En avril 2022, le taux d’occupation moyen dans les prisons s’élevait à 117,1% en moyenne, selon les statistiques du ministère de la Justice. Avec une telle surpopulation, le nombre de détenus par cellule est revu à la hausse, avec matelas par terre et étagères entassées. C’est le cas notamment pour la maison d’arrêt de Nantes, rassemblant courtes peines et prévenus. Les suicides rythment le quotidien des détenus. Dans un article, Le Parisien dénonçait la multiplication des suicides dûs notamment aux mauvaises conditions de détention. Si beaucoup refusent le lien entre insécurité et immigration, il faut rappeler que 24,5 % des prisonniers sont étrangers, d’après les statistiques du ministère de la Justice. Cette proportion est élevée compte tenu du nombre d’étrangers en France, estimé à 10,3 % en 2021 par l’Insee. La surpopulation carcérale est intrinsèquement liée à une forte immigration. Le constat établi, quelles sont les conséquences de cette proportion d’étrangers dans les prisons ?
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Le quotidien des prisons, s’il diffère en fonction des établissements, est partout rythmé par les promenades, les repas et les parloirs. D’après un détenu, que nous appellerons Julien, « le silence n’existe pas : entre ceux qui crient à la fenêtre ou dans le couloir, ceux qui font partager à toute la prison leur musique, et ceux qui tapent de toute leur force sur leur porte, on n’est jamais au calme ». Julien et Grégoire, son codétenu, sont incarcérés dans la même maison d’arrêt ; ils partagent la cellule avec un troisième homme. Ils font partie de ces prisonniers qui souffrent de la surpopulation, étant entassés dans une cellule initialement prévue pour deux personnes. L’un d’entre eux dort sur un matelas à terre.
Les codétenus questionnés estiment que les « blancs » représentent 10% des écroués dans leur maison d’arrêt. Ils tiennent ce chiffre d’un surveillant. En ajoutant les « gitans blancs » et les « Roumains », l’estimation s’élève à 30%. De fait, ce pourcentage a une influence sur le comportement de tous les détenus. En découlent notamment des effets de bande, des rapports de leaders et suiveurs, une hiérarchie des ethnies et une pression sur les minorités. « En tant que blanc, nous confie Julien, tu sembles coupable car les vieux blancs qui arrivent sont automatiquement soupçonnés de pédophilie ». Et ce soupçon se traduit par un interrogatoire en règle par les autres détenus dès l’arrivée à la prison. [...]