Skip to content

Anne Coffinier : « Il y a un désamour évident à l’égard de l’Éducation nationale »

Alors que l’Éducation nationale périclite, et malgré un climat de suspicion né des débats sur la loi séparatisme, les écoles indépendantes ont le vent en poupe. Pour Anne Coffinier, directrice de l'association Créer son école, les écoles hors-contrat proposent un contre-modèle qui a fait ses preuves sur le plan éducatif, et nécessaire à l'épanouissement des profils les plus divers. Entretien.

Partage

© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

L’Éducation nationale traverse une grande crise identitaire, en témoignent les réformes successives des programmes et du baccalauréat. Dans ce climat confus, la création d’écoles hors contrat est, quant à elle, particulièrement dynamique. Quelles en sont les raisons profondes ?

Il y a plusieurs facteurs. Plus personne ne pense que l’Éducation nationale ne saura se relever de l’état de crise structurelle dans lequel elle se trouve. Les parents cherchent donc des alternatives, et chose nouvelle, les professeurs aussi. C’est pour cela qu’il y a un taux record de démission des enseignants dans l’Éducation nationale. S’ajoute un désir d’avoir une école sur-mesure adaptée aux singularités de son enfant. La culture dominante du « c’est mon choix ! » pousse les parents à considérer comme fondé leur désir de choisir le type de pédagogie adaptée à leur enfant et à leur vision éducative. La culture technocratique qui prévaut au sein de l’école publique fait office de repoussoir pour les parents travaillés par un désir de davantage d’humanité, de respect de la singularité de l’enfant, de pluralité d’utilisation sociale des lieux mais aussi de caractère intégral de l’éducation.

Lire aussi : Anne Coffinier : première de classe

Toutes ces tendances alimentent l’intérêt pour les pédagogies alternatives, d’autant que l’école publique n’offre plus une pédagogie classique « à la Jules Ferry » : la rigueur, le récit national fédérateur, la culture du respect de l’autorité et de la morale traditionnelle. Tout cela a intégralement disparu de l’école publique. Elle ne possède au final ni les atouts du hors-contrat ni la rigueur et l’efficacité de la communale d’antan. Cela explique largement le développement des écoles hors-contrat depuis dix ans. Pas besoin d’un prétendu désir de repli sur soi ou d’une haine de la diversité pour alimenter l’essor des écoles libres !

Quelles sont les caractéristiques principales des créations de cette année ?

Certes, la Covid a compliqué les créations d’écoles : 73 sont repoussées à 2022 quand 104 ouvrent tout de suite, et une quinzaine d’autres a priori d’ici Noël. Mais, inversement, elle aura alimenté les créations d’écoles à fort ancrage dans la nature et ayant une approche de la crise sanitaire fondée sur davantage de bon sens pédagogique.

La cuvée de création d’écoles de cette année se caractérise par une forte poussée des ouvertures de secondaire (près de la moitié des créations contre un tiers habituellement), des établissements à fort ancrage dans la nature (20% des ouvertures en 2021), un maintien des écoles bilingues ou à spécificité linguistiques (21%) et de celles pour les publics spécifiques (handicaps, jeunes sportifs, etc : 17 %). S’agissant de la pédagogie, les écoles Montessori représentent 17% des créations, tandis que les écoles classiques 15%, les écoles mixant différentes pédagogies alternatives 53% et les écoles démocratiques 15%. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest