À VOIR OU À FUIR, C’EST LA SEMAINE CINÉMA DE L’INCORRECT

Le biopic tant attendu de Freddie Mercury ou la nouvelle comédie de Pierre Salvadori…Que faut-il voir ou fuir au cinéma cette semaine ?

 

En liberté ! : L’élégance du burlesque

De Pierre Salvadori Avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Audrey Tautou

 

 

Yvonne (lumineuse Adèle Haenel) jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic intègre qu’elle imaginait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine (Pio Marmaï, parfait) injustement incarcéré par Santi. Depuis plus vingt-cinq ans, Pierre Salvadori explore les ressorts de la comédie en tant que genre avec la passion et le talent d’un meilleur ouvrier de France. En Liberté ! confirme que l’héritier des Capra et Lubitsch est bien français. Un héritier qui donne naissance à des personnages aussi improbables qu’un psychopathe se promenant avec les restes de sa tante dans des sacs en plastique et qui offre un cambriolage rocambolesque en tenue sado-maso commenté en direct par les vigiles. Sa mise en scène est toujours inventive, sa mécanique d’une précision redoutable et Salvadori s’autorise même quelques chutes de rythme pour introduire de longues séquences poétiques ornant le burlesque d’une élégance rare.

 

Lire aussi :  Bohemian Rhapsody, un film de producteur

 

Bohemian Rhapsody :  l’Assomption de Freddie Mercury

De Bryan Singer avec Rami Malek, Lucy Boynton, Aaron McCusker

 

 

Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de son chanteur emblématique Freddie Mercury, du succès fulgurant du groupe au risque d’implosion où l’entraînent les excès du leader, jusqu’à son retour triomphal lors du concert Live Aid. Si Bryan Singer est bien crédité au générique en tant que réalisateur, son renvoi en cours de tournage (friction avec son acteur et suspicion de scandale sexuel) et l’invisibilité de son style confirment que Bohemian Rhapsody est davantage l’œuvre d’un producteur que celle d’un cinéaste, ce qui n’augurait rien de bon, et pourtant… Ici ni idéologie (heureusement), ni interprétation (malheureusement) ; pas davantage de révélation de secrets d’alcôve, simplement l’hommage d’un admirateur selon un script tiré d’une fiche Wikipédia, qui se refuse à analyser ou à poser un regard singulier sur son sujet – pourtant le principe même du cinéma – mais un film néanmoins dopé aux amphétamines et porté par un Rami Malek incroyable de mimétisme, si bien qu’on aurait tort de bouder la jubilation qui naît d’une telle explosion photographique et auditive.

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adewatrigant@lincorrect.org

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