Comment le lobby de l’avortement a raté son pari à la Conférence de Nairobi des 12-14 novembre

© Sommet de Nairobi

Sur le site d’information polonais wPolityce.pl, le président de l’ONG Ordo Iuris Me Jerzy Kwasniewski, dévoile les dessous de cette conférence qui a tenté sans succès de faire reconnaître l’avortement « sûr » comme un moyen de réguler les naissances et comme un droit humain reconnu par la communauté internationale. Il y avait de gros intérêts financiers en jeu.

 

L’organisation polonaise d’avocats et juristes Ordo Iuris était une des rares organisations pro-vie à avoir réussi à se faire inviter à la Conférence internationale sur la population et le développement (ICPD) organisée du 12 au 14 octobre à Nairobi, au Kenya, par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) ainsi que par les gouvernements du Danemark et du pays hôte.

 

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Kwasniewski explique comment les organisateurs de ce sommet ont tenté d’imposer un document final sans donner la possibilité aux États membres de le modifier pendant la conférence, comme cela avait toujours été le cas pour les conférences précédentes (comme à la fameuse Conférence du Caire, dont on célébrait le 25e anniversaire à Nairobi) puisqu’une majorité de pays n’acceptent pas l’idée d’un droit à l’avortement :

« Les organisateurs du sommet de Nairobi avaient décidé de changer complètement la méthode pour la préparation du sommet. Le document final a été préparé et approuvé par les organisateurs en septembre et il devait être simplement approuvé par les participants au sommet. (…) Le sommet ne devait durer que trois jours pour qu’il n’y ait pas de temps pour réfléchir sur le contenu du document. Mais d’un autre côté, la présentation du document en septembre a permis de réunir, sous le leadership des États-Unis et du secrétaire d’État Pompeo, un groupe de dix-neuf pays représentant plus d’un milliard de personnes. Ce groupe de pays s’est clairement opposé aux tentatives de redéfinition des droits de l’homme. (…) Le couronnement naturel de cette confrontation a été l’annonce par le Vatican, une semaine avant le sommet, qu’il ne participerait pas à ce sommet dans la mesure où ce n’était pas pour lui un sommet de l’ONU puisque le mode de préparation du document final ne respectait pas les règles de l’ONU. (…) »

 

Plus loin, l’avocat polonais explique le rôle joué par son pays :

 

« La diplomatie polonaise s’est jointe à la résistance contre la redéfinition, en y introduisant l’avortement, du programme du Caire [adopté en 1994, NDLR] dès le mois de septembre, quand Mark Pompeo a écrit au ministère de la Santé polonais pour lui demander de se joindre à l’opposition contre le document final qui avait été annoncé pour Nairobi. À ce moment-là, la Pologne puis la Hongrie ont rejoint cette coalition de dix-neuf pays. (…) On peut donc dire que même à l’intérieur de l’Union européenne il n’y a pas unanimité en faveur de changer le programme de l’ICPD du Caire ».

 

Kwasniewski explique aussi l’objectif concret poursuivi par les organisateurs de la Conférence de Nairobi :

 

« Il s’agit d’une agence de l’ONU, et le nombre de 170 pays qui participaient au sommet de Nairobi permettait aux organisateurs de prétendre qu’il s’agissait d’un sommet de l’ONU. Par ailleurs, et c’est le plus important, il y avait les engagements présentés toutes les deux heures par les différents pays pendant le sommet. Chaque pays avait 3 ou 4 minutes pour présenter ses engagements en faveur des objectifs du sommet, et l’idée était d’arriver à accumuler environ 300 milliards de dollars pour la réalisation de ces objectifs. Il s’agit de sommes qui seront gérés par le Fonds des Nations Unis pour la Population pour la réalisation du programme de l’ICPD telle que redéfini, et qui couvrirait donc cette fois l’avortement. D’où l’implication très forte, sous la forme de différents panels et conférences, de Planned Parenthood qui était responsable de conduire certains événements aux côtés de l’UNICEF ou par exemple d’un fabricant de pompes à vide abortives, car l’industrie de l’avortement devait être le bénéficiaire direct de la redéfinition du programme de l’ICPD du Caire en ouvrant celui-ci à l’avortement et en débloquant la somme énorme de 300 milliards de dollars.

Mais, premièrement, il n’a pas été possible de cumuler des déclarations pour 300 milliards de dollars et, deuxièmement, il n’a pas été possible d’obtenir l’unanimité qui aurait permis au Fonds des Nations unies pour la population de modifier ses programmes d’aide. »

Les pays qui se sont opposés à l’adoption du document final, et qui ne lui ont donc pas permis d’avoir valeur de document reconnu par l’ONU avec des conséquences sur la mission de Fonds des Nations unies pour la population, sont les États-Unis, la Russie, le Brésil, la Pologne, la Hongrie, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine, d’Afrique et du monde musulman

 

Olivier Bault

L'actualité polonaise vue de droite : facebook.com/bault.Pologne

obault@lincorrect.org

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