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Bodybuilding et capitalisme : les gonflés de la gonflette

Les salles de musculation essaiment sur le Vieux Continent. En 2020, elles étaient 63 000 en Europe, pour 65 millions d’adhérents. En France, un adulte sur six les fréquenterait régulièrement. Depuis les années 90, ces chiffres sont en augmentation constante, et rapide. Les corps bodybuildés envahissent l’espace public, notamment par le cinéma et la publicité, et plus récemment les réseaux sociaux, surtout Instagram. Au-delà du culte de la beauté développé par les médias de masse, on peut analyser cette vogue pour la fonte par les liens profonds qu’entretiennent l’éthique du fitness et l’esprit du néolibéralisme, pour reprendre la démarche du sociologue allemand Max Weber qui analysa au début du XXe siècle les « affinités électives » entre protestantisme et capitalisme.

Ce sujet sent les grosses coupures et la testostérone, alors forcément on est tentés de jeter un œil du côté des États-Unis. Sur les internets américains, foisonne un genre de vidéos particulièrement populaire qui engendre des millions de vues, les motivational speech, les discours de motivation. Adressés souvent à un public jeune en quête de réussite professionnelle, ils invitent à renfort de formules lénifiantes à l’effort, au travail acharnés en vue de l’accomplissement économique, sur le modèle de l’entrepreneur. On remarque que les motivational speech qui rencontrent le plus de succès sont très souvent produits par des sportifs, et plus spécifiquement des anciens bodybuilders, qui établissent un lien très clair entre leur réussite sportive et la réussite professionnelle. 

Schwarzy devient un des principaux visages des années Reagan, où une Amérique qui renoue avec le libéralisme des origines retrouve confiance en ses valeurs et sa mission

Parmi eux, les plus célèbres sont Arnold Schwarzenegger et Dwayne Johnson dit « The Rock ». Un discours tenu par l’ancien gouverneur de Californie devant un parterre d’entrepreneurs en 2018, où il relate son parcours difficile de jeune étudiant immigré tentant de concilier ses cours et son job alimentaire avec ses entraînements de musculation et ses castings cinéma est particulièrement révélateur : « Je ne gâchais pas une seule seconde de ma vie […] Pour réussir, vous devez vous buter au travail, il n’y a pas de pilule magique ». Schwarzy, père de la formule « no pain no gain », met l’emphase sur l’obsession du travail, qui conduit à la réussite à la fois dans la musculation et l’entreprenariat. Cette éthique de l’ascèse, évidemment d’essence protestante, lie profondément capitalisme et sport. [...]

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Une semaine comme les autres en France : Fast & Furious

Mercredi 15 juin, Le Parisien a révélé que dans les Hauts-de-Seine, un brave homme nommé Mourad s’ennuyait. Dans la salle du tribunal, il attendait avec ennui sa peine. Mais quelle peine ? Eh bien, celle qui avait suivi le viol de deux femmes alcoolisées. Ce chauffeur VTC avait en effet profité de l’ivresse abusive de ses passagères pour les déshabiller, les filmer et en profiter. On lui souhaite cordialement un paquet d’années à l’ombre.

Le soir même, voyageons sur l’Autoroute du Soleil jusqu’à Nice. Ce n’est heureusement pas une histoire de Promenade des Anglais, mais plutôt d’immigration qu’il s’agit. Un passeur qui transportait cinq migrants dans sa camionnette –espérons qu’il ne s’agisse pas de mineurs isolés auquel cas il faudrait ouvrir une enquête pour pédophilie – a refusé à plusieurs reprises d’obtempérer aux injonctions de la police. Le conducteur fonce sur la police, un policier tire, un Égyptien meurt. Sauvez des vies, restez chez vous.

Toujours le même jour, à un millier d’encâblures, une course-poursuite s’engage : la police demande à un véhicule de s’arrêter, celui-ci refuse et entre à contre-sens sur une nationale de l’Hérault. Folle journée que celle du 16 juin. Évidemment, ce qui devait arriver arriva : les chauffards percutent une autre voiture. Bilan : deux morts et quatre blessés dont trois graves. Triste. [...]

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Priver les enfants de père nuit à l’égalité des chances

« La filiation n’a jamais été autre chose qu’un fait social et culturel. C’est un homme qui vous parle. La paternité a toujours été une présomption ». C’est par ces mots que commençait le discours de Jean-Luc Mélenchon sur la PMA en 2019, discours qui entendait prendre acte de la mort du père et son corollaire maléfique : « Oui, c’est la fin du patriarcat. Des femmes mettront au monde des enfants sans l’autorisation des hommes ». Représentatif de son temps, nourri à la mamelle post-moderne, Jean-Luc-Mélenchon achevait ainsi de réduire le père à la coïncidence, à l’anecdote, à la présomption, dernière étape de sa liquidation totale. Car le père dérange. Incarnation de l’autorité bienveillante, il est vu comme trop paternaliste, trop rationnel, trop froid, trop distant, trop autoritaire, trop inflexible. Le père cumule tous les défauts caractéristiques de sa masculinité toxique et tous ceux de la famille traditionnelle. Le cauchemar d’un homme de la gauche laïcarde, donc.

Mais en finir avec le père n’est pas sans danger. Le consensus scientifique indique de manière étayée et significative que le rôle du père dans le développement intellectuel et émotionnel des enfants est primordial. (voir Rollè, Luca, et al. « Father involvement and cognitive development in early and middle childhood : a systematic review », Frontiers in psychology). Les pères acclimatent leurs enfants aux dures réalités de la vie, ils leur font découvrir le monde dans ses beautés et dans ses dangers, notamment en jouant de manière plus compétitive avec leur progéniture et en les forçant à prendre des risques et repousser leurs peurs. L’absence de figure paternelle produit des enfants incomplets, mal à l’aise avec l’inconnu ou les rapports de force qui pourtant se dresseront sur leur chemin de vie. Contre l’illusion du confort fusionnel d’un safe space maternel, hélas, le réel au dehors attend son heure. [...]

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Comment le droit français a-t-il détruit la figure paternelle ?

Le mariage, juridiquement, a été inventé pour engager le père auprès de l’enfant et protéger la femme de la précarité. La forme juridique du mariage le contraignait à prendre soin de la famille sous la condition d’une présomption de paternité : le père supposé a la charge de la femme et de l’enfant. L’évolution de la conception du mariage a profondément modifié la place que le père avait dans la famille et a fortiori, dans la société. Le mariage n’est plus le foyer protecteur, mais un cloître oppressif qui empêche la femme de se « réaliser », d’être pleinement elle-même, d’être libre enfin. Le père y perd ses prérogatives paternelle et maritale. La loi du 11 juillet 1975 va ainsi libéraliser le divorce en le rendant plus facile, plus accessible.

Cette première bombe va bouleverser le père, le mari : lui qui avait autrefois pour charge de préserver la femme et l’enfant de la précarité financière, d’incarner une autorité, voit sa fonction disparaître. De plus, on assiste à une disparition du mariage. Depuis cinquante ans, le nombre de mariages célébrés chaque année est en chute constante : 400 000 en 1970 contre 227 000 en 2019. [...]

Des poubelles érotiques en Suède

Le 10 juin, le CNN rapportait cette information pour le moins déroutante : la Suède a mis en place de nouvelles poubelles dans un but écologique. L’objectif est d’inciter les habitants à jeter leurs déchets à coup de messages sulfureux. Dans le quotidien suédois Sydsvenskan, Marie Persson, chef de section au service des routes de la ville, justifie cette « campagne de sensibilisation » en déclarant que « les phrases (programmées) font partie de l'objectif de la campagne, qui est d'inciter davantage de personnes à parler de la chose la plus sale qui soit : les dépôts sauvages, des déchets qui finissent dans nos rues, sur nos places et dans la mer ». Elle ajoute que ce projet est, selon elle, humoristique.

L’extrême gauche s’arrache les cheveux

Un certain nombre de médias d’extrême gauche se sont penchés sur le sujet, à commencer par Terrafemina. Le média reproche principalement à la poubelle d’être sexiste. Évidemment, quand une poubelle lance des « Oh, juste là, oui ! », « Mmh, merci... », « Un peu plus à gauche la prochaine fois » sur la place publique, l’image de la femme est effectivement dégradée. Mais ce n’est pas le principal argument de Terrafemina qui explique que cette poubelle est sexiste notamment parce qu’elle n’a pas son double à voix masculine. Ce constat est assez étrange pour un journal qui promeut, dans un article publié quelques mois auparavant, l’écoute d’un « album d’orgasmes ». Une sorte de féminisme à géométrie variable.[...]

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La fin du pater de campagne

Qu’elle est loin cette image d’Épinal, n’ayant pas même besoin d’être datée car intemporelle jusqu’à peu, de ce vigoureux campagnard, le visage marqué par les sillons de l’effort, qui tirait grande fierté de son lien intime à la terre, et plus encore de cette famille, souvent nombreuse, dont il était le chef, parfois rugueux il est vrai, et le représentant, au point qu’il s’agissait de sa véritable identité sociale.

C’est que depuis, la famille traditionnelle a été frénétiquement traquée et attaquée, jusqu’à ce que mort s’ensuive. La vague de mai 1968, ayant instantanément ravagé ce qu’il restait d’à peu près droit dans les villes, a gagné avec deux ou trois générations de retard nos campagnes, où elle rompit une à une les dernières digues de la vieille France dont les mœurs résistaient bon gré mal gré, par imprégnation catholique et inertie sociale, à la modernité. Ce fut l’individualisme émancipateur – ce dissolvant universel – d’où sortirent pêle-mêle la libération des mœurs, la fin de la morale commune, le divorce de masse et l’urbanisation.

La famille avait perdu son existence en tant qu’entité organique surplombant chacun des membres qui la composaient; ceux-ci allaient désormais, pour le meilleur et pour le pire, conduire leur vie seuls comme des grands. Et le père campagnard, plus que n’importe quel autre, aura été la victime expiatoire de phénomènes conjugués qui auront laminé sa fonction, dans un monde rural dont il faut bien comprendre à quel point l’univers mental ne pouvait concevoir autre chose que ce qui avait toujours été. [...]

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François Billot de Lochner : « L’idée d’un “porno éthique” est l’escroquerie du siècle »

Une enquête pour viols et proxénétisme a été ouverte à l’encontre du site pornographique Jacquie et Michel. Le propriétaire du site a été placé en garde à vue mardi 14 juin. Pouvez-vous nous résumer la situation ?

Jacquie et Michel est un site pornographique qui a une particularité catastrophique : les dirigeants ont toujours essayé d’expliquer que c’était du « porno soft », que ça ne posait pas de problèmes, que la pornographie en petite dose n’était pas si mal, qu’en plus ils utilisaient non pas des « actrices » mais des gens qui regardaient leurs propres vidéos de façon conviviale. Surprise : tout cela était un énorme mensonge. Ils sont accusés de proxénétisme et de viols, et on sait maintenant que Jacquie et Michel paye des « actrices » qui sont horriblement maltraitées et suicidaires. Ce site est la boîte de l’horreur. Tout cela a été raconté par Robin d’Angelo dans son livre Judy, Lola, Sofia et moi.

Ce que je trouve extraordinaire dans cette histoire, c’est que de façon inattendue on se penche enfin sur des gens dont le comportement est absolument aberrant. L’arrestation des patrons d’un des plus grands sites pornographiques de France est extrêmement importante pour la suite, car maintenant les patrons des autres plateformes vont peut-être commencer à voir peur et se dire qu’il y a un vrai problème. La peur peut changer de camp. Je trouve que c’est exceptionnel. Je ne cache pas mon plaisir de savoir qu’enfin sont épinglés des dirigeants dont l’activité professionnelle et l’action personnelle sont hautement répréhensibles. [...]

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Persécution des chrétiens : et ils se taisent !

En France, de plus en plus d’églises sont profanées. Les actes violents contre les lieux de culte catholiques dépassent, et de très loin, ceux subis par les autres communautés religieuses présentes dans notre pays. En Orient, les chrétiens sont massivement persécutés. Au Nigéria, ils se font massacrer. Mais cela ne semble pas constituer un sujet. Un silence de plomb règne sur ces crimes. Nulle part on ne manifeste. Personne ne pétitionne dans la presse. La défense de la liberté de croyance des uns ne semble visiblement pas valoir autant que celle des autres.

Beaucoup préfèrent s’insurger, chez nous, contre les lois antiburqa où les règlements de piscine interdisant le port du burkini, plutôt que de réclamer justice pour les chrétiens opprimés et assassinés. De la même manière, qu’importe à notre intelligentsia woke s’il se pratique aujourd’hui la réduction en esclavage des Africains chrétiens par les tribus libyennes. Ce qui compte pour nos « beaux esprits », c’est de réclamer à grands cris la mise à bas des statuts et des noms de rues censés remémorer des personnes soupçonnées d’avoir pratiqué, il y a plusieurs siècles, le colonialisme. Ainsi, madame Rama Yade a visiblement la protestation moins facile contre les rois africains ayant vendu leur propre peuple aux trafiquants d’esclaves, que contre les dorures du salon Colbert où elle siégeait pourtant, sans honte ni vergogne, lorsqu’elle était secrétaire d’État. [...]

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