BRESIL : Jair Bolsonaro à 4 points d’une victoire dès le premier tour des élections présidentielles

Un vent de conservatisme souffle sur les Amériques après l’élection de François Legault au Québec et la récente nomination de Kavanaugh à la cour suprême des Etats-Unis. Au Brésil, le vent s’est transformé en tornade avec le premier tour de l’élection présidentielle qui avait lieu ce dimanche 7 octobre, où le peuple a placé en tête du premier tour, Jair Messias Bolsonaro avec 46,1%, largement devant Fernando Haddad (29,2%), le candidat du Parti des Travailleurs qui a remplacé Lula au pied levé.

 

Lassés d’être méprisés et volés par une classe politique corrompue jusqu’à la moelle, les Brésiliens ont massivement exprimé leur confiance envers Bolsonaro, le candidat pro-famille et anti-corruption qui a focalisé son discours sur la sécurité, les valeurs morales et la grandeur du Brésil, laissant d’autres sujets comme l’économie ou l’écologie de côté. 

Certes, le politiquement correct va crier au scandale, Libé agitera la menace du coup d’État et nous aurons le tweet de Marlène Schiappa qui affirmera que c’est un recul pour le droit des femmes (Bolsonaro est en tête du vote féminin), mais au Brésil ce résultat est une évidence voire même un soulagement tant la population avait soif de changement, changement que seul Bolsonaro est en mesure d’incarner.

Plusieurs leçons ressortent de ce premier tour. Tout d’abord il signe l’avènement d’une nouvelle ère en termes de communication électorale, malgré ses 1,2 % de temps d’antenne à la télévision et à la radio, Bolsonaro a tout misé sur les réseaux sociaux créant le buzz sur Facebook et utilisant la puissance de Whatsapp, canal de communication le plus utilisé au Brésil, où ses militants répercutaient les messages forts du candidat anti-système. Il montre ainsi qu’il est possible de faire une campagne couronnée de succès sans l’appui des traditionnels moyens de communication.

 

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Ensuite, son agression au couteau eut également un double effet bénéfique sur les intentions de vote. D’une part, il suscita une forme d’empathie envers le candidat qui ne cesse de dénoncer la criminalité et d’autre part il a maintenu Bolsonaro dans un silence bénéfique. Alors qu’il ne pouvait plus parler, il était le centre des attentions, et sans ses habituelles provocations il ne pouvait plus choquer, ni faire l’objet de critiques, bref, moins on l’entendait et plus il montait dans les sondages.

Enfin, ce résultat sans appel montre à quel point le peuple brésilien veut en finir avec 12 années de gouvernement de gauche (Temer a été élu vice-président avec Dilma Roussef), son lot de magouilles, de corruption et de mépris. 

Celui qui est qualifié de misogyne, raciste et anti-pauvres arrive en tête du vote féminin, et obtient de bons résultats dans le Nord-Est, sous-région la plus pauvre du Brésil. Les brésiliens prennent un virage conservateur massif, et toutes les fins du monde annoncées par les médias de gauche complètement paniquées à l’idée de l’élection du « Mythe » n’auront pas suffi à faire changer d’avis les électeurs désabusés, qui souhaitent un véritable changement à la tête du pays.

 

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Avec une telle avance au premier tour, la victoire de Bolsonaro semble acquise, d’autant plus que le PT fait l’objet d’un rejet massif chez les électeurs du centre-droit, dont une grande partie se portera sûrement sur Bolsonaro. En revanche ce deuxième tour risque de cristalliser les oppositions, et les violences constatées avant le premier tour risquent de s’aggraver, alors que le vote en lui-même s’est déroulé dans de relativement bonnes conditions.

Deuxième tour le 28 octobre.

 

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