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Vin : Bordeaux cherche un second souffle

Bordeaux avait l’apanage du vin, l’histoire, la renommée, la qualité aussi. La forme de sa bouteille, la bordelaise, était et est toujours la forme la plus utilisée dans le monde. La forme bourguignonne fut pendant longtemps l’usage restreint de cette région, une particularité qui allait de pair avec le charme de la Côte-d’Or. Au-delà de la Bourgogne et de Bordeaux, les vignobles français présentaient des vins de piètre qualité. À l’étranger, Bordeaux était une carte de visite d’excellence et le classement de 1855 un Graal dont les plus fortunés désiraient posséder les flacons, au mieux pour les boire, mais, trop souvent, pour la spéculation et le snobisme. 

Il ne fait jamais bon être en situation de monopole. Bordeaux s’est endormi et n!a pas vu le réveil des vignobles français dont un grand nombre, pour marquer leur indépendance, ont créé des formes régionales de bouteille et abandonné la bordelaise. Les prix des grands crus sont montés en flèche. Chers, mais accessibles jusque dans les années 1980, ils sont devenus très chers et inabordables dans les années 2000. Le public français n’ayant plus les moyens de les acquérir, Bordeaux est devenu un vin de notables étrangers. Dans le même temps, des productions de faible qualité ont joué sur le nom de Bordeaux pour vendre des vins médiocres à des prix trop élevés. On ne trompe pas impunément le consommateur et cette manoeuvre coupa de Bordeaux une partie du public qui pouvait trouver meilleur ailleurs en France. Saint-Estèphe, Saint-Julien, les Graves et le Médoc ont perdu leur force d’attraction. [...]  

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Touche pas à mon flic : « Il fallait donner la parole aux policiers »

Pourriez-vous expliquer en quoi consiste l’association « Touche pas à mon flic » ? Quels sont ses objectifs ?

Nous avons monté cette association avec quelques collègues et amis, alors que la vidéo de Michel Zecler nous avait fait terriblement mal. Nous nous étions dit qu’il fallait faire quelque chose. Il y a beaucoup de médias très orientés anti-flics qui désinforment sciemment et qui ne donnent pas la bonne version des faits. Vous allez sur le site de Loopsider, ce sont des procureurs, des juges. Il fallait donner la parole aux policiers. Dans tous les médias, vous avez des gens qui se disent victimes de violences policières illégitimes sans que l’on ait d’éléments concrets. On a juste leurs témoignages. Et nos collègues subissent car, tenus au droit de réserve, ils doivent attendre le procès pour se défendre. Nous trouvons bizarre qu’il n’y ait pas un média qui se dise qu’en ne prenant que le témoignage d’untel, il n’y a pas de débat, pas de contradiction. Ça n'a pas l'air de les choquer.

Il y a beaucoup de médias très orientés anti-flics qui désinforment sciemment et qui ne donnent pas la bonne version des faits

Ce qu’il faut, c’est donc regarder les vidéos pour les décortiquer, et s’intéresser aux médias qui font des montages à la Loopsider. Nous voulons contre-argumenter pour ensuite permettre aux citoyens de se faire leur propre avis. J’essaie aussi de partager notre propre expérience de policier pour montrer que ce n’est pas si facile de dire ce qui relève de la violence légitime ou illégitime. On demande une perfection aux policiers dans la violence. Or la violence est par définition imparfaite. Nous essayons toujours de faire de notre mieux mais il peut y avoir des débordements et ils doivent être sanctionnés. Il peut aussi y avoir des collègues qui se retrouvent en prison de manière préventive, et ça c’est pour nous intolérable. [...]

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Jaccottet cultivait la nostalgie de la Mitteleuropa

Loin d’être un poète voyageur, comme Marcel Thiry, fantaisiste, comme Paul-Jean Toulet ou célébrant le bonheur du quotidien, comme René-Guy Cadou, ce suisse de Philippe Jaccottet cultivait son jardin de Grignan, dans la Drôme provençale, en versifiant sur l’Être. Cela convenait à ses nombreux lecteurs qui avaient bien raison d’apprécier son œuvre. Philippe Jaccottet, frugal et fragile, communiait au génie universel en contemplant la nature :

« Un instant la mort parait vaine

le désir même est oublié

pour ce qui se plie et déplie

devant la bouche de l’aube »

Poète, Philippe Jaccottet était aussi un remarquable critique littéraire, défenseur d’une « lecture engagée, de proximité, de résonance intime » note Patrick Kéchichian. Germaniste, il se fit le principal traducteur de Robert Musil, celui de Rainier-Maria Rilke et se risqua même à nous rendre sensible aux poèmes d’Hölderlin. Par amitié pour Giuseppe Ungaretti, il apprit l’italien. Cette grande plume de la NRF, qui avait quitté Genève et Paris pour s’installer aux abords du château ayant abrités les séjours de Madame de Sévigné chez sa fille et son gendre, éprouvait une nostalgie de la Vienne impériale qu’il célébra en 1966 dans un livre de voyage grand public, sobrement intitulé Autriche, que Vladimir Dimitrijevic avait eu la merveilleuse idée de rééditer en 1994 dans la collection de poche des éditions l’Age d’homme. [...]

L’IncoDico – le mot du mois : Dans la sauce

« Oh, Norman il est trop dans la sauce, c’est un raciste ! Il s’est moqué des femmes noires sur Amazon ce fdp ! » Sauce blanche, sauce algérienne, sauce harissa, plus rarement béarnaise. Nous ne sommes pas dans un film de Blier, mais dans une comédie plouc de Fabien Ontoniente ou un mauvais sketch du Jamel Comedy Club, quand nous nous trouvons « dans la sauce » en 2021. Une expression prisée des rappeurs, des influenceurs et des agents de participants à des émissions de téléréalité qui signifie « se trouver en mauvaise posture » ou au coeur d’une polémique. On vous voit venir : non, dire que quelqu’un se trouve « dans la sauce » n’est pas une invention contemporaine née d’une consommation excessive de fast-food pornographie sur les internets, ni même une expression dérivée du plus vieillot « balancer la sauce ». [...]

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Le steak qui cache la forêt des Verts
Passée inaperçu en septembre dernier, un débat du Conseil municipal de Strasbourg illustre à merveille le panthéisme new age et dévoyé qui tient lieu de pensée, de doctrine politique, de philosophie, de spiritualité, voire de religion et de parti, à quelques-uns de nos contemporains. Marie-Françoise Hamard, conseillère municipale des Verts débauchée au Parti animaliste, a en effet plaidé la larme à l’œil pour les rats et les punaises de lit, pauvres animaux qui « n’ont nulle part où aller » et ne peuvent « pas retourner à l’état sauvage ». L’élue a même ergoté sur les termes employés pour qualifier ces charmants animaux – c’est assez vrai pour les rongeurs, dotés d’intéressantes capacités cognitives, même s’ils nous apportent tous les microbes et virus les plus mortels. [...]
Le jihadisme français

Plutôt que de s’interroger sur les raisons débattues de cette « réalité française », l’historien et chercheur a préféré replacer les acteurs dans leur contexte, en étudiant comment les jihadistes, depuis une trentaine d’années, ont maillé notre territoire avec des allers retours en Syrie sans qu’on ait pu saisir, pendant longtemps, leur modus operandi pour arriver à leur fin : « l’installation pérenne au pays de Cham, à travers le désaveu de la République. » Pour ce faire, l’auteur est parti d’un constat : la géographie des départs, loin de se superposer aux banlieues, offre une géographie singulière dans laquelle s’inscrit le jihadisme européen à partir des années 90.

La première partie, QUARTIERS, inscrit la vie d’écosystèmes jihadistes dans le paysage selon un axe allant de Toulouse à Molenbeek, en passant par Paris et Roubaix. Elle fait vivre tout particulièrement la filière d’Artigas, ce phalanstère salafiste, né en Ariège, dans la décennie 80/90, avec son « Emir blanc », Olivier Corel, plus tard les vétérans du GIA algérien investissant les quartiers défavorisés du Mirail. Quelques dizaines d’années suffisent alors pour faire de ces régions une pépinière jihadiste : des familles font des séjours au Caire ou à Damas ; des écoles, des lieux de culte, des associations prospèrent, à la faveur de la loi de 1901. Après 2009, le Mirail , près de la Ville rose, reproduit, dans un rayon de 100 kilomètres, la diversité du salafisme européen. [...]

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La France premier pays du Tiers-Monde, chiche ?

Et si notre tiers-mondisation était une chance ? Autrement dit, n’est-il pas préférable d’être premier chez les derniers que dernier chez les premiers ? Foin de ronchonnades ! En France nous crevons de toujours considérer le verre à moitié vide sans jamais être capable de le voir à moitié plein. Changeons notre regard ! Décrispons-nous surtout ! Sachons nous libérer de ces comparaisons inhibantes, à l’Allemagne par exemple, ou aux États-Unis. Le premier bienfait d’une tiers-mondisation assumée serait de nous aider à surmonter notre complexe d’infériorité de « puissance moyenne » qui « voyage en première classe avec un billet de seconde ». Nous retrouverions le moral, ce qui libérerait énergies et forces vives. [...]

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Marion Maréchal : « Père » et « mère », ces mots devenus interdits

Un récent article de Marianne dresse une liste d’anecdotes dont on pourrait s’amuser si elles n’étaient pas révélatrices d’une tendance plus générale et profonde dans nos sociétés occidentales. Il a pour titre « Père, Mère, ces mots jugés discriminatoires du Royaume-Uni au Québec ». Pour comprendre la manière dont nous avons pu arriver à de telles absurdités, revenons quelques mois en arrière. En janvier, une enquête de Zone interdite révélait que 22% des français ne se sentaient “ni homme ni femme”. En novembre, un autre sondage IFOP indiquait quant à lui, que 49% des lycéens ne se reconnaissaient pas dans la catégorie “de genre” homme ou femme. 

Si une telle proportion a de quoi surprendre, il est indéniable que ce phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années. Je suis convaincue que les réponses de ces Français et de ces lycéens sont le fruit de notre époque. Cette tendance est le pur résultat de l’activisme des militants LGBTIQ+ et de leurs relais médiatiques. Je précise bien que je parle de militants politiques organisés en mouvements et groupes de pression, porteurs d’une doctrine, et non des personnes homosexuelles en général. [...]

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