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Bertrand Galichon : « Le vaccin vaut toujours mieux qu’un confinement »

Docteur, comment se met en place la campagne de vaccination ?

Ce que je constate sur le terrain, c’est que les soignants de plus de 50 ans doivent être vacciné en priorité. Cependant, je n’ai reçu aucune indication pour l’instant. Je ne sais pas quelles sont les causes de l’important retard français en terme de vaccination. Aucune information ne m’est parvenue jusqu’à présent. Je ne sais pas si ce retard est dû à un excès de prudence, ou le fruit d’une impréparation du gouvernement. Mais dans mon service d’urgences, à Lariboisière, le Covid ne nous préoccupe plus guère depuis quelques semaines.

Le vaccin est-il véritablement une solution ?

Oui, c’est une véritable solution. Pour une fois, la France fait de la médecine préventive. Mais la vaccination est une partie de la solution, pas la seule. La sécurité du vaccin est un sujet de biologie extrêmement technique ; si je ne peut pas dire formellement si la nouvelle méthode est un danger, je peux tout de même affirmer que le vaccin est toujours mieux qu’un confinement.

Faut-il continuer à faire des recherches sur des médicaments ?

Oui bien sûr. Il faut surtout continuer à faire des recherches sur la pathogénie des maladies et savoir où est ce qu’elle entraîne exactement.

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Médiatiser la France des terroirs

Que CNews l’ait entendu ou qu’une même idée ait germé dans l’esprit de ses dirigeants, le pari a été relevé. Le virage intellectuel était osé, il a été accompli brillamment, et les chiffres de l’audimat le confirment. Il manque pourtant, avant qu’un label « NF » puisse être apposé sur cette chaîne, ou sur une autre, et qu’elle acquière une place unique dans le PAF, une dimension cruciale : le terroir. Celui-là même, et celui-là seul, qui autorise la France périphérique à revêtir de nouveau la parure de la France éternelle, et à renvoyer les bobos urbains et cosmopolites à leurs modèles de développement obsolètes.

Lorsque le 25 août 1944, depuis l’hôtel de ville de Paris, le Général de Gaulle évoque « la seule France, la vraie France, la France éternelle », à quoi songe-t-il ? À la « République et ses valeurs » si chère à Emmanuel Macron ? Il songe probablement à ce qui fait l’âme de la France, et que l’on retrouve dans les vieilles et prestigieuses pierres qui étayent notre patrimoine autant que dans les arts de la table, des étoffes, du verre, du bois. Dans la petite industrie comme dans l’agriculture. Dans les champs, les massifs montagneux, les forêts, les vignobles, le long des côtes maritimes comme des fleuves, dans les marais salants comme dans les bassins ostréicoles – dans une terre façonnée par le génie des hommes. Dans une France des terroirs porteuse de l’héritage des siècles, que le monde entier regarde avec ravissement, mais qui semble si dérisoire aux élites qu’elles n’ont de cesse de la monnayer, de la rentabiliser, de l’internationaliser, c’est-à-dire de la liquider… [...]

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Cancel culture : effacer l’historique

« Moi, je ne crois pas à ce qu’on appelle la Cancel Culture. » Il faut toujours se méfier des gens qui commencent leur phrase par « moi je ». Début décembre dernier, Lui, donc, avec le L majuscule qui permet de Le distinguer du commun des mortels, répond à une longue interview (près de 2 h 30) diffusée en « live », ce qui veut dire en direct – par opposition à « replay » qui signifie différé dans notre belle « start-up nation » – sur Brut, un média en ligne qu’on ne saurait définir autrement que par son public : les djeunes. Il paraît que ceux-là, qui ne savent rien d’autre que ce que l’Éducation nationale leur a enseigné, c’est-à-dire rien, et ce que les vidéos visionnées sur leurs smartphones leur ont appris, c’est-à-dire moins que rien, mais en version originale non sous-titrée, en sont friands.

Emmanuel Macron était interrogé sur la fracture entre les diverses mémoires de la guerre d’Algérie, il dérive et en vient donc à confier, en prenant apparemment son public à rebrousse-poil : « Moi, je ne crois pas à ce qu’on appelle la Cancel Culture. » De quoi parle-t-il ? « To cancel » signifiant « annuler », une traduction hâtive pourrait laisser penser qu’il ne croit pas à la culture pour les nuls, ce qui pourrait créer un malentendu semblable à celui suscité par ses propos sur les « illettrées » de l’abattoir Gad – en plus de causer de la peine aux éditions First.

Cancel Culture peut être traduit, plus justement, par « culture de l’annulation », ou, plus précisément encore, par « culture de l’élimination ». Dans les faits, il s’agit de ce mouvement né aux États-Unis et qui vise, d’abord à dénoncer, ensuite à ostraciser, enfin à éliminer – ou, à défaut de pouvoir le faire soi-même, à exiger l’élimination – de toute référence, des toponymes à la statuaire en passant par les références universitaires, à des personnalités ou événements ayant eu des comportements ou prises de position moralement condamnables. [...]

Dissoudre le CCIF ? Pas de pitié pour les croissants !

Au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, Gérald Darmanin a annoncé son intention de dissoudre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) qui serait « manifestement impliqué » dans le meurtre du professeur d'histoire. Les éléments juridiques reliant l'association à l'acte de l'assassin tchétchène semblent minces, mais sont-ils réellement nécessaires ? Car en 2013, à la suite de l'affaire Clément Méric, le gouvernementalité dissous sans hésiter plusieurs associations d'extrême droite, qui n'avaient pourtant aucun lien avec la mort du militant gauchiste. Cependant, si le CCIF était dissous en suivant cette « jurisprudence Méric », cela transformerait ses membres en boucs émissaires, et d'après leurs réactions, ceux-ci se préparent déjà à capitaliser sur cette décision, qui prouverait encore une fois selon eux le racisme de l'État français envers les musulmans.

Il faudrait alors exposer les véritables raisons juridiques et politiques pour lesquelles cette association devrait être dissoute. Cela tient en une phrase : le CCIF est un loup déguisé en mouton. C'est un loup, car c'est une association qui vise le développement et la propagation de l'islam compris comme orthopraxie, c’est-à-dire comme « charia », Loi divine révélée incompatible avec une société qui entend élaborer sa propre loi, guidée par une morale naturelle. C'est l'islam de son fondateur Samy Sebah, membre et prédicateur du Jamâ!at at-Tablîgh, un mouvement ultra-fondamentaliste et prosélyte d'origine indo-pakistanaise. Cela ne peut bien sûr pas être affiché tel quel, c'est pourquoi ce projet se dissimule sous le masque de la défense des « libertés fondamentales de l'homme » et de la « lutte contre le racisme ». [...]

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De la plante à l’embryon : faucheurs d’OGM, contre toutes les manipulations du vivant

Réfléchissons sur la loi anti-éthique (dite de « bioéthique ») et à certaines de ses dispositions. Les sondages montrent que les Français (et les Européens) sont contre les OGM. Comment comprendre alors que la loi, recommandée par le Comité d’Éthique (qui venait d’être caviardé par François Hollande au profit de ses minorités de clientèle) recommande la légalisation des embryons humains transgéniques ? Ainsi les Français seraient contre les OGM, qu’ils soient végétaux ou animaux, mais pas quand ils sont humains ? Et cet aspect de la loi est l’un des nombreux assauts de notre société manichéenne contre notre enracinement, notre corps, notre incarnation. Mettre un premier jalon vers des humains OGM est le pur produit d’une société hyper individualiste, qui nous somme d’être des self made (wo)men, c’est à dire les « produits de notre volonté ». Certes ce n’est pas faisable, mais si on nous en suggère l’idée, nous nous reprocherons de ne pas être à la hauteur de l’exigence (idiote) que nous avons intégrée. Le slogan « un enfant comme je veux » prend une tournure consumériste et eugéniste. En fait, comme souvent il faut distinguer la population de ses élites.

De même sur la légalisation des PMA pour des femmes seules. Jean-Louis Touraine, rapporteur de cette loi se contorsionne pour nier que sa loi préconise un droit à l’enfant, tout en le justifiant : « De façon unanime, les travaux préparatoires à la révision bioéthique ont écarté ou condamné cette notion de droit à l’enfant et confirmé que l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation à toutes les femmes ne repose ni sur l’idée d’un droit à l’enfant, ni sur celle de créer ou de consacrer un tel droit. Il apparaît plutôt que la seule revendication est celle du droit au désir d’enfant ».

Lire aussi : Loi bioéthique épisode 4 : Ce à quoi l’Homme a échappé (pour l’instant)[...]

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Frederik Limol, itinéraire d’un monstre aux allures ordinaires
Quel type de personnage était ce Frederik Limol ? C’est un client que j’ai vu seulement trois fois. Bien que je relève du barreau de Paris, c’est dans mon cabinet d’Aix-en-Provence que je le rencontrais, alors qu’il habitait Salon-de-Provence. Je le conseillais pour le droit de visite qu’il réclamait, le droit de voir la fille […]
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De quoi les complotistes sont-ils le nom ?

C'est quoi un complotiste ? C'est quelqu’un qui n’arrive pas à se mettre au niveau de l'événement, à le comprendre tel qu'il se présente et tel qu’il évolue et qui se place soit au-dessous de lui (« c’est une grippette qui tue moins que les autres maladies ») soit au-dessus (« c’est une pandémie organisée par les riches de ce monde pour faire crever les pauvres »). C’est quelqu’un qui ne supporte pas le nouveau, l’inconnu, l'incertain – soit tout ce qui oblige à l'expérimentation, au tâtonnement, au « peut-être », au « oui » puis au « non », au « on arrête ça et on réessaye ça ». C’est quelqu’un qui incarne à la lettre la première phrase de Masse et puissance d’Elias Canetti : « Il n'est rien que l'homme redoute davantage que le contact de l'inconnu ».

Mais c’est aussi un individualiste forcené souvent apolitique (ou trop politique) qui pense de lui-même par lui-même pour lui-même avec lui-même et contre le monde entier. En même temps, c'est un obsédé de la causalité, un hystérique de la culpabilité à qui il faut à tout prix et tout de suite un coupable et comme il n'est plus de bon ton d'être antisémite, il cherche alors un capitaliste, un politicien, un sataniste qui fera l'affaire alors que le diabolique (c’est-à-dire la bêtise) est plutôt de son côté. Comme Keyser Söze dans Usual suspects, le complotiste est celui qui refait l'histoire, qui invente ses propres raisons, qui dramatise tel détail contre l’ensemble – quoiqu’interprétant tout de travers et allant jusqu’à inverser les affects. Car c’est un trouillard qui se croit très courageux et qui n’a pas compris que c’est bien parce qu’il crève de ne pas être « rassuré » qu’il est du côté des « rassuristes » – paumé paniqué qui rame devant l'adversité. C’est enfin quelqu’un qui soutient mordicus que l’Histoire lui rendra raison alors que c’est lui qui passera pour l’obscurantiste affolé de la période. [...]

L’antiracisme devenu fou nous casse les noisettes
« Montrer le talent et la beauté de toutes les origines humaines est un projet humaniste qui rapproche les gens et les cultures. Telle est la démarche de Netflix avec sa nouvelle et formidable série : les Brigestorn (sic). Bravo à l’Opéra de Paris d’emprunter aussi cette voie », s’enthousiasmait l’inénarrable Jean-Michel Aphatie en réponse à Marine Le Pen qui jugeait que l’antiracisme servi au woke devenait fou et obscurantiste. Confondant peut-être la marque de pneus anglaise Bridgestone avec la série La Chronique des Bridgerton, navet à l’eau de rose indigeste où roucoulent des gravures de mode de toutes origines dans une Angleterre hanovrienne aussi fantasmée que ridicule, l’empafé basque faisait montre de cette suffisance teintée de mauvais goût qui est sa marque de fabrique.

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