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Circulaire Blanquer : l’éducation transsexuelle

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Publié le

29 octobre 2021

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La théorie du genre continue de se répandre dans nos écoles. Après la campagne #MonEducSex du Planning familial, et alors qu’une loi particulièrement intrusive sur l’interdiction des thérapies de conversion est en discussion, le ministre Blanquer a publié une circulaire sur la prise en charge des questions relatives à l’identité de genre. Cours de re-création ?

La circulaire publiée par le ministre Blanquer, intitulée « Pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire », démontre à quel point notre système éducatif se trouve officiellement soumis à la théorie du genre. Le style utilisé pour la rédaction de ce texte relève à lui seul du ridicule. Les tournures ampoulées, les expressions lénifiantes, les poncifs de toutes sortes s’enchaînent sans fin. La phraséologie retenue témoigne de la décrépitude langagière de nos gouvernants, prisonniers d’un discours mêlant un vocabulaire néo-managérial désuet, tout empli d’appel aux « bonnes pratiques », avec une langue technocratique gonflée de concepts pseudo-savants proclamant par exemple « la non congruence entre le genre de naissance et le genre vécu » ou encore l’importance de l’organisation d’un « parcours de transition » d’un sexe vers l’autre.

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Plusieurs passages de la circulaire témoignent de cette logorrhée et du climat intellectuel qui la dicte. Ainsi, par exemple, nous apprenons que l’école possède comme « finalité première » de « déployer des mesures générales et préventives » de « persévérance » des mineurs « en questionnement sur leur identité de genre », afin de lutter contre « la permanence d’idées reçues sur la transidentité » dans un « parcours de transition » non « linéaire », « indépendant de toute transition physique », concernant « l’usage des lieux d’intimité », etc. En langage clair, il s’agit de décider qu’un garçon qui se déclare fille doit accéder aux toilettes pour filles, sauf à ce que la direction de l’établissement soit transphobe.

De même, et de manière totalement contradictoire, il est prévu d’une part que, dès l’école primaire, seront mises en place « des mesures d’accompagnement individuelles, nécessairement élaborées en lien avec la famille », mais d’autre part que le principe de confidentialité impose de prendre les mesures sans aucune communication « avec les représentants légaux », sauf accord explicite de l’élève. En conséquence, si une gamine en classe de CE1 demande à être appelée d’un prénom de garçon sans autoriser à en informer ses parents, l’enseignant devra en même temps élaborer l’indispensable parcours de transition obligatoirement « en lien avec les familles », mais sans prévenir les familles ! Il s’agit donc ici d’appliquer une concertation sans concertation, basée sur une exigence d’information sans information.

En conséquence, si une gamine en classe de CE1 demande à être appelée d’un prénom de garçon sans autoriser à en informer ses parents, l’enseignant devra en même temps élaborer l’indispensable parcours de transition obligatoirement « en lien avec les familles », mais sans prévenir les familles !

Il devient facile ensuite d’imaginer les éventuelles actions judiciaires en responsabilité enclenchées par des parents mécontents à l’égard de l’école, quand ils apprendront que celle-ci à d’autorité féminiser leur fils de 7 ans ou masculiniser leur fille du même âge, sans même les en avertir. Cependant, pour toutes ces questions, le ministre de l’Éducation nationale a trouvé la solution parfaite puisque l’établissement pourra toujours « transmettre une information préoccupante à la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes », cellule aussi dénommée la CRIP.

La misère évidente de la forme d’expression se trouve doublée d’une misère intellectuelle qui, sur le fond, s’avère encore plus inquiétante. La théorie du genre nous arrive directement des « cultural studies » élaborées dans les universités américaines, elles-mêmes issues de la « french theory », c’est-à-dire de la pensée déconstructrice développée en France durant les années 1960 et 1970. Or Jacques Derrida, qui fut l’un des principaux maîtres à penser de ce courant, a reconnu explicitement dans ses écrits que la déconstruction constitue un moment de décadence de la conscience. En réalité, la déconstruction vise à démembrer la culture, à détruire l’intelligence du monde produite par la pensée occidentale, afin de l’autopsier comme on dissèque un cadavre. Il s’agit alors, au sens premier du terme, de s’offrir une phase d’inintelligence absolue dans le but de pouvoir objectiver les prémices de l’humanisme européen. Sur le plan purement intellectuel, une telle démarche peut éventuellement représenter un attrait pour ceux qui se délectent de l’art du maniérisme cérébral. Mais lorsque ce décadentisme conceptuel devient une doctrine de gouvernement, la catastrophe s’annonce.

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En effet, comment faire fonctionner une société déconstruite dans l’ensemble de ces fondements ? Il n’existe que deux solutions : soit y substituer un autre ordre civilisationnel, soit rester dans l’ère du vide. Or un nouvel ordre civilisationnel ne se décrète pas, et surtout pas dans un bureau ministériel. De plus, rien ne garantit que ce nouvel ordre soit meilleur. S’il s’agit uniquement de remplacer un système occidental relativement souple, mais accusé d’être trop hétéro-normé, par une tyrannie homo-normée ou trans-normée, il n’y a là aucune émancipation tout au contraire. Quant à l’autre alternative, celle de la fluidité absolue, celle du tout déconstruit, cela porte un nom. Il s’agit d’un monde anomique dont chacun sait qu’il engendre violences radicales, pulsions suicidaires, haine de soi et effondrement dépressif.

Voici l’école que nous promet Monsieur Blanquer.

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