Adieu Maurras ?

C’est un petit événement éditorial, qui surprend autant qu’il attriste : L’Action française 2000, organe du mouvement maurrassien, cesse de paraître.

 

Le numéro 2971, daté du 1er février, sera le dernier d’une aventure qui avait commencé, sous un autre format, en 1908. Le journal, qui paraissait « provisoirement les premier et troisième jeudis de chaque mois », était en effet le successeur du quotidien fondé par Maurras dix ans après les débuts de l’Action française, et qui s’était illustré par sa profondeur, politique et littéraire, comme par sa virulence. Jusqu’en 44, où il est interdit, à la suite de ce que l’on sait. Recréé en 1947 sous le nom Aspects de la France, il avait finalement repris son titre originel – suivi d’un « 2000 » d’occasion pour contourner l’interdiction  de l’usage du titre toujours en vigueur.

 

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François Marcilhac, le directeur, titrant son éditorial « À bientôt, » n’y a pas de mots assez durs pour fustiger le mondialisme ambiant et, fidèle à l’esprit originel du mouvement, encore et toujours, la République. Philippe Mesnard, rédacteur en chef, dans un message adressé à ses journalistes voit « mille raisons pour expliquer cet arrêt : la crise de la presse, l’absence de publicité, les difficultés inhérentes au royalisme français… » On comprend aussi à la lecture de son message que des oppositions sur la ligne éditoriale ont aussi précipité cette fin. Philippe Mesnard défend ainsi celle qu’il avait infusée : « Il ne s’agissait pas de viser en permanence les vieilles cibles faciles, ni de célébrer avec une ridicule nostalgie des combats qui n’avaient plus de sens, mais de regarder ce qui se passe et ce qui s’annonce – puisque nous vivons un moment de décomposition aussi désespérant qu’enthousiasmant ». Une ligne excellente, qu’on pouvait dire bernanosienne dans sa condamnation du monde moderne technicisé, qui hélas n’aura pas trouvé son lectorat.

En souhaitant un prompt retour du journal royaliste, on peut lui dire avec les mots du même Bernanos : « À Dieu, l’AF 2000. À la douce pitié de Dieu ».

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