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France, que reste-t-il de ton baptême ?

Une messe pour la France a été célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome le 31 mai 2021, fête de la Visitation de la Sainte Vierge Marie à sa cousine Elisabeth et aussi fête de Sainte Pétronille. Elle l’est chaque année, le jour de la fête de Sainte Pétronille, dans cette basilique. Cette année, elle a été célébrée par Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Archevêque de Reims et Président de la Conférence des Evêques de France. Pourquoi une messe pour la France ce jour-là ?

Sainte Pétronille, vierge et martyre romaine fut baptisée par l’apôtre Saint Pierre, dont elle fut dès lors considérée comme la fille spirituelle, d’après une tradition. C’est le roi franc Pépin le Bref qui a demandé au Pape que le corps de Pétronille soit porté au Vatican, qu’un sanctuaire y perpétue son culte et qu’on y prie pour la nation franque. Le 28 juillet 754, Pépin devint « Fils de l’Eglise » et Sainte Pétronille la patronne des Francs, ce qui vaudra à la France, par analogie, son titre de « Fille ainée de l’Eglise ». Sainte Pétronille est restée patronne nationale de la France jusqu’au XVIIème siècle.

Lire aussi : Père Bernard Auville : où sont les intellectuels catholiques ?

Le 10 février 1638, le roi Louis XIII a consacré officiellement la France à Marie. En 1922, le Pape Pie XI a proclamé Notre Dame de l’Assomption patronne principale de la France. Il reconnait Sainte Jeanne d’Arc seconde patronne de la France. En mai 1944, le Pape Pie XII a déclaré Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus patronne secondaire de la France, à l’égale de Jeanne d’Arc. Le Pape Saint Jean-Paul II, lors de son voyage en France, à l’aéroport du Bourget, le dimanche 1er juin 1980 déclara : « Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger : France, Fille ainée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? Permettez-moi de vous demander : France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la Sagesse Eternelle ? Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême ».

France, qu’as-tu fais de ton baptême ?

On considère que le baptême de la France est symbolisé par le baptême de Clovis, roi des Francs, le 25 décembre 496 à Reims par Saint Rémi avec 3 000 de ses soldats. Cet évènement marque leur entrée dans le monde chrétien. Ils ont renoncé explicitement à Satan. Ils ont confessé la foi de l’Eglise. Le baptême concerne aussi la communauté toute entière. Fille ainée de l’Eglise, la France a une vocation spéciale de défense, de conservation et de propagation de la foi en Jésus-Christ, fils de Dieu, le Chemin, la Vérité et la Vie. La France a été fidèle à sa vocation par son dynamisme. [...]

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Confession d’une catéchumène

J’ai toujours eu la foi. Comme tout le monde, vous me direz : la foi est aussi naturelle chez l’homme que sa capacité à respirer. Tout enfant est profondément croyant mais notre société sécularisée lui intime bien souvent de détricoter ses croyances. Comme beaucoup de soixante-huitards, mes parents se voyaient plutôt comme des chrétiens, mais ils avaient troqué les rites de l’Église pour un œcuménisme indolent. Imbibés sans doute par les théories de Dolto et de Bettelheim, ils ne m’ont pas fait baptiser, estimant que cela relevait de mon choix. J’ai mis du temps à comprendre l’absence en moi du baptême, à la verbaliser. Je fréquentais les églises comme une voleuse, comme une espionne. Si possible en dehors des heures de messe. J'observais le Christ et les saints à la dérobée, je leur subtilisais quelques moments de grâce que j’enfermais immédiatement dans un missel secret au fond de mon cœur, presque dans la honte.

Dans ma chambre d’enfant, j’adorais une statue de la Vierge avec une candeur dévote. L’adolescence forcément a transformé cette foi en poussée de fièvre prométhéenne, puis en désespoir. Il fallait faire quelque chose pour combler ce vide, ce trou béant venu du fond de l’enfance. J’ai donc entrepris tardivement les démarches pour me faire baptiser. J’ai d’abord rencontré le recteur du Sacré-Cœur, un homme d’une grande culture à qui j’ai fait part de mes doutes, de mes tentations parfois hérésiarques. Je lui concédais que je tenais le concile Vatican II pour une entreprise luciférienne. Il m’a répondu avec sagesse que l’Église n’était pas une entité monolithique, qu’elle était organique et qu’il fallait accepter ses mutations comme on accepte celle de notre corps et de notre âme. Pourtant ses yeux semblaient dire quelque chose d’autre.(...)

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PMA GPA, ou la Taqiya progressiste

Jusqu’à présent, les partisans du « progrès » dissimulaient leurs intentions réelles, en jurant la main sur le cœur que « non la PMA pour toutes n’amènerait certainement pas la GPA ! ». En réalité, la PMA sans père n’en était que le cheval de Troie. Les portes sont désormais grandes ouvertes et le camp du Bien s’est mis en marche.

Un certain Luc Le Vaillant n’a même pas pu attendre l’adoption du projet de loi, pour réclamer dans Libération l’avènement de la GPA : « Chronique “Ré/jouissances” : Après la PMA, que vienne la GPA ! ». Non content de se vanter de savoir « parfois déguiser [ses] pensées afin d’aboutir à un gain intermédiaire », tel un « rusé goupil qui camoufle ses frustrations de chasseur caché dans l’ombre, sans perdre la proie de vue », l’auteur ne voit plus l’intérêt de camoufler le but ultime des progressistes : la légalisation de la GPA,  « ceci afin que le désir d’enfant puisse être universellement satisfait ». L’enfant n’est plus qu’un objet de désir, un droit opposable, une chose que l’on exige, commande et revendique.

Du PACS en 1999, à la PMA pour toutes en 2021, en passant par le Mariage pour tous en 2012, c’est toujours la même tactique : celle du mensonge permanent. Dans un entretien accordé au journal Le Point le 3 juillet 2019, Jean-Louis Touraine rapporteur de la loi bioéthique, prétendait ceci : « J'insiste sur le fait qu'il n'existe pas de droit à l'enfant […] Il peut y avoir un désir d'enfant, mais il ne faut pas donner satisfaction à tous les couples sous prétexte qu'il y aurait un prétendu droit à l'enfant ».

« À partir du moment où l’on sacrifie les droits de l’enfant au profit du désir des adultes, et du profit des industries pharmaceutiques, on instaure le droit à l’enfant »

Aude Mirkovic

C’était bien évidement un mensonge, puisque la mention « Il n’existe pas de droit à l’enfant » ajoutée en première puis en deuxième lecture par le Sénat, a été supprimée à chaque fois. Lors de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 29 juillet 2020, la rapporteur Coralie Dubost défendait la suppression de cette mention : « L’idée même d’un “droit à l’enfant” est absurde. Aucune raison d’inscrire son interdiction dans la loi. Évoquer un “droit à l’enfant”, même par la négative, serait en creux le rendre objet, non sujet. L’enfant est une personne, aucun “droit à” ne peut s’exercer sur lui ! ».

Pour Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, cette suppression prouve encore la volonté du gouvernement d’amener la légalisation de la GPA : « De nombreuses choses inutiles sont précisées dans la loi, mais là ce n’était pas inutile. Dans la mesure où une évidence est en danger face à des revendications, il devient nécessaire de l’y inscrire. Le fait d’inscrire qu’il n’existe pas de droit à l’enfant était très significatif. Si l’Assemblée n’a même pas été capable d’accepter cela, c’est parce qu’en réalité cette loi consacre déjà le droit à l’enfant. À partir du moment où l’on sacrifie les droits de l’enfant au profit du désir des adultes, et du profit des industries pharmaceutiques, on instaure le droit à l’enfant  » [...]      

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Europe 1 : Patrick Cohen à la rescousse
Pour recevoir et lire L’Incotidien chaque soir : abonnez-vous Comme vous le savez, chers avides lecteurs, l’influence de Vincent Bolloré sur Europe 1 va en s’accroissant. Le mec est devenu actionnaire principal de la radio, par l’intermédiaire du groupe Lagardère qui la possède. Or Bolloré est aussi propriétaire de CNews, qui a connu sous son impulsion depuis plusieurs […]
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L’Église catholique et les lois de bioéthique

Dans la déclaration du conseil permanent de la conférence des évêques de France du 9 juin à propos du projet de loi révisant les lois de bioéthique, il est fait mention de l’embryon comme « ce qui devrait devenir un être humain à part entière ». Ce terme est ambigu.

L’enseignement de l’Église est clair. L’instruction Donum Vitae du 22 février 1987 dit : « L’être humain doit être respecté et traité comme une personne dès sa conception, et donc dès ce moment on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels en premier lieu le droit inviolable de tout être humain innocent à la vie ». L’enseignement de l’Église est confirmé par la science. D’autre part, Dieu insuffle l’âme à l’enfant dès sa conception. La déclaration indique « le socle de la ‘bioéthique à la française’ dont notre pays était si fier est définitivement gommé : la dignité propre à tout être humain, petit et grand n’est plus le point focal ». Un catholique ne peut être fier de ce « socle » qui est contraire à ce que dit l’Église.

Lire aussi : L’avortement en chiffres

La première loi de bioéthique est la loi n°94-654 du 29 juillet 1994 relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal. L’embryon a été exclu du respect dû à tout être humain. La primauté est donnée à la « demande parentale ». Si celle-ci n’est pas maintenue, l’embryon peut être détruit. La conservation des embryons a été autorisée, conduisant à la constitution d’un véritable stock d’embryons surnuméraires en raison de l’abandon par de nombreux couples de leur projet parental. D’autre part, les méthodes de fécondation in vitro peuvent conduire à la persistance d’embryons surnuméraires qui sont détruits.

La loi n°2004-800 du 6 août 2004 relative à la bioéthique a permis la recherche sur les embryons conçus in vitro dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation qui ne font plus l’objet d’un projet parental. La loi du 7 juillet 2011, issue de la clause de révision inscrite dans la loi de 2004 assouplit le régime relatif à la recherche sur l’embryon. L’interdiction était toujours le principe avec quelques exceptions strictes. La loi du 6 août 2013 modifie la loi. Désormais la pratique est autorisée et encadrée, permettant de libéraliser les projets de recherche. Celles-ci pourront être faites à partir d’embryons surnuméraires conçus dans le cadre d’une PMA et ne faisant pas l’objet d’un projet parental. [...]

La terre, la roche, le vin : à la découverte des vignerons du Libournais

Il y a cinquante millions d’années dans le bassin d’Aquitaine, éléphants, panthères et rhinocéros déambulaient parmi leurs congénères. Le climat était tropical, la végétation luxuriante. Un vaste marécage issu des va-et-vient de la mer recouvrait la région. Alors au fond des lacs, de très fins calcaires se compactèrent, et sont recouverts par de fines couches d’argiles : ces alternances d’argile et de calcaire sont appelées « molasses ». À la fin de l’Oligocène, il y a 35 millions d’années, les molasses sont recouvertes par la mer, et les sédiments marins créent le grand plateau de calcaire du Libournais. Progressivement, les fleuves qui prennent leur source dans le massif central (la Dordogne, l’Isle) entaillent le plateau calcaire. Sur les versants des coteaux, l’érosion ramène à la surface les « molasses ». Il y a 2 millions d’années, les fleuves arrachent au Massif central des galets et des sables. 

Cette géologie complexe donne au Libour- nais une grande variété de terroirs: calcaire, argilo-calcaire, sablo-argileux.

Cette géologie complexe donne au Libour- nais une grande variété de terroirs: calcaire, argilo-calcaire, sablo-argileux. Au centre de la région, le plateau calcaire de Saint-Émilion culmine à 90 mètres. À l’ouest sur les versants du plateau se situent Fronsac et son terroir ar- gilo-calcaire. Au nord-ouest l’appellation Po- merol où l’on trouve un sol sablo-argileux. 

Les sols en calcaire ou en argile sont des sols pauvres qui conviennent parfaite- ment à la culture de la vigne, qui est une liane ayant tendance à pousser à l’infini, en négligeant ses fruits. Pour obtenir des beaux fruits, il faut la placer sur des sols pauvres qui ne lui offriront pas de grandes réserves d’eau. [...]

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Le Printemps républicain, la vraie tenaille

La république est leur crédo, la laïcité leur bouclier. Face à l’islamisation offensive et belliqueuse, les Laurent Bouvet, Amine El-Khatmi et autres Gilles Clavreul ne ménagent pas leur peine dans un combat légitime. Attention toutefois à ne pas les confondre avec des militants d’extrême droite camouflant une islamophobie galopante derrière les oripeaux de la laïcité. Pour eux, la menace identitaire et la menace islamiste agissent de concert comme une tenaille. Né en 2016 d’une tribune parue dans Marianne et Causeur, le « Printemps républicain » est un groupuscule qui entend lutter contre « l’extrême droite comme l’islamisme politique », et défendre une laïcité « remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence ».

On l’aura compris, le Printemps républicain, s’il a été lancé pour contrer l’islamisme et surtout garder la gauche dans le giron républicain et la prémunir de toute incursion islamogauchiste, est surtout une machine à broyer le religieux, à l’exclure du champ public, à le rendre inopérant. En bref, le Printemps républicain ne se contente pas d’exiger la neutralité de l’espace public, il veut neutraliser les cultes. Dernièrement, le préfet en disponibilité Gilles Clavreul (dont les liens avec les Émirats arabes unis demeurent par ailleurs obscurs), a attaqué la ministre Élisabeth Moreno qui relevait dans un tweet que la fête musulmane de « l’Aïd » tombait le même jour que l’Ascension et en profitait pour envoyer un message amical aux croyants des deux religions : pour notre républicaniste, « la fraternité est une valeur républicaine qui se suffit à elle-même et n’a besoin d’aucune croyance religieuse. Elle rassemble tous les citoyens, et pas seulement les croyants ».

Lire aussi : Jean-François Chemain : « la République se refuse à voir sa nature profondément religieuse »

Il y a chez les membres du Printemps républicain une foi du charbonnier, touchante par sa dimension enfantine. Cette foi en la République et envers Marianne, cette certitude qu’on peut lutter idéologiquement contre l’islamisme en étant républicain, universel et progressiste, interpelle. Elle interpelle car elle est d’une stérilité désolante. Tandis que la théocratie islamiste devrait nous pousser à réinterroger la place de la transcendance et de notre héritage chrétien, les militants du PR se crispent, s’arc-boutent sur un modèle des plus périmés. La laïcité, rien que la laïcité, disent-ils. Comme s’il s’agissait de rejouer le match de 1905. Comme si dans cette bataille, se jouait une confrontation entre la République et les cultes, comme s’il fallait qu’elle réaffirme sa supériorité vis-à-vis de toute autre religion. Ainsi, la limite du raisonnement du Printemps républicain saille à la moindre difficulté : on veut pallier aux carences avec toujours plus de défaillances.

En amputant la France de son histoire et de son héritage chrétien, les laïcards du Printemps républicain se privent de l’arme la plus efficace contre l’obscurantisme : la transmission d’un héritage. Pour cette gauche républicaine, aucun créneau politique n’existe en réalité, synonyme d’un discours qui ne fait plus écho. Pour ce détachement politique des derniers hussards noirs, poursuivre une carrière à gauche signifiera de se prosterner devant les courants décoloniaux perméables à l’islamisme politique. « On ne croit plus au clivage droite-gauche. Le clivage est désormais entre les républicains et les identitaires », affirmait en 2019 Amine El-Khatmi qui réussit l’exploit de proclamer un clivage périmé pour en inventer un nouveau tout aussi faisandé. (...)                  

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Loft Story : 20 ans de téléréalité

Un mur d’yeux jaunes inquisiteurs apparaît sur l’écran de télévision, rythmé par un petit jingle rappelant la mode house music de l’époque, puis la voix of chargée de testostérone démarre : « Onze célibataires coupés du monde, dans un lof de 225 mètres carrés, filmés 24 h/24 par 26 caméras et 50 micros. Au bout de soixante-dix jours, il n’en restera plus que deux. Qui sera le couple idéal ? C’est vous qui décidez ». Le jeune Benjamin Castaldi, engagé par M6 et Endemol, avait-il conscience qu’il faisait à ce moment précis définitivement basculer la France dans la société de la surveillance généralisée et du spectacle ?

La première de « Loft Story » fut un évènement historique de grande ampleur, un point de rupture civilisationnel. Savamment pensé, le casting de cette toute première saison se voulait représentatif de l’ensemble de la jeunesse française de l’époque, surfant sur la mode black-blanc-beur comme sur les éternelles luttes de classes. Les classes moyennes, qui étaient en ce temps les plus nombreuses, et pour cause, étaient bien représentées avec la Tarbaise Delphine Castex, le lisse Christophe, sa future épouse Julie, ou encore le sympathique Fabrice Béguin qui arborait une petite barbe très en vogue chez les animateurs de centres-aérés des années 1990.

Lire aussi : Quand Sciences Po vomit les blancs 

Deux pseudos « bourgeois aristos » avaient été castés pour apporter une touche sophistiquée et exacerber les tensions; Jean-Édouard Lipa, fils de famille beau gosse et rebelle, Laure de Latre, dont le nom prestigieux ne faisait pas mystère des origines sociales, et l’« intello », sosie du Tanguy d’Étienne Chatilliez, Philippe Bichot. Ce dernier travaille depuis dans le domaine des énergies renouvelables en Allemagne, brrr. La « diversité » issue de l’immigration pouvait compter sur de dignes représentantes avec Akima Bendacha et Kenza Braiga, deux « nanas » atachiantes avant l’heure. [...]

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