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Henri Guaino : « La droite meurt de sa superficialité » 2/2

Lire aussi : Henri Guaino : « La droite meurt de sa superficialité » 1/2

À l’heure actuelle, au regard de la politique de défense de l’État, de la souveraineté et de l’unité nationales qu’il prône, qu’est-ce qui vous empêcherait de dire que le RN est un parti gaulliste ? Marine Le Pen se réclame elle-même souvent du gaullisme.

Je ne réponds jamais à ce genre de question. Je ne distribue pas des brevets de gaullisme. Je constate que la famille politique qui était historiquement enracinée dans le courant qui a toujours maintenu la France envers et contre tous et qui le continuait depuis 1940 a disparu, pour l’instant, sur l’échiquier politique et j’observe l’évolution des discours des uns et des autres. J’ai écrit ce qu’était pour moi le gaullisme. À chacun de dire ce qu’il est et ce qu’il veut et aux Français de juger ce qui leur paraît crédible.

Au fond, la plus grande erreur de De Gaulle n’a-t-elle pas été de créer un rôle de monarque républicain trop grand pour ses successeurs et qui les écraserait ?

Il faut tordre le cou à cette chimère. Certes, le rôle de monarque républicain est extrêmement exigeant. En inaugurant la fonction, le général De Gaulle a placé la barre très haute, ce qui a rendu la comparaison difficile à assumer pour ses successeurs. Disons qu’il n’y a pas de place dans les institutions de la Ve République pour un président normal qui méconnaît la très lourde charge symbolique qui pèse sur cette fonction. Pour paraphraser De Gaulle, pour être chef de l’État, il faut être un chef et il faut qu’il y ait un État.

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Le Crucifié au-delà du blasphème

Ils ne sont pas athées et ils sont donc concernés par le blasphème. Ils ne sont pas musulmans et ils n’ont donc aucune raison de faire interdire ou, pire, de punir au couteau de cuisine, les caricatures de Dieu. Tant que les catholiques se demanderont s’ils sont, affectivement, plus proches des athées qu’on égorge ou des musulmans qu’on provoque, ils feront fausse route. Et si, au nom d’une solidarité supposée entre « croyants », ils choisissent les seconds et se contentent de dire qu’il ne faut pas se moquer des convictions religieuses, ils tendront toujours, consciemment ou non, à justifier les égorgeurs. Il faut être bien naïf pour croire que le projet islamiste n’a pas mille autres raisons de tenter de s’implanter en France que le prétexte des caricatures de Mahomet! La lute contre les anciens croisés – dont on peinerait à trouver des descendants en armure dans l’actualité immédiate – fait aussi bien l’affaire.

Les catholiques ne sont pas des athées, disions-nous. Ils peuvent donc blasphémer. On ne citera jamais assez la Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, le texte de Charb devenu testamentaire, dont la mise en scène fut annulée en 2007 dans l’université de Lille (avec les effets d’apaisement que l’on constate). Charb y dit ceci: « Un croyant peut blasphémer dans la mesure où blasphémer a un sens pour lui. Un non-croyant, malgré tous ses efforts, ne peut pas blasphémer. […] Pour insulter ou outrager Dieu, il faut être persuadé qu’il existe ». Oui, les catholiques peuvent blasphémer, car ils jugent vital de se tourner vers Dieu, de Lui parler, parfois de Lui crier leur révolte. Les psaumes en offrent même quelques exemples percutants.

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Villes moyennes : Faut-il fuir les métropoles ?

En juillet 2020, une étude de l’IFOP sur les villes moyennes montrait que 84 % des Français interrogés trouvaient plus enviable de vivre dans une ville aux dimensions modeste que dans une grande métropole. Plus intéressant, 82 % des 18-35 ans déclaraient aussi leur préférence pour les villes moyennes, alors que cette catégorie d’âge a longtemps été attirée par les métropoles qui permettent d’obtenir les plus belles opportunités professionnelles en début de carrière. Des résultats qui ont fait dire aux sondeurs de l’IFOP que ces chiffres pouvaient « être annonciateurs d’un changement de tendance en matière de dynamique démographique territoriale pour les années qui viennent ». S’ils en avaient le choix, 50 % des Français interrogés iraient y vivre prioritairement selon l’étude.

Dans un article de février 2017 le New York Times s’étonnait pourtant du déclin de la France intérieure, celle de ces sous-préfectures qui ont longtemps innervé le pays : « La France perd ce qui a fait l’esprit de ces capitales provinciales historiques – denses centres urbains perdus dans la campagne où des juges jugeaient, où les préfets administraient et où les citoyens avaient le choix entre une cinquantaine de variétés de fromages chez le crémier, comme dans les romans de Balzac ». Progressivement marginalisées et exclues du développement territorial, les villes moyennes ont souffert les maux de la modernité comme la nouvelle donne économique continentale. Parfois enclavées par une mauvaise desserte en transports (aéroports lointains, diminutions des lignes ferroviaires), elles ont aussi pâti de la désindustrialisation, de l’exode des jeunes et de la désertification des centres-villes commerçants.

Lire aussi : Marion Maréchal : « Nous voulons créer un couloir complémentaire aux partis politiques »[...]

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Henri Guaino : « La droite meurt de sa superficialité » 1/2

Que signifie être gaulliste en 2020 ?

C’est pour répondre à cette question que j’ai écrit ce livre. Pour ceux qui ont vécu cette aventure, cela signifiait l’engagement aux côtés du général De Gaulle. Pour ceux, comme moi qui étaient trop jeunes, cela signifie que l’histoire qui commence un 18 juin 1940 et se termine en 1969 a encore un sens pour eux, qu’il y a encore des leçons à en tirer pour le présent et pour l’avenir. Ne pas être gaulliste c’est penser que cette histoire appartient à un passé totalement révolu, qu’elle n’a rien à nous apprendre. Et être anti-gaulliste, c’est penser que De Gaulle a eu tort, que ce qu’il a incarné doit être rejeté, que ce qu’il avait rendu à la France, ce qu’il avait légué aux générations futures doit être liquidé. Une politique se définit souvent d’abord par ce à quoi elle s’oppose. Pendant la guerre, le gaullisme c’était ce qui s’opposait au pétainisme. Aujourd’hui, c’est ce qui s’oppose à toutes les forces qui veulent en finir avec la France.

Le gaullisme semble se confondre pour vous avec le patriotisme. Peut-on être patriote sans être gaulliste ? On peut notamment penser aux anti-gaullistes de droite, qui se sont opposés au général du fait de sa politique algérienne.

Le patriotisme n’est pas une idéologie, c’est un sentiment. Le gaullisme est aussi une façon d’aimer la France comme idée et comme peuple, mais pas n’importe quelle idée de la France, pas n’importe quelle idée de sa vocation, pas n’importe quelle idée de l’homme. Il y a d’autres façon que celle du gaullisme d’aimer la France, mais bien souvent, ces autres façons signifient en réalité que l’on n’aime pas la même chose. Dans la France libre, dans la résistance, il y avait des patriotes communistes, socialistes, de droite, catholiques, des protestants, des juifs, des francs-maçons qui étaient réunis par quelque chose de plus que l’attachement charnel à la mère patrie, peut-être, au fond, une idée de l’honneur, de la liberté, de la dignité d’un homme et d’un peuple qui faisait corps pour eux, au-delà de leur idéologie ou de leur religion, avec ce qu’ils appelaient la France. De ce point de vue, le gaullisme s’inscrit dans un courant de l’histoire de France qui remonte à bien avant le 18 juin 1940. [...]

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La disparition du « génie de la France »

Dans une France où les cathédrales et les églises brûlent, où les chrétiens sont égorgés par des musulmans radicalisés, où le Conseil d’État impose le retrait de la croix qui surplombe une statue de Jean-Paul II, où le ministère de la Culture préfère la destruction des chapelles à leur restauration, où le gouvernement étouffe l’âme des fidèles en interdisant les messes sous prétexte de protéger la chair, la vie nue, biologique, où il réprime les manifestations catholiques mais consent aux manifestations islamiques ou indigénistes, nous pouvons légitimement nous interroger : où sont passées la confiance, l’assurance et la paix ?

Dans la France de 2020, celle d’Emmanuel Macron et de son socialisme libéral, on ne voit que défiance, inquiétudes et guerres. Nous avons perdu le sens de l’harmonie. Pourquoi ? Car nous avons cru que la République, ses valeurs et ses institutions, étaient la source de l’harmonie sociale. Rodin nous rappelle à l’ordre : ce sont les cathédrales ! [...]

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Blasphème, le malentendu

Comme si rien ne s’était passé depuis 2000 ans, et que l’ancien sacré, totalitaire d’essence, nous revenait en pleine face : ils ont blasphémé, ou bien le faux prophète, ou bien la mauvaise République. On ne sait pas, et ils se renvoient l’injure en boomerang, mais en tout cas on n’a pas le droit de parler. On ? Oui, on, les catholiques qui fondent ce pays et qui le maintiennent dans les derniers reliefs de la civilisation. On, c’est-à-dire nous donc qui avions, après de lourds travaux et d’immenses engueulades, à peu près réglé la question du blasphème et partant de la liberté d’expression : notre morale était, et est encore, une morale de l’intention et qui juge son prochain se juge lui-même.

Dessiner un Jésus à poil quand on sait qu’il a été cloué dans cet appareil sur le patibulum pour nous sauver n’est pas pour nous choquer

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Valérie Pécresse nous écrit

Madame,

Mise en cause dans notre dernier numéro sur les « collabos de l’islam », l’élue LR a réagi vertement. Notre Directeur de la publication remet les pendules à l’heure. Vous vous scandalisez de figurer comme « meilleur espoir » dans notre article « Les collabos ». Cette distinction vous est remise pour avoir participé en 2015 à « l'iftar » (repas du soir en période de ramadan), à l'invitation de M'hammed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes 93 et responsable de la mosquée de Pantin, aujourd’hui provisoirement fermée sur ordre du ministre de l’Intérieur. Vous vous étiez déjà rendue à un « iftar » à Pantin en 2013. [...]

Éditorial essais #37 : Les yeux grands fermés

Dans un texte à propos du 21 avril 2002, le très regretté Philippe Muray écrivait que le réel avait été reporté à une date ultérieure, c’est-à-dire que, malgré le coup de tonnerre de la présence de Jean-Marie le Pen au second tour, l’ensemble de la société médiatique, dont Festivus est le citoyen, avait pu grâce à un effort de refoulement psychique phénoménal faire comme si rien ne s’était vraiment passé ; on concaténa sous le slogan « sentiment d’insécurité » les raisons ayant permis au patron de la PME Front National de parvenir à éjecter Jospin. Ouf ! « On a eu chaud ! conclut Muray, le réel a été repoussé à une date ultérieure ».

Mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, d’un temps où l’on imaginait le réel seulement repoussé par les médias, là où il était déjà rapetissé et remâché par une idéologie qui le digérait à sa convenance afin de le rendre inoffensif. La ligne de partage était relativement claire, il y avait le réel, dur, vrai, et il y avait ceux qui n’y croyaient pas, qui ne le voyaient pas, ceux pour qui le réel n’était que la somme de leurs envies et ce qu’ils voulaient voir parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement que voir ce qu’il leur faisait plaisir de voir. C’était avant internet en fait, avant que la sphère médiatique se propage et se multiplie comme une métastase et plutôt que de se retrouver centralisée dans ce que l’on a appelé le quatrième pouvoir – ce qui permettait au moins de savoir, quand il y en avait, où était le déni – finisse par être divisé et réparti « citoyennement ». [...]

L’Incorrect

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