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Oser aller à contre-courant en 2021

Dans les amphithéâtres universitaires, la bien-pensance règne en tyran et la gauche majoritaire s'y fait redresseur de torts. Pourtant, face à ces nouveaux « sauveurs » de l'humanité, il ne faut pas craindre de penser différemment.

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© DR

Sami Frey en introduction de la lecture de Lettres à un jeune poète proposée par Guillaume Gallienne dans l’émission « Ça ne peut pas faire de mal » dit : « Ce que j’ai compris à 18 ans, c’est cette idée de prise de risque, c’est-à-dire se faire confiance, ça veut dire prendre des risques ça veut dire oser parler en son nom. Ne pas répéter la petite chanson que tout le monde chante, le petit refrain qui rassemble le plus grand nombre de gens possible. Il n’est pas évident qu’on ait un discours original, il n’est pas évident que ce que l’on pense soit intéressant mais (il faut) creuser cette pensée c’est-à-dire arriver à un noyau dur de sa propre pensée. » Ne pas répéter la chanson que tout le monde chante serait alors une preuve de courage, mais prendre ce risque n’est pas toujours évident.

En 2021 à la fac, il n’est pas toujours aisé d’aller à contre-courant du fléau de la bien-pensance qui empoisonne les faux débats universitaires. Les débats n’en sont en effet que des faux dans lesquels la perfidie est au rendez-vous. Sous des airs de « sauveurs de l’humanité », la majorité des étudiants démontent fièrement les idées de quelques dissidents qui tentent tant bien que mal d’aller à contresens. Il est difficile, parfois même souvent impossible, de pouvoir exprimer des idées considérées très rapidement comme « extrémistes ». Défendre les forces de l’ordre, essayer d’apporter une vision nouvelle du féminisme, ou même encore – soyons fou – aimer son pays sans avoir une étiquette « fasciste » est impossible.

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Il faut alors se méfier, se cacher, se regrouper avec les quelques personnes qui sortent du lot pour pouvoir parler librement de sujets qui ne peuvent être évoqués sur les bancs de la fac. Il est possible cependant de « s’afficher », d’avoir le courage d’assumer ouvertement des idées qui sortent de l’ordinaire. Dans ce cas les années de fac ne seront pas paisibles et pas toujours faciles. S’afficher ou rester discret ? Ce dilemme se pose à beaucoup d’étudiants.

Pour moi la question a été vite résolue. Si les débats se résument à une marginalisation suivie d’une volonté de rééducation, alors ceux-là deviennent une perte de temps. En effet, votre interlocuteur n’en est plus un dès qu’il a cerné le « camp » dans lequel vous êtes. Celui-ci se transforme en adversaire vous considérant alors comme ennemi juré. Il n’hésitera pas à démonter chacune des idées que vous n’auriez pas eu le temps de finir d’exposer, et prendra ensuite le temps de vous expliquer que vous êtes le fléau de la société et qu’il faut absolument reprendre votre éducation. Ils endossent donc un rôle de « sauveur de l’humanité» et de moralisateur.

Nous avons été selon eux endoctrinés par des gens aux idées abominables, il faut donc nous remettre sur le droit chemin. Ce rôle de moralisateur est en fait assez cocasse. Les ambassadeurs des « médias bien-pensants » prennent à cœur le rôle d’éradiquer les gens comme nous afin que la société se porte mieux. La faculté n’est en fait rien de plus que le reflet de la société dans laquelle nous évoluons.

Avec un ton condescendant très déplaisant, ils nous prennent pour des demeurés atteints par une maladie mentale. Mais la société a besoin d’eux ! Il ne faut pas que la peste que nous sommes gangrène la République française

Leur stratégie est assez intéressante à observer. Malgré certaines incohérences comme leur « pas d’amalgame » très sélectif, ils sont nombreux à exceller dans leur rôle de moralisateur. Avec un ton condescendant très déplaisant, ils nous prennent pour des demeurés atteints par une maladie mentale. Mais la société a besoin d’eux ! Il ne faut pas que la peste que nous sommes gangrène la République française.

Alors mon conseil pour les étudiants qui osent encore penser différemment : évitez de perdre du temps avec des gens qui ne vous écouteront que très partiellement et essayez de comprendre leur fonctionnement. C’est tout à la fois intéressant et amusant, bien que parfois consternant.

Sur une touche plus optimiste, vous trouverez des gens prêts à débattre intelligemment avec vous mais il faut patienter. Pendant vos premières années de fac, ces gens-là sont aussi nombreux que les chrétiens en Orient. Alors à l’instar de Sami Frey, creusez votre propre pensée pour en arriver au noyau dur. Il faut prendre ce temps de construction. Ainsi, vous serez prêt à défendre des causes qui ne participent pas à la chanson que tout le monde chante.

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