. Et les arguments utilisés par ceux qui rêvent de faire interdire les caricatures de Charlie Hebdo sont très exactement les mêmes, et au nom du même islam, qu’ils utilisèrent contre Benoît XVI il y a quatorze ans après son discours de Ratisbonne.

Quelle est la réponse de l’Église catholique ? Le 15 juin, Mgr Aupetit, archevêque de Paris, s’est ému au micro de Jean-Jacques Bourdin de la situation tragique de Mila, tout en ajoutant aussitôt : « Mais en même temps il faut que chacun d’entre nous soit respectueux d’autrui. (….) On peut discuter en respectant aussi les gens, sans les enfoncer, sans les moquer. Blesser les gens, ça ne les aide pas à entrer dans un dialogue constructif ». Comme si le Christ avait « respecté » les marchands du Temple pour les « aider à entrer dans un dialogue constructif ». Comme si « respecter » les hordes hurlantes appelant à tuer Asia Bibi, et à violer et assassiner Mila, allait les convaincre « d’entrer dans un dialogue constructif ».... Que je sache, Benoît XVI avait été à Ratisbonne courtois et respectueux, d’une irréprochable correction, argumentant avec une parfaite rigueur, et pourtant ! Quel déferlement de haine et d’hypocrisie suite à son discours ! [...]

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Partout, les saints : Saint Louis Orione

Le petit Louis naît en Italie en 1872 dans une famille extrêmement humble. De vrais pécores sans le sou, mais avec la vraie foi et une bonne rasade de sagesse. Petit Louis apprend Dieu au biberon. À l’école, il est studieux, un peu bagarreur comme tous les jeunes garçons, et surtout déterminé. À 13 ans, il convainc papa et maman de le laisser intégrer les capucins. Pour faire bref, les capucins sont les clodos des ordres : aujourd’hui encore, ils ne possèdent même pas leur brosse à dents. Juste leur robe de bure et des sandales. Ils ne vivent pas cloîtrés, mais prêchent là où ils zonent, et vivent de la charité qui leur est dispensée.

Pas de bol pour frère Louis, qui tombe malade et chope une tuberculose bien agressive. On le renvoie dans sa famille peu après. Dès qu’il est pleinement remis, il se met au boulot : papa fait des chantiers, il va l’aider. Louis en gardera une solide connaissance du monde ouvrier, du sens du travail et de l’effort physique.

Son confesseur n’est autre que saint Don Bosco, avec qui il entretiendra une amitié sincère. Ça rattrape le reste. En effet, ses camarades étudiants se foutent de sa gueule allègrement

Sa vocation le rattrape : en 1886, il intègre un oratoire pour débuter ses études. Son confesseur n’est autre que saint Don Bosco, avec qui il entretiendra une amitié sincère. Ça rattrape le reste. En effet, ses camarades étudiants se foutent de sa gueule allègrement : il s’y croit trop, prie trop, pose trop de questions. En plus, comme il n’a pas un rond, il dort dans un coin du clocher et aide le sacristain pour payer ses études. [...]

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Avortement : souffre et tais-toi !

Derrière l’étiquette « féministe » et « pro-choix », les pro-IVG nient et discréditent la parole des femmes traumatisées par l’avortement. Ainsi, ils cherchent à soumettre celles qui témoignent, quitte à les harceler jusqu’à ce qu’elles se taisent. Auteur du livre Pardon les enfants, Rose Delattre avait témoigné dans notre dossier de mars – « Avortement, le grand tabou » – sur l’enfer vécu après avoir avorté. Aujourd’hui elle nous raconte comment le Planning familial et les pro-IVG ont méprisé sa détresse, et lui ont dénié le droit d’en témoigner.

En mars, vous nous aviez raconté ce qu’avait été pour vous l’avortement. Pouvez-vous nous rappeler les séquelles post-IVG que vous avez subies ?

À la suite de mon IVG, j’ai commencé à souffrir atrocement sur les plans physique et psychologique. J’avais des idées noires. Je m’allongeais le soir et je voyais des mouches sortir de ma tête. J’étais rongé par une douleur psychologique intense, quelque chose d’horrible qui me dépassait complètement.…

Mila, la liberté contre l’islamisme

La tristement célèbre « affaire Mila » peut se résumer en quelques lignes : une adolescente très active sur les réseaux sociaux est prise à partie par des musulmans haineux en ligne. Courageusement, elle ne se laisse pas faire et leur répond par une vidéo – provoquante mais qui répondait à des menaces de viol : « Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. Merci, au revoir ». Déchainement de violence, menaces de viols et de mort par milliers, plaintes multiples : Mila se retrouve malgré elle au cœur d’un Maelström qui bouleverse sa vie. Elle vit depuis en demi-teinte, sous protection policière, obligée de se déguiser pour ne pas être reconnue. Insupportable histoire où la victime voit sa vie s’effondrer, alors que la meute peut continuer à hurler en toute impunité. Insupportable histoire qui révèle la lâcheté d’une grande partie de la population, déjà prise à la gorge par la peur soigneusement installée par les coupeurs de langues et de têtes, cette peur si bien décrite par Alexandre Del Valle.

La réalité de la menace islamiste

Le livre se dévore en quelques minutes. Il glace le sang et laisse pantois. Il est aussi porteur d’espoir, car l’effort de Mila et de sa famille, soutenus par le remarquable Richard Malka, pour tenter de retrouver une vie, est d’une grande dignité. Dans ce témoignage très personnel où elle se permet d’aborder d’autres sujets, Mila fait preuve d’une grande lucidité sur l’époque, marquée par le conformisme, la peur et le rejet du réel. [...]

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Procréation, la loi du marché

À force du vivre-ensemble, du politiquement correct, du rire de tout, nous ne voyons pas que l’État vient de prendre en main, il y a deux jours, « les droits reproductifs » des femmes françaises, conformément à une politique imposée par la CEDH. Le 29 juin, en la fête de saint Pierre et saint Paul, Mesdames Taubira, Buzyn, Belloubet et Mécary ont exulté de joie sous l’action de l’Esprit saint. Comme l’avait annoncé Maîtresse Mécary : « Les forces réactionnaires ont cédé le pas au jour où tout est permis… pour notre bonheur….puisque l’absence de père est institutionnalisé par l’anonymat du donneur qui lui évite d’être père ». Ainsi s’accomplit la prophétie du Président Dean Spielmann, lors de son discours d’audience solennelle à la CEDH le 30 janvier 2015 : « L’arrêt de la Cour réduit à néant non seulement la faculté pour les États d’interdire la GPA mais aussi la légitimité d’un tel choix législatif ». Le passage en force de la PMA était prévu à l’Assemblée. À demain, la GPA.

Le progressisme en marche

Si j’en juge par des amis courageux, personne n’a osé dire son avis sur le mariage et la procréation gay, de peur de passer pour homophobe. Personne n’a voulu voir le marché de la procréation mis en place, en Europe, depuis 20 ans. Le marché prospérait : restait à le légaliser. Le droit français étant rigoureux en matière de filiation – l’Allemagne, par exemple, reconnaît le père et le donneur – il a fallu du temps mais le résultat est là. Vote consensuel, a-t-on dit à la télé. Faux ! On s’est assis sur l’avis du CCNE, on a méprisé les avis contraires, on a fait un procès d’intention aux opposants. On a fait des sondages truqués : les Français sont « pour » la PMA et « contre » les enfants sans père ! Aucune promotion des livres sur le business procréatif.

Après le vote, certains journalistes et politiques ont fait une moue de rigueur : n’y avait-il pas d’autres « priorités » que cette loi bioéthique ? Eh bien, non, justement ! Car le gouvernement a des promesses à tenir et des contrats à honorer avec des laboratoires et des officines de tout genre. L’idéologie progressiste dont la Chambre a donné, par la bouche de Coralie Dubost, rapporteur de la loi et porte-voix de Jean-Louis Touraine, un échantillon éclatant, veillera à la mise en pratique de ces lois reproductives. Et demain, – cela dit sans rire – il ne sera plus question de donner des textes sur l’amour paternel et hétérosexuel. Il sera interdit de dire « faire l’amour » car trop connoté hétéro. « Faire catleya » sera recyclé dans un contexte moins élitiste et discriminant, même si le mot ressemble à une marque, parmi d’autres, de serviettes périodiques dont madame Schiappa inaugurera la distribution, en septembre, dans les établissements scolaires. [...]

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