Alexis Kohler ou Joachim Son-Forget ? Honneur aux honnêtes et malheur aux subtils

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Totalement inconnu avant de devenir député des Français de l’étranger (6ème des français établis hors de France) sous les couleurs de La République En Marche, Joachim Son-Forget s’est depuis illustré au travers de différentes petites polémiques qui n’auraient pas dû autant retenir l’attention des médias et de ses collègues dans un pays sain. Symptomatique des errements d’un monde ultra-connecté, ce cas mineur occulte des affaires autrement plus importantes.

 

Un rappel rapide des faits s’impose. En réponse à un commentaire de la sénatrice Esther Benbassa à propos de Brigitte Macron, Joachim Son-Forget a publié un message d’écolier ou de troll du forum 4Chan sur Twitter : « Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer ». Immédiatement, la sénatrice Europe Ecologie Les Verts franco-turco-israélienne répliquait à son homologue parlementaire franco-kosovar d’origine coréenne que « l’expression sans complexe d’un tel sexisme (…) après #MeToo » avait « de quoi laisser sans voix ».

 

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Accusant une ressemblance troublante avec Régine, la reine des nuits parisiennes des années 1970, Esther Benbassa lâchait les chiens contre le roquet. S’ensuivit donc le déchaînement habituel contre une personnalité un peu trop « grande gueule », manifestement agitée, qui se défendit maladroitement – mais non sans humour involontaire – en évoquant sa formation en « psychologie cognitive ».

 

 

Tout cela prêterait à sourire, voire à rire, si nous n’étions pas en situation pré-insurrectionnelle. Opportunistes et plus fins politiques, les collègues de Joachim Son-Forget n’ont pas manqué l’occasion de tirer sur l’ambulance, le trop intelligent et trop subtil Gilles Le Gendre en tête. Le triste député de la deuxième circonscription, si bourgeois et comme il faut, s’est ainsi « désolidarisé » de ces « propos inadmissibles », réaffirmant sa volonté qu’aucune « controverse politique » ne puisse justifier « de verser dans le sexisme et la vulgarité ». Ca ne mange pas de pain.

 

 

Et puis, c’est bien pratique pour éviter les sujets qui fâchent, à commencer par les preuves qui s’accumulent sur les mensonges des caciques de la majorité présidentielle à propos des véritables raisons qui ont les ont poussés à décider l’augmentation des taxes sur les carburants. Contrairement à ce qu’ils ont tous affirmé la main sur le cœur sur les plateaux de télévision, la taxe carbone est certes un « moyen de la réforme », mais une réforme visant à pratiquer un grand bonneteau fiscal dans lequel les classes moyennes sont amenées à se couper les veines pour financer le CICE qui sert aux entreprises à développer les robots qui  mettront demain les Gilets Jaunes au chômage. Enfin, il parait que c’est pour leur bien.

 

 

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’actuel secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler dans les mails vérifiés des « Macron Leaks » qui le planifiait déjà. Oui, oui, ce même Alexis Kohler soupçonné de conflit d’intérêts pour ses liens familiaux avec le cercle dirigeant de la Mediterranen Shipping Company (MSC), numéro deux mondial du fret maritime, dont il fut un temps le directeur financier après le départ de son chef Pierre Moscovici du ministère de l’économie en 2014. Pierre Moscovici qui n’est autre que le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, un autre … socialiste !

Et qui a fixé la règle contraignante des fameux 3 % ? La Commission européenne, pardi. À ces gens présentables, je préfère encore l’excentrique radiologue, karatéka, défenseur de Marcel Campion, chasseur, amateur de bonne bouffe, claveciniste et psychologue comportementaliste amateur répondant au nom de Joachim Son-Forget. Sûrement moins subtil, mais beaucoup plus honnête.

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grobin@lincorrect.org

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