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La culture des âmes plutôt que la politique des choses
L’école, l’instruction, l’éducation, l’université ne doivent jamais être remises entre les mains du politique. Car le politique recherche l’exact inverse de ce que poursuit l’éducation. L’éducation forge des hommes libres ; le politique modèle des administrés. L’éducation enseigne les rigueurs de la liberté ; le politique instille l’amour de la servitude. L’éducation conduit à la politique du bien commun; tandis que le politique s’empare de l’un et de l’autre pour les défigurer dans le visage unique de l’Administration, qui façonne inéluctablement des hommes conformes à ses services.
 Marc Zuckerberg et la cyborg-économie
Dans le Faust de Murnau, la venue du diable sur Terre est annoncée par la chevauchée lyrique des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, allégories sublimes de l’anéantissement du monde par la Conquête, la Guerre, la Famine et la Mort. Pour d’aucuns, les fléaux de nos temps sont bien moins grandioses ; ils sourdent en ce que nos quotidiens recèlent de plus familier : nos informations (Google), nos loisirs (Apple), nos sociabilités (Facebook), ou encore nos consommations numériques (Amazon). L’irruption de l’Internet grand public il y a deux décennies a consacré l’avènement d’entreprises transnationales, d’origine américaine, devenues à ce point hégémoniques qu’elles cristallisent aujourd’hui nombre de fascinations et de défiances à l’égard du « monde d’après ».
Macron prendrait-il les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages ?
Emmanuel, monsieur le Président, on voulait te vous dire, les camarades et moi : faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Là, tu vois, on a senti que tu donnais bien bien dans la complexité et que tu nous l’emberlificotais façon liane tendance ronce, ta laïcité ouverte.
Peggy Sastre, féministe mutante
Peggy Sastre est une féministe atypique. Traductrice et collaboratrice de Slate et L'Obs, elle est la principale représentante française d'un « évoféminisme » enraciné dans les sciences de l'évolution. Progressiste déclarée, qui propose aux femmes de sortir de leur « condition de mammifères placentaires », Peggy Sastre avait signé la tribune revendiquant le "droit à importuner" pour les hommes, aux côtés de Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, ou encore Catherine Millet, non sans générer de nombreuses réactions, en France comme dans le monde anglo-saxon, sensible aux spécificités françaises. Entretien.
Name and shame
Décolonialisme, afro-féminisme, antiracisme racisé et racialiste, soutien au port du voile… La haine de la France ne manque pas d’être souvent invitée à la télévision. À bien des égards, le parcours de Rokhaya Diallo aurait pu être cité en modèle d’intégration réussie. Née dans la capitale de parents sénégalais et gambiens de la classe ouvrière, la médiatique chroniqueuse de Touche Pas à Mon Poste a été une étudiante exemplaire avant de devenir une militante professionnelle de la cause des « minorités visibles ». Alors que Rokhaya Diallo s’apprêtait à embrasser une carrière des plus classiques dans le secteur privé, les morts accidentelles de Zyed Benna et Bouna Traoré, élément déclencheur de la série d’émeutes quasi-insurrectionnelles de 2015, agirent comme un révélateur: elle serait désormais le porte-voix des oubliés, des « damnés de la terre » et autres victimes ontologiques de l’oppression systémique du patriarcat occidental. Fini l’antiracisme bisounours des « grands frères » socialistes, place à la lutte « décolonialiste » et « intersectionnelle », poursuite contemporaine du combat d’émancipation des peuples anciennement colonisés. Un « antiracisme » offensif en forme de Lutte des races   Derrière les barbarismes et les néologismes des « afroféministes » du collectif Mwasi, des mal nommés « Indigènes de la République », ou des « Indivisibles », du nom de l’association créée par Rokhaya Diallo en 2007, distribuant des Y’a bon Awards aux personnalités coupables de déclarations jugées racistes, se cache (...) À découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
En marques !
La lente chute du politique a permis la fascinante ascension des marques et des entreprises qui les contrôlent : ce sont elles qui ont aujourd’hui la charge du bien commun. Pour la plus grande gloire du capital. Début février, la marque Decathlon a été accusée de sexisme. Une observatrice perspicace avait remarqué que la marque proposait des sacs à dos bleus pour les garçons et roses pour les filles. La conversation sur Twitter, où l’animateur de la communauté Decathlon s’efforce d’expliquer que la marque ne subventionne pas La Manif Pour Tous et que les études consommateurs prouvent que les filles aiment le rose, est un modèle du genre. La question intéressante est qu’une marque peut, aujourd’hui, être accusée de ne pas servir le bien commun. Une marque, gérée par une entreprise, n’est plus seulement une manière de rentrer en contact avec les chalands, de leur faire une promesse, elle est porteuse de sens, elle construit du social, volens nolens, et plutôt volens, d’ailleurs: le beau différencié selon Dove (voire le carrément bizarre pour les marques plus pointues) est un message d’empowerment des femmes, H&M sauve la planète avec son programme Conscious en recyclant les vêtements, Monoprix lance Shop&Give, « un service pour faciliter la vie des urbains qui permet de faire un geste antigaspi, solidaire et écolo ! » : vous remettez au livreur vos produits alimentaires non périmés et vos piles mortes pour que Monoprix effectue un don alimentaire ou recycle. Quant à Patagonia, elle revendique de « surveiller de très près les actions de l’administration Trump » et se prépare « à prendre toutes les mesures nécessaires, y compris des actions en justice » *1 ! Tremble, Donald. On peut soupçonner que ces charités ne sont que le très contemporain avatar des subventions accordées aux équipes de foot locales, mais quand même : les marques sont réellement citoyennes. Elles le sont d’autant plus que les gouvernements (...) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Mathieu Bock-Côté, le conservateur venu du froid
Intellectuel reconnu au Canada, et détracteur redouté du multiculturalisme à la Trudeau, Mathieu Bock-Côté défend une Alternative crédible pour une droite en quête d’intelligence. Fier de son héritage et de sa culture, et profondément attaché à sa « petite nation », comme il l’appelle en citant la belle formule de Milan Kundera, Mathieu Bock-Côté a rejoint très tôt le Parti Québécois, le principal parti qui luttait pour l’indépendance du pays. Pourtant, le militant a vite ressenti un besoin de parler en son nom propre, en tant qu’universitaire et intellectuel, et non plus au nom d’un appareil. Ses aspirations à une vie intellectuelle ambitieuse et structurée se heurtaient en effet à l’étroitesse inhérente aux partis, dans lesquels la liberté de parole est toujours conditionnée. Pour autant, Mathieu Bock-Côté nuance, sans la renier, la critique radicale que Simone Weil a développée dans sa Note (...) À découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.

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