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Urgence : pourquoi l’hôpital crève ?

Plus encore peut-être que l’école, la justice, la police ou l’armée, l’état actuel de notre système de santé signe la déroute complète de l’État- providence et du pacte social à la française. Les problèmes qui l’accablent depuis si longtemps sans que réponse leur ait été apportée ont fini de mettre l’hôpital public, en commençant par ses services d’urgence, dans un état d’agonie aussi inédit qu’effrayant : ainsi en décembre, le syndicat SAMU-Urgence France dévoilait que 31 personnes seraient mortes seules sur des brancards dans les couloirs des urgences, ou parce qu’un SMUR n’a pas pu être engagé assez rapidement. « Si on était exhaustif, on pourrait envisager qu’il y en ait beaucoup plus », ajoutait même son président Marc Noizet. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que seuls 27 % des Français jugent son fonctionnement correct (IFOP, 2022).

Mais l’hôpital n’est que la pointe émergée de l’iceberg sanitaire, le dernier maillon d’une chaîne de la santé qui est depuis longtemps rompue. Début janvier, les médecins libéraux se mettaient en grève sur les recommandations du collectif Médecins pour demain, d’après lequel un médecin sur deux serait en burn-out. Côté patient, 60 % des Français disaient avoir déjà dûe renoncer à se soigner, faute de médecins ou de moyens (France Asso Santé, 2018). Difficile dès lors de ne pas partager le constat posé cet été par le ministre de la Santé François Braun : « Tout notre système de santé est à bout de souffle ».

Quand science rime avec finance

Avant de se lancer dans un examen approfondi, il nous faut jeter un regard d’ensemble sur la santé publique. Car par-delà les circonstances, le problème reste avant tout structurel et universel, lié à la dynamique des découvertes scientifiques : plus la recherche avance ; plus des maladies sont diagnostiquées, plus les traitements deviennent nombreux, onéreux et efficaces ; plus les personnes vivent longtemps avec des problèmes de santé. Cette dynamique dont il faut évidemment s’enorgueillir tant elle fait honneur à l’Occident et à son souci chrétien du plus faible appelle une conclusion évidente : si la santé n’a pas de prix, elle a un coût qui ne cessera jamais de grimper.

Si les budgets augmentent en moyenne de 2 % par an, on estime qu’il leur faudrait 4 % pour se maintenir à flot. Le paradoxe est terrible : l’hôpital s’appauvrit tout en coûtant toujours davantage

Deux éléments viennent certes tempérer un peu cette envolée. Primo, la meilleure prise en charge réduit les durées d’hospitalisation, et donc les coûts : en soins curatifs aigus, le séjour moyen à l’hôpital est passé de 10,5 à 8,8 jours entre 2009 et 2019 (OCDE, 2021). Secundo, les politiques de prévention empêchent l’irruption des maladies, ce qui demande toutefois un vrai changement de culture sanitaire (seul 2 % de notre budget santé y sont consacrés, contre 3 % dans l’UE) tant la France sort à peine du « tout curatif » – jusqu’au VIH et aux scandales sanitaires des années 1990, le monde médical était nourri d’une illusion de toute- puissance thérapeutique.

Ne prenons que le cas des hôpitaux : si les budgets augmentent en moyenne de 2 % par an, on estime qu’il leur faudrait 4 % pour se maintenir à flot. Le paradoxe est terrible : l’hôpital s’appauvrit tout en coûtant toujours davantage. Dès lors, la prise en charge parfaite de toutes les maladies par un personnel soignant abondant dans des infrastructures dernier cri relèvera toujours du fantasme. Nous voilà mis face aux limites de notre système de santé : sauf à basculer en un régime proprement hygiéniste avec des taux de prélèvements attentatoires, la médecine travaillera toujours à flux tendu, en faisant du mieux qu’elle peut avec ce qu’on accepte collectivement de lui donner. Qu’on le veuille ou non, c’est en grande partie une question de budget. [...]

Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’Empire du faux

Il y a quelques semaines, Le Monde, en partenariat avec les chercheurs de l’Ircam, un centre de recherche scientifique, d’innovation technologique et de création musicale fondé par Pierre Boulez, annonçait une petite révolution technologique : « L’appel du 18 juin du général de Gaulle reconstitué pour la première fois ». Comme chacun sait, il n’existe aucun enregistrement du fameux appel mais grâce à un procédé informatique qui utilise l’intelligence artificielle, appelé voice cloning, l’un des grands moments de notre histoire sera « recréé ». Je ne sais pas vous, mais l’idée m’excite autant que la création de Skynet dans Terminator. Pour nous rassurer, le quotidien nous affirme que ce projet « doit nous pousser à nous interroger sur la puissance et les limites de l’intelligence artificielle ».

Quand la gauche cause puissance et limite, la tenaille progressiste n’est pas loin et mieux vaut se rapatrier rapido dans un bunker, ou un cimetière, avec sa section, grenades et tout.…

TikTok : génération sous perfusion
Depuis son arrivée sur le marché en 2016, TikTok s’est imposé comme le réseau social le plus utilisé par les plus jeunes. Il compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde, arrivant à la 7è place des réseaux sociaux les plus utilisés derrière les différents organes de Meta (Facebook, Instagram, etc). Cette […]
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Le pape François, l’homosexualité et le lobby LGBT

Le 25 janvier dernier, lors d’un entretien accordé à l’agence Associated Press, dans lequel il s’élevait en particulier contre le traitement pénal donné dans de nombreux pays à l’homosexualité, le pape François avait déclaré : « Être homosexuel n’est pas un crime. Ce n’est pas un crime, entendu. Mais c’est un péché. Bien, mais d’abord faisons la distinction entre un péché et un crime » (« It’s not a crime. Yes, but it’s a sin. Fine, but first let’s distinguish between a sin and a crime »). Il justifiait ce péché par le fait que cette « orientation demeure intrinsèquement désordonnée ».

Comme souvent, ses propos, toujours un  peu à l’emporte-pièce, ont suscité des polémiques. Non tout à fait sans raison. Laissons ici la question de savoir s’il appartient au pape de décider ce qu’un État est ou non en droit de faire entrer dans sa législation pénale.

Ce que dit l’Église de l’homosexualité

Il est inexact que l’Église enseigne que l’homosexualité soit un péché.…

Jean-Frédéric Poisson : « Drag-queens pro-LGBT, ou l’aboutissement logique de l’idéologie macroniste »

Partout en France se multiplient les animations avec des « drag-queens », c’est-à-dire des artistes travestis, qui interviennent et promeuvent opportunément en sourdine le lobby LGBT auprès des enfants ou jeunes adolescents, pour beaucoup déjà en perte de repères.

À Lamballe, dans les Côtes-d’Armor, la délégation départementale de VIA a dénoncé les animations faisant se côtoyer des drag-queens et de très jeunes enfants, avec l’aval de la mairie, dans le cadre de la « Nuit de la lecture ». Au collège du Val de Saye en Gironde, les élèves de troisième sont allés voir, dans le cadre de leurs études, la pièce de théâtre « Drag » qui raconte la vie d’une drag-queen. Ou encore, à Toulouse, la mairie tenue par le maire LR, Jean-Luc Moudenc, a souhaité mettre en place un atelier de lecture animé par deux artistes drag-queens destiné aux 3-6 ans à la Médiathèque Cabanis. Cette intervention n’a été « réorientée » vers les seuls adultes que grâce à la mobilisation des associations locales.…

Réponse au député Antoine Léaument (LFI) : en finir avec la vulgate révolutionnaire

Le 21 janvier 1793, Paris est balayé d’un vent glacial. Le ciel est couvert. Aucun rayon de soleil ne perce sur l’actuelle place de la Concorde. Jour funeste pour l’histoire de France. Louis XVI, roi de France, est conduit à l’échafaud après avoir été condamné lors d’un procès inique, constellé de plaidoiries qui laissaient peu de doute quant à l’issue du jugement. À une voix près, le monarque a été condamné à mort. Quelques minutes avant d’être allongé sur la planche, il s’écrie : « Peuple, je meurs innocent ! » Sa voix est rapidement couverte par le bruit des tambours. Le bourreau Sanson jette un dernier regard sur l’infortuné souverain, puis actionne la guillotine. La lame tombe et signe la fin de la monarchie dans le sang.

Depuis, la France ne cesse de panser ses plaies et ne s’est toujours pas remise de ce régicide, prélude à toutes les horreurs à venir, nées des excès de la Révolution française.…

Marche pour la vie 2023 : protéger le faible, c’est fort !

Ce dimanche 22 janvier, le froid glacial n’a pas dissuadé les manifestants pro-vie de se mobiliser à Paris pour montrer leur opposition à la constitutionnalisation de l’IVG et à la légalisation d’une « aide active à mourir », en clair l’euthanasie.

Le rendez-vous est donné au pied de la Tour Montparnasse à 14h. Le cortège doit rejoindre la place Vauban où est installée une grande scène qui accueillera les intervenants comme Guillaume Bernard, professeur d’université, Nicolas Tardy-Joubert, président de MPLV ou encore le docteur Hubert Tesson. C’est aussi sur cette scène que le groupe de rock FTP donnera un concert en plein air.

Lire aussi : La Flotte-en-Ré : il faut sauver la statue de la Vierge Marie !

On dénombre près de 20 000 marcheurs aux profils hétéroclites, même si le style bon chic bon genre reste de rigueur pour la plupart des manifestants. Ce qui est frappant, c’est que toutes les générations sont représentées.…

Dora Moutot et Marguerite Stern : ovaire et contre tous·tes

Vous avez troqué le terme bien connu de « féministe » pour celui de « femelliste ». Que signifie ce néologisme ? Voulez-vous ainsi vous distinguer d’un mouvement féministe devenu parapluie et dont les luttes sont finalement de plus en plus indéfinissables ?

Marguerite Stern : Nous n’avons pas inventé le terme femelliste, il a déjà été utilisé par le passé dans la sphère animaliste, ainsi que par des personnalités comme la psychologue Nicole Roelens ou la militante féministe anglaise Posie Parker qui utilise le terme femalism.

Lire aussi : Dora Moutot : femelliste de gauche

Dora Moutot : Mais effectivement, nous souhaitons nous distinguer d’un mouvement féministe devenu fourre-tout qui est actuellement parasité par le transgenrisme. Sous prétexte d’inclusivité et d’intersectionnalité, le féminisme est devenu le réceptacle de toutes les autres luttes. Nous pensons que c’est une erreur et que cela va à l’encontre de la défense des droits des femmes. …

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