Skip to content
Éleveurs en Ariège : les sentinelles
Ah il fallait les voir, ces petits chroniqueurs arrogants, avec leurs grosses têtes dodelinantes sur leurs corps d’adolescents tardifs, nous convaincre que ces salauds de la Coordination rurale (CR) étaient d’« extrême droite », ce lundi soir, sur Quotidien, l’émission préférée des happyness managers. « Alors, oui, on peut défendre les agriculteurs » susurre Julien Bellmer, dégaine de sociopathe Celio, avec une condescendance détestable. On peut les défendre, à la limite, mais en restant dans les clous : européiste, encarté à la FNSEA, productiviste. Et invisible : travaille et tais-toi. On ne veut pas voir le lisier et la crasse, on te laisse la boue mais on prend les steaks délicieusement persillés – ceux qui feront pousser des feulements de plaisir à ton influenceur food préféré. Quant à ces péquenauds qui ont traversé la France sous la neige, par cette froide semaine de janvier, et qui osent cracher sur les édiles du gouvernement, on ne leur accordera pas un regard. [...]
La France face au chaos mondial
Comment analysez-vous la situation du Groenland ? Est-ce une rupture d'alliance ?

Charles Gave : Le discours de J.D. Vance à Munich était parfaitement clair. Il a expliqué que dorénavant les États-Unis allaient s’occuper de la forteresse America, une forteresse qui irait de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. C’est la doctrine Monroe, que Donald Trump a rebaptisé Donroe. Et le Groenland est, à leurs yeux, stratégique puisque c’est de là que vous pouvez surveiller les bateaux qui sortiraient de la zone russe. C’est en quelque sorte le verrou qui bloquerait la flotte de l’Est.

Je me permets également une interprétation supplémentaire : c’est la volonté de Donald Trump de sortir de l’OTAN. Les pays européens ne le souhaitent pas et le Groenland offre la possibilité, par ce conflit, de casser l’OTAN. C’est comme un bonneteau : vous regardez à droite mais l’objectif se passe à gauche.

Philippe d’Iribarne : L’obsession américaine est depuis toujours la crainte de celui dont on dépend et qui a donc la possibilité de vous nuire. Si vous relisez Le Fédéraliste, la grande œuvre de philosophie politique américaine rédigée durant le débat pour la ratification de la Constitution fédérale des États-Unis en 1787, le sentiment d’un péril, qu’évoquent des termes tels qu’insecure, insecurity, danger, attack, y est omniprésent. Face à ce péril, la volonté de se défendre est affirmée sans trêve. Il est question de defense, self-defense, precautions, guarded against, resist, counteract, protect, armed, sentinel. Il s’agit d’atteindre une situation où l’on est en sécurité (preservation, safe, security, secure). Qu’est-ce donc qui est craint ? Le terme d’encroachment (dangerous encroachments, encroachments of the others) évoque bien ce dont il s’agit. C’est l’intrusion d’autrui dans ce qui vous concerne. La place centrale tenue par la référence à la propriété, et l’association intime, aux États-Unis, entre la notion de liberté et celle de propriété, sont associées au caractère prééminent de la protection contre cette menace. « Un homme, déclarait par exemple Madison lors de la Convention constitutionnelle de 1787, a la propriété de ses opinions et de leur libre communication, il a la propriété dans […] la sécurité et la liberté de sa personne. » En la matière, les États-Unis héritent de la tradition britannique pour laquelle ce qui permet d’être protégé, c’est d’être propriétaire, d’avoir édifié une barrière face à ceux qui vous menacent. Cette sacralisation de la propriété est si forte qu’elle a même conduit, au moment de la création de l’Union, à justifier le maintien de l’esclavage en affirmant que, comme l'esclave est la propriété de son maître, attaquer à l'esclavage conduit à s’attaquer à la propriété, donc à la liberté. Donald Trump est un héritier majeur de cette tradition. Il veut être propriétaire du Groenland pour assurer la sécurité des États-Unis. [...]
Euthanasie : le pacte des morts

Le Sénat ayant rejeté sa propre version du texte sur l’euthanasie, les députés auront à examiner en seconde lecture leur propre version, bien plus radicale. Le principe qui l’irrigue, selon lequel la mort serait un soin, est porteur de paradoxes particulièrement pernicieux pour la cohérence de notre droit, à commencer par la notion de consentement.

Le consentement impossible

Le principal argument des partisans de l’euthanasie tient à ce que la société serait mal placée pour empêcher quelqu’un de mourir s’il le veut. En vérité, elle a toutes les raisons de le faire.

D’abord, parler de consentement suppose qu’il vienne de toutes les parties. Or l’euthanasie implique un tiers, le médecin ou le personnel médical, censé concourir à l’injection de ce qui s’analyse matériellement comme un poison. Certes, une clause de conscience existe pour le moment dans le texte, mais elle est vue comme une fragile concession alors qu’elle devrait être une évidence.…

Institut Paralos : un mystérieux mécène pour les projets conservateurs et de droite

Qu’est-ce que l’Institut Paralos ?

Pour faire simple, L’Institut Paralos est une expérience. Nous testons une idée simple : est-ce que des dons de taille modeste, faits sans le cirque habituel, peuvent quand même produire un effet réel ? Nous pensons que oui, mais cela demande d’identifier les bons projets, les bonnes personnes, et d’allouer l’argent correctement. L’expérience a de fortes chances d’échouer, mais nous estimons qu’il vaut mieux tenter le coup que de rester spectateur. 100 000 €, ça peut paraître beaucoup pour un particulier mais c’est en réalité une goutte d’eau dans l’océan des besoins.

Qui sont les membres de l’Institut ?

C’est une très petite équipe, entièrement financée sur fonds privés, jeune, française, et profondément attachée à ce que la France a été et pourrait redevenir.

Quel a été l’élément déclencheur ?

Cela fait plusieurs années que nous donnons de l’argent de manière informelle. Nous avons aussi vécu longtemps à l’étranger.…

APF France handicap prend position contre le Rassemblement national et Reconquête

L’approche d’échéances électorales de premier plan, les municipales puis la présidentielle, et la croissance continue des partis dits d’« extrême droite » commencent à affoler le tissu associatif bien-pensant. Quelles relations entretenir localement avec les élus d’« extrême droite » qui vont arriver aux commandes dans les mairies, et peut-être demain à l’Élysée ? C’est la question qui va se poser à beaucoup d’entre eux, et à laquelle l’association APF France handicap a tenté de répondre dans une communication interne que L’Incorrect a pu consulter en exclusivité. L’association y appelle ses adhérents à n’entretenir aucun lien avec les partis d’ « extrême droite » et menace d’exclusion ceux de ses adhérents qui seraient candidats ou élus sous les étiquettes Rassemblement national, Debout la France et Reconquête.

Aucune relation avec l’« extrême droite »

APF France handicap est un mastodonte de la défense du handicap. Créée en 1933, l’association défend les droits des personnes handicapées et de leurs familles, lutte contre les discriminations dont ils sont victimes et les accompagne au quotidien.…

Jean-Baptiste Leon… sort la sulfateuse
Est-ce vraiment si grave d’être endetté ?

Tout dépend du niveau d’endettement. En 1976 déjà, Raymond Barre expliquait que la France vivait au-dessus de ses moyens. À l’époque, la dette publique représentait 15 à 20 % du PIB. Aujourd’hui, elle atteint plus de 3 400 milliards d’euros, soit environ sept fois plus en proportion. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Grand reportage : Entre deux mers
À Lorient, personne ne voit la mer : c’est la mer qui vous voit. Ça ressemble à du mauvais Victor Hugo. Je l’ai entendu pourtant, croyez-moi ou non, dans un de ces rares bars que fréquentent encore certains marins, aux heures pâles de la nuit, lorsque les derniers pubs à la mode expulsent leurs viandes saoules, claudiquantes sur des talons trop hauts et dans des jupes trop courtes. Il faut dire que l’amour des femmes celtes pour les tenues provoquantes, y compris en plein hiver, n’est pas un mythe : les Lorientaises, un peu rustres mais anguleuses et belles comme des figures de proue, avec cette défiance liquide dans les yeux qu’elles doivent à des gènes contisés par des générations d’alcoolisme, fendent la nuit de décembre juchées sur leurs chaussures compensées, inconséquentes comme seules savent l’être les étudiantes en province. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Alexandre Devecchio : la gratitude d’un « transfuge de classe »
Les récits de « transfuges de classe » sont partout. Ces écrits à la fois autobiographiques et sociologiques, dans lesquels les auteurs racontent leur ascension sociale à partir de milieux modestes, fascinent nos élites à la manière d’un nouvel orientalisme qui en dit long sur l’absence de dialogue entre les classes sociales aujourd’hui. Il y a quelque chose d’exotique pour les bourgeois ennuyés à lire sur « ces gens-là », avec lesquels ils n’ont jamais de contact, sur le mode du misérabilisme. [...]

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest