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Andréa Kotarac : « Nous avons des frontières à l’intérieur de notre pays parce qu’il n’y a plus de frontières autour de la patrie »

Ancien conseiller régional La France Insoumise, Andréa Kotarac a mené avec Agnès Marion la campagne municipale et métropolitaine à Lyon sous la bannière du Rassemblement National. Il nous répond sur cette défaite ainsi que sur son parcours idéologique et politique.

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© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Comment expliquez-vous votre défaite aux élections municipales et métropolitaines à Lyon ?

Il faut l’analyser à l’échelle nationale. Nombre de grandes villes ont sombré dans la bien-pensance, en se donnant à Europe Écologie-Les Verts ou au PS. À Lyon, les secteurs où EELV réalise ses scores les plus élevés sont ceux où les gens n’ont pas vraiment de problèmes, où tout le monde a un emploi et où tout un chacun a le luxe de pouvoir réfléchir à la taille du boulevard rapportée au développement de la trottinette électronique, voire, pour caricaturer un peu plus, si leurs enfants vont commencer à manger des graines en CP ou en CE1.

Lire aussi : Des municipales à la présidentielle : vers un président islamo-gauchiste ?

D’un autre côté, il me paraît pertinent d’analyser ce résultat à l’aune de la nouvelle fracture française, puisque dans ma circonscription métropolitaine, où j’étais présent au second tour, en banlieue sud et est, il y a eu 50 000 abstentionnistes sur 67 000 électeurs inscrits, soit 75 % d’abstention ! Cela veut dire qu’aujourd’hui, la démocratie locale n’attire plus les gens, en tout cas plus ceux qui ont des problèmes, parce qu’ils ont le sentiment qu’elle ne va pas changer leur quotidien : donc ils ne se déplacent plus pour voter. Jusque très récemment, les Français votaient peu aux élections intermédiaires, qui ne les intéressaient pas, mais ils votaient massivement à la présidentielle et aux municipales. Or, ce n’est plus le cas. C’est donc qu’il y a une rupture et il faut repenser notre modèle.

Votre duo avec Agnès Marion, figure de l’aile conservatrice du RN, alors que vous venez de la gauche radicale, a-t-il si bien fonctionné que cela, eu égard à vos résultats respectifs ?

J’ai fait beaucoup de campagnes électorales et je puis l’affirmer : celle-ci fut l’une des plus belles. Pourquoi ? Justement parce que le tandem avec Agnès Marion, elle pour la ville, moi pour la métropole, a parfaitement fonctionné. Sur de nombreux sujets comme la laïcité, la République, la précarité sociale, nous étions d’accord. Ce n’est pas parce qu’Agnès Marion est supposée être de droite qu’elle est libérale ou qu’elle n’est pas sensible aux questions sociales. Il y avait une complémentarité qui n’existe nulle part ailleurs.

Au-delà d’Agnès Marion, nos candidats, réunis autour du socle appelé Rassemblement national, venaient aussi bien du PCD de Jean-Frédéric Poisson ou de la Droite populaire de Thierry Mariani, que de formations de gauche

Au-delà d’Agnès Marion, nos candidats, réunis autour du socle appelé Rassemblement national, venaient aussi bien du PCD de Jean-Frédéric Poisson ou de la Droite populaire de Thierry Mariani, que de formations de gauche. Parmi ces derniers, je ne citerai que notre tête de liste à Décines, qui est un ancien du Front de gauche – son score lui a permis d’être élu au Conseil municipal – notre tête de liste dans le IIe arrondissement de Lyon, qui est un ex-trotskiste, et le [...]

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