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Au Mirail, les « réunions non mixtes » sont le quotidien

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Deuxième partie semaine politique de L’Incorrect

 

Toulouse Le Mirail. Un quartier et une fac. Deux mythes de la ville rose, le plus souvent pour le pire. Ces derniers jours, les étudiants de l’Université Jean Jaurès, qu’ici tout le monde surnomme « la fac du Mirail », et les « jeunes des cités » vivant à proximité de cette vénérable institution, dont vous devinerez aisément le sobriquet, se sont fait remarquer internationalement. Oui, Toulouse a eu droit aux faveurs des télévisions du monde entier. Ce n’était plus arrivé depuis … la série d’attentats islamistes perpétrée par Mohamed Merah.

 

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À la fac du Mirail, ZAD universitaire depuis plusieurs décennies – en dépit de professeurs d’exception, ainsi que l’était l’hispaniste Bennassar -, le blocus a été un peu moins médiatisé qu’à Tolbiac, bien qu’il lui soit assez comparable. Si on compte dans les rangs étudiants toulousains du Mirail de nombreux militants politiques aguerris, plus disciplinés et organisés que la majorité de leurs camarades franciliens, certains des « délires » sont communs, comme l’organisation de réunions « en non mixité », desquelles les blancs sont exclus afin que les personnes de couleur puissent se confier sur leur triste sort sans risquer d’affronter le regard paternaliste et complaisant d’un bobo occidental azimuté. On serait presque tentés de les comprendre, et de leur poser une question : pourquoi ne pas tenter une expérience non mixte dans les cités avoisinantes, qui ne le sont plus depuis longtemps, au grand dam d’une partie de leurs habitants ?

 

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Au cœur de la Reynerie et de Bellefontaine, parties du Mirail spécifiques classées en zone de sécurité prioritaire, la non mixité entre « racisé-e-s » n’est pas une expérience de sociologie forgée à Berkeley. C’est tout simplement la vie de tous les jours, la plupart des Français d’origine européenne ayant fui ces ghettos depuis longtemps, chassés par l’insécurité, le changement des mœurs, la pression de l’islam, ou l’insalubrité des équipements publics et de l’habitat. Les trois nuits d’émeutes de ces derniers jours ne leur donneront probablement pas envie de revenir.

 

Qu’est ce qui a donc provoqué l’embrasement du Grand Mirail ? Deux petites allumettes jetées sur un feu qui ne s’éteint jamais. Premier acte : l’interpellation d’une jeune femme du quartier vêtue d’une burqa qui refusait de se soumettre à un contrôle d’identité. La vidéo de mauvaise qualité qui circule sur les réseaux sociaux montre la jeune femme se rebeller, avant d’être « secourue » par une trentaine d’hommes violents déterminés à casser du flic. Un coup monté ? Une embuscade ? L’hypothèse n’est pas exclue. Deuxième acte : le décès d’un détenu de la prison de Seysses, originaire du quartier. L’homme se serait suicidé, ce dont ses proches doutent, considérant qu’il était « fort mentalement ».

 

Les populations vivent en autarcie, comme coupées du reste des villes

 

Liens avec les prisons, islamisme : un cocktail Molotov en puissance. Les cités de France sont gangrénées, se vivent hors la France. Les populations vivent en autarcie, comme coupées du reste des villes, développant une infraculture particulière empruntant tant à la culture de masse qu’à une version parfois simplifié de l’islam, ou à diverses cultures maghrébines et africaines. Cette potion magique née de l’immigration est le terreau sur lequel pousse un ressentiment de plus en plus vif, dirigé contre l’Etat, ses instruments, mais aussi les Français, sous-entendu les « blancs ».

 

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Ajoutez à cet état de fait aujourd’hui connu de tous et documenté, la présence d’importants gangs de trafiquants de drogue qui ne supportent pas qu’on vienne mettre le nez dans leurs affaires, ainsi que l’a expliqué Didier Martinez du syndicat SGP-Police : « Depuis quelques semaines, on assiste à une offensive de la police dans ces quartiers, qui porte atteinte aux trafics. On a fait de grosses saisies. Dès lors que la police fait son travail et occupe les quartiers, tout est prétexte à en découdre ». Emeutes islamistes ? Emeutes provoqués par les mafias de la drogue ? Un peu des deux ? Peu importe que ce soit, comme l’a dit Christophe Soullez, actuel responsable de l’Observatoire de la Délinquance et des Réponses pénales, l’aspect communautaire ou l’aspect territorial qui ait joué. Les communautés façonnent leurs territoires. Les territoires créent des communautés. Il serait temps de l’admettre.

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