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Affaire Shaïna : Creil – Kaboul, même combat

En 2019 à Creil, Shaïna est brûlée vive parce qu'enceinte, deux ans après avoir subi un viol collectif. L'affaire refait surface alors que son meurtrier présumé vient d'être renvoyé devant les assises. Comme toujours, les féministes sont aux abonnées absentes et préfèrent parler des Afghanes plutôt que des jeunes filles de cité. Naïma, qui vit dans l'un de ces quartiers, nous raconte l'enfer au quotidien. Article tiré de l'Incotidien.

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© Capture d'écran YouTube

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Une affaire datant de 2019 a refait surface cette semaine, celle de Shaïna brûlée vive à 15 ans parce qu’enceinte, à Creil, deux ans après avoir été violée dans une « tournante » par un certain Djibril. Et celui qui l’a brûlée vive parce qu’il l’avait mise enceinte ? Il s’appelle Omar et il vient d’être renvoyé devant les Assises par le juge d’instruction. Djibril, lui continue sa petite vie tranquille. D’ailleurs à l’époque du viol, les habitants de la cité l’avaient bien défendu : « c’est une fille facile », « elle fait des problèmes » etc…

Outre le fait que brûler vive une femme en guise de rupture est visiblement une pratique plus répandue chez le mâle nord-africain que chez le mâle blanc, les noms des tortionnaires expliquent le silence toujours aussi assourdissant des féministes. Chez Nous Toutes on préfère parler des violences conjugales, du cyberharcèlement et du vagin de Maëva Ghennam. Oui une influenceuse qui se paye des injections pour « rajeunir son vagin » fait plus de bruit qu’une victime de viol collectif brûlée vive dans une cité. Marlène Schiappa a même saisi l’ordre national des gynécologues pour les alerter sur la promotion de certaines opérations de chirurgie esthétique auprès des jeunes filles. En revanche pour le meurtre de Shaïna, elle s’est contentée d’un simple retweet. Et du côté du Planning Familial – qui s’émeut visiblement beaucoup du sort des Afghanes, on préfère parler d’éducation non-genrée.

« À partir du moment où elles ont été violées, surtout dans des tournantes, elles sont considérées comme des “putes” et n’importe qui dans le quartier peut abuser d’elles »

Naïma

Pourtant pas besoin d’aller jusqu’en Afghanistan pour trouver des victimes de la barbarie islamique. Des jeunes filles violées collectivement pour un regard de travers ou parce qu’elles ont refusé les avances d’un garçon, il y en a tous les jours dans nos cités. Mais ça n’intéresse pas grand monde. Naïma a témoigné pour notre dossier de septembre « Quitter l’Islam, risquer la mort ». Elle vit dans une cité islamisée et nous explique le quotidien des jeunes filles.


L’affaire de Shaïna a refait surface cette semaine, sans pour autant émouvoir la classe politique. Ces actes barbares sont-ils fréquents dans les quartiers comme le vôtre ?  

C’est même la norme. J’ai moi-même évité le viol plusieurs fois lorsque j’étais au collège, grâce au fait que j’étais « bagarreuse ». S’habiller en femme dans ces quartiers relève du militantisme, ce que ne disent pas les médias. Les tournantes dans les caves existent toujours, mais désormais c’est encore pire puisque les violeurs filment et humilient leurs victimes sur les réseaux sociaux. Ils se servent des vidéos pour continuer à violer les filles en les menaçant de les montrer à leur famille. Les filles ne vont pas porter plainte car elles ont trop honte. On leur a inculqué toute leur vie qu’elles devaient rester vierges et qu’on ne doit pas parler de sexualité. Elles ont honte de leur corps et pensent être responsables de ce qu’elles ont subi. Elles n’osent même pas se rendre aux urgences.

Ensuite, à partir du moment où elles ont été violées, surtout dans des tournantes, elles sont considérées comme des « putes » et n’importe qui dans le quartier peut abuser d’elles. Leur quotidien devient en enfer : elles doivent raser les murs pour ne pas se faire frapper, agresser et cracher dessus.

Quel est le mode opératoire « classique » des agresseurs ?

La plupart du temps, la fille sort avec un garçon et se fait piéger par lui. Il l’attire dans une cave, un local poubelles ou même les toilettes du collège ou du lycée, et la viole avec d’autres garçons. Le tout filmé. C’est souvent comme ça que ça se passe. Ces garçons qui violent, sont les mêmes qui font le ramadan et parlent d’islam à longueur de journée.

Y-a-t ’il des crimes d’honneur lorsque les familles des victimes sont mises au courant ?

Dans le meilleur des cas, la famille essaye d’obtenir justice pour sa fille mais elle se retrouve confrontée aux menaces de mort de la part des agresseurs et la plainte est souvent retirée. Une fille qui est connue pour sortir avec des garçons peut se faire égorger par son père ou son frère. C’est le même système qu’en Algérie : une fille qui n’est plus vierge ne peut pas rester dans la maison. La plupart du temps, la jeune fille est chassée du domicile familial par sa mère pour éviter que son père ou son frère ne la tue. Et lorsque c’est un viol, les parents vont de toute façon considérer que c’est de sa faute : parce qu’elle s’est « mal » habillée, qu’elle est sortie avec ses amies ou qu’elle fréquentait des garçons. Il n’y a pas de justice pour la fille s’est fait violer, c’est de sa faute. C’est très rare qu’une jeune fille d’origine maghrébine qui a été violée soit défendue par sa famille.

Lire aussi : Violence dans la civilisation

Lorsqu’elles quittent le domicile familial, les filles peuvent atterrir dans des foyers, être prostituées contre leur gré (parfois même par leurs agresseurs), mais très souvent elles finissent voilées de la tête aux pieds pour ne plus être violentées. Les hommes de la cité considèrent alors qu’elles sont « purifiées » et ne les touchent plus. Ensuite on les retrouve mariées à des salafistes. La plupart des filles voilées ici ont été violées en tournante dans des caves.

Qu’est-ce que vous répondez aux féministes de gauche qui rétorquent qu’il s’agit d’islamophobie et de racisme ?

Ce qui se passe dans ces quartiers c’est la Charia pure et dure. Le moindre centimètre de peau non-couverte c’est de la provocation. Pour moi ces « féministes » sont complices de nos tortionnaires. Qu’elles essayent de vivre dans une cité. Qu’elles essayent d’y porter une jupe ou un décolleté et ensuite on verra si elles parlent encore d’islamophobie ou de « mâle blanc ». On n’a pas le droit de fumer une cigarette, de faire nos courses, de sourire à un garçon, de mettre du parfum. Nos vies sont un enfer. Elles tiennent ce discours parce qu’elles sont en sécurité dans leur quartier. Mais elles ne le resteront pas longtemps si elles continuent de se voiler la face.

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