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Dave Rubin : l’art de la conversation

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Crédit : Sylvie Perez pour L'Incorrect

Aujourd’hui établi à Los Angeles, Dave Rubin n’a rien oublié des repas de famille à Brooklyn, les soirs de fêtes juives. Il aimait les conversations animées, les désaccords profonds et les réconciliations de fin de repas. En somme, la possibilité d’émettre des opinions divergentes. Cet ashkénaze de 42 ans, qui a commencé sa carrière dans le stand up, a fait de la liberté d’expression le principe du « Rubin Report », son talk show hebdomadaire, l’un des plus regardés sur youtube.

Le Rubin Report totalise 180 millions de vues depuis son lancement. Dave Rubin y reçoit historiens, figures médiatiques, juristes, économistes, mathématiciens… La chaîne youtube repose sur le financement participatif de ses fans (un million d’abonnés). Par ailleurs, Dave Rubin accompagne le psychologue canadien Jordan Peterson dans sa tournée mondiale et anime les conférences sur son best-seller 12 Rules for Life. Nous l’avons rencontré à Cambridge en Angleterre le 1er novembre. Courtois, accueillant, disponible, Dave Rubin nous a reçus dans sa loge avant d’ouvrir la conférence de Peterson devant 2 000 personnes.

Propos recueillis par Sylvie Perez

Pourquoi vous être focalisé sur la liberté d’expression dans le Rubin Report?

J’ai réalisé que la censure actuelle ne venait pas du gouvernement mais de cette culture de la peur qui envahit les réseaux sociaux et suscite l’auto-censure. Quand on commence à s’autocensurer, cela devient préoccupant. On peut penser ce qu’on veut de Donald Trump, il n’a jamais censuré personne. Regardez ce qui s’est passé avec la NFL (Ligue Nationale de Football américain)

Des joueurs mettaient un genou à terre pendant l’hymne national. Trump a déclaré qu’ils devaient être sanctionnés pour irrespect envers le drapeau et la nation. Ce sont les propriétaires des équipes qui ont eu le dernier mot: désormais, soit les joueurs se lèvent pendant l’hymne, soit ils restent au vestiaire. Chacun a eu son mot à dire, personne n’est parti en prison. Voilà un cas pratique intéressant.

 

Si elle ne vient pas du pouvoir en place, d’où vient la censure ?

Je me suis aperçu qu’elle venait de mon propre camp, des membres de la gauche américaine, qui vous traitent de raciste ou d’homophobe dès que vous n’êtes pas d’accord avec eux, sans discussion possible. L’insulte est leur seul argument.

 

 

Pour les plus anglophones d’entre nous

 

Vous avez contribué à populariser l’expression « gauche régressive »

Je précise qu’elle n’est pas de moi. Lorsque j’ai entendu Maajid Nawaz (un homme de gauche) utiliser cette expression, j’ai trouvé ça lumineux. Le terme cristallisait tout ce que j’avais pu observer autour de moi. On ne pouvait mieux décrire ce qui se passait: quelque chose pourrissait à gauche. Ils avaient beau se qualifier de progressistes, ces gens-là ne nous faisaient progresser en rien, ou alors peut-être, oui, progresser vers une société totalitaire effrayante.

 

Votre chaîne youtube n’est pas loin de fêter son million d’abonnés. L’audience dépasse-t-elle les ÉtatsUnis ?

Le gros des abonnés est aux ÉtatsUnis, à peu près 70 %. Ensuite viennent les Anglais. Canadiens et Australiens s’échangent la troisième et la quatrième place et, curieusement, en cinquième position, vient la Suède : c’est dire si la liberté d’expression est un sujet qui les préoccupe. Mais nous avons des abonnés dans le monde entier: France, Inde, Islande, Arabie Saoudite… Les gens cherchent une conversation dans un long format, qui ne soit pas hachée, ils ont envie de nuance.

C’est le principe du « Rubin Report ». Ça n’est pas mon style de préparer des questions pièges, du genre, j’ai deux questions gentilles et à la troisième je te coince. Je laisse ça aux chaînes de télé. Je n’aime rien tant qu’entrer dans le studio, on ferme la porte, on démarre les caméras et il se passe quelque chose. À part le nettoyage des quintes de toux, il n’y a aucun montage. Sauf une fois (sur 300 émissions) avec un invité qui disait vraiment n’importe quoi. J’avoue qu’on a coupé sans même le prévenir. Je ne vous dirai pas de qui il s’agit!

 

La gauche a inventé les olympiades de l’oppression. Dave Rubin

 

Plus besoin de la télévision pour devenir célèbre ?

Je dirais même qu’il vaut mieux éviter la télé si vous voulez exister. L’impact de youtube ou des podcasts est sans commune mesure. Le journal du soir, programme phare de la chaîne NBC, attire aux alentours d’1,4 million de téléspectateurs. En comparaison, certaines de mes émissions recueillent 3 à 4 millions de vues. C’est valable pour tout contenu numérique qui peut être visionné sur un téléphone. La télévision est hors-course. Aujourd’hui, les gens la regardent essentiellement pour s’endormir. C’est un dinosaure qui vit ses dernières années.

 

Quel est le profil type de vos invités?

On parle beaucoup de « free speech » mais aussi de l’effondrement du niveau dans les médias traditionnels, qui me semble un problème politique majeur. On aborde les sujets sensibles: immigration, mariage homosexuel, contrôle des armes, avortement, islamisme. Le profil type ? Des gens qui ont une pensée originale, à contre-courant. Certains invités s’imposent par leur actualité, comme James Damore, brillant ingénieur renvoyé par Google pour sexisme, Lindsay Shepherd, une étudiante canadienne qui s’est élevée contre la censure dans son université ou Coleman Hughes, un étudiant en philo qui écrit des choses passionnantes sur la discrimination positive.

 

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Vous avez reçu des universitaires licenciés pour ne pas s’être pliés aux politiques identitaires. Quel est l’impact de l’émission sur ces questions?

Le politiquement correct provoque des dégâts terribles. Il a contaminé le milieu académique au plus haut niveau. Il s’impose dans les entreprises. Mes invités offrent des outils pour combattre le phénomène, cela aide les auditeurs à avoir le courage de leurs opinions. Même si les biologistes Bret Weinstein et Heather Heying sont sans emploi depuis un an et demi, ils ont fait preuve de courage et leur attitude a inspiré beaucoup de gens qui se disent: « Ils ont pris un risque et ils ont survécu ». Bret et Heather ont survécu, James Damore a survécu, Lindsay Shepherd a survécu. Évidemment, la lutte est âpre.

L’émission avec Ayaan Hirsi Ali a nécessité des mesures de sécurité drastiques

Ayaan est une femme exceptionnelle. Si vous voulez savoir si quelqu’un a l’esprit clair, vous lui demandez ce qu’il pense d’Ayaan Hirsi Ali. Si dans la seconde, il ne vous dit pas toute son admiration, s’il commence à émettre des réserves, c’est mauvais signe. Cette femme représente tout ce qu’un individu libre peut aspirer à devenir. On a tourné l’émission dans un endroit secret. Menacée de mort par les islamistes, elle vit sous très haute protection.

Alors qu’elle se bat pour défendre les valeurs occidentales les plus fondamentales comme la liberté ou l’émancipation des femmes, la gauche moderne la hait. Ayaan a subi de violentes attaques de la part de l’activiste démocrate islamiste Linda Sarsour.

 

 

Est-ce à dire que les islamistes ont gagné la partie ?

Les islamistes ont signé une alliance diabolique avec la gauche. La gauche est devenue l’idiot utile des islamistes. C’est cette même gauche monstrueuse qui a inventé les olympiades de l’oppression. Dans leur système, les musulmans, pour leur couleur de peau, doivent monter sur le podium. Le plus déprimant, c’est qu’ils ont érigé le statut de victime au rang de vertu. Être victime n’est pas une vertu. Ce qui est vertueux, c’est de prendre sa vie en main. Bien sûr, on a toujours besoin d’un peu de chance pour y arriver.

Mais en Occident, et particulièrement aux États-Unis, on donne sa chance à chacun, d’où qu’il vienne. « Donnemoi tes pauvres, tes exténués / Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres »: c’est gravé sur le socle de la Statue de la Liberté. Tout le monde hait Trump, pourtant tout le monde rêve de s’installer aux États-Unis, personne ne quitte le pays. C’est un signe, tout de même. Si on était réellement l’épouvantable société patriarcale, le diabolique système capitaliste vilipendé en boucle, les gens fuiraient. Or, devinez quoi? Actuellement, 5 000 personnes parcourent des kilomètres dans l’espoir de venir s’installer aux États-Unis.

 

Le « Rubin Report » a eu plusieurs vies.

Mon émission était d’abord hébergée sur The Young Turks, une chaîne d’extrême gauche diffusée sur youtube. Je n’ai plus supporté l’atmosphère des Young Turks, que j’ai quittés début 2015 pour me retrouver pendant quelques mois sur Ryot. Mais ce n’était pas le bon support, aussi j’ai contacté Larry King qui m’a accueilli sur son réseau ORA en septembre 2015. Je l’avais interviewé plusieurs fois, je l’admire beaucoup.

Mon premier invité sur ORA a été Sam Harris. Ç’a été une révélation. C’était la première interview long format. Sam Harris m’a permis l’accès à d’autres invités comme Maajid Nawaz, Ayaan Hirsi Ali, Douglas Murray. Je me suis aperçu qu’ils étaient contents de trouver un endroit où développer leurs idées sans contrainte de temps. On est restés près d’un an sur ORA TV. Et en juin 2016, on est devenus indépendants.

 

A regarder : Eugénie Bastié passe au détecteur de L’incorrect

 

Quitter les Young Turks a été un tournant. Vous étiez Démocrate, vous ne l’êtes plus.

Je ne supportais plus de voir les journalistes de la chaîne insulter leurs opposants. C’est une forme de paresse intellectuelle. Ça n’est pas sérieux. Il y a eu deux moments déclencheurs pour moi. Le premier a été l’émission de Bill Maher, Real Time, sur HBO, dans laquelle l’acteur Ben Affleck a traité Sam Harris de raciste et d’islamophobe. À l’époque, je ne connaissais pas Sam Harris mais voir ce scientifique, qui était là pour parler de son livre sur la spiritualité, se faire insulter de la sorte m’a épouvanté.

Et puis il y a eu les tueries de Charlie Hebdo. Je me suis retrouvé sur un plateau de la chaîne en tant qu’invité. Le journaliste expliquait qu’il ne fallait pas se moquer de l’islam. Je lui ai répondu qu’il ne défendait pas les valeurs de son propre camp. L’idée que dans un pays comme la France, avec une telle tradition satirique, on puisse proscrire certains sujets était impensable. L’Occident est en train de renoncer à ses libertés au profit de peuples qui n’attendent qu’une chose : nous les confisquer. C’est insupportable.

 

À propos de l’intolérance de la gauche, vous n’avez pas de mots assez forts, vous parlez de purge, de massacres. C’est si violent ?

Ils purgent les libres penseurs, ça n’est pas une exagération. Osez vous opposer aux politiques « identitaires » [N.D.L.R.: communautaires] – que je tiens pour la plus sérieuse menace contre l’Occident – et vous serez éliminé de la scène. Si c’était un parti tolérant, ils accepteraient que certains parmi eux militent contre l’avortement. Or on n’a pas le droit d’être Démocrate et contre l’avortement. Ce qu’ils détestent au-dessus de tout, c’est quand un membre d’une « minorité » s’exprime à l’encontre de la doxa. C’est pour ça que la gauche hait Ayaan Hirsi Ali.

Qu’une femme noire ose les contredire, c’est inadmissible. Même chose pour Candace Owens. Ils répètent à l’envi: « On est pour les homosexuels, on est pour les femmes, on est pour les musulmans ». Mais ça n’est pas une preuve d’ouverture d’esprit, c’est un signe de stupidité. Ça ne veut rien dire « être pour les femmes ». Les femmes ont toutes sortes d’opinions, les homosexuels ne pensent pas tous la même chose. Il faut se battre pour l’égalité devant la loi, mais ça n’est pas ce que veut la gauche. Elle veut que les gens soient traités différemment selon leur couleur de peau ou leurs pratiques sexuelles. Cela va à l’encontre de tout ce que défend l’Occident.

 

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En mai dernier, vous avez donné une conférence à l’Université du New Hampshire.

Ça n’a pas été une mince affaire… J’étais invité par Turning Point Usa, une association d’étudiants de droite. J’ai exposé mes opinions à propos de sujets qui ne sont pas dans la ligne de Turning Point: je suis pour le mariage homosexuel, pour la légalisation du cannabis, contre la peine de mort, pour le droit à l’avortement. Ils m’ont laissé parler, ils m’ont écouté avec attention, ils m’ont applaudi. Seulement, 30 % de perturbateurs d’extrême gauche s’étaient pointés pour me faire taire.

 

Pourtant vous n’êtes pas d’extrême droite…

Défendre la liberté d’expression est devenu un marqueur d’extrême droite. Le fait que je sois juif, homosexuel et marié à un homme aggrave mon cas. Je suis un vendu, c’est encore pire ! Parmi les agitateurs, une étudiante n’a pas hésité à m’expliquer que mes ancêtres victimes de l’holocauste « devaient se retourner dans leur tombe ». L’une des personnes qui m’invectivait s’est avérée être une transexuelle prof d’études de genre à l’université. Un prof d’université qui vous empêche de parler! Puis les perturbateurs se sont mis à chanter, ils ne voulaient pas débattre, ils proféraient des incantations, des cris. Vous avez face à vous des gens qui ressemblent à des robots. Ils ont dans le regard quelque chose qui se rapproche étrangement de la haine. Peter Boghossian parle de « religion séculaire »: ces activistes croient en leurs idées, au sens religieux du terme. Seulement, la religion offre la rédemption. La gauche post-moderne n’a pas prévu cela. Vous êtes condamné, surtout si vous êtes un homme blanc ou, pire, un homme blanc catholique.

 

Défendre la liberté d’expression est devenu un marqueur d’extrême droite. Le fait que je sois juif, homosexuel et marié à un homme aggrave mon cas. Je suis un vendu, c’est encore pire ! Dave Rubin

 

Avez-vous jamais été censuré par youtube ou twitter?

Je ne sais pas. Il semblerait que Twitter pratique le shadow banning [N.D.L.R.: le « bannissement secret » est une façon de censurer des tweets sans que leur auteur s’en aperçoive ; les contenus apparaissent sur son compte mais ne sont visibles par personne d’autre]. James O’Keefe a publié quelques vidéos dans lesquelles des ingénieurs de twitter disent utiliser cette méthode. Parfois des gens me disent qu’ils n’arrivent pas à accéder à certaines vidéos, ou qu’ils ont été désabonnés de ma chaîne. J’en ai parlé à youtube mais je n’ai pas de réponse. C’est peut-être juste un bug. La technologie est un aspect crucial du « free speech ».

 

Vous avez reçu Peter Thiel, figure de la Silicon Valley, lui aussi très attaché à la liberté d’expression. Pensez-vous que puissent émerger des plateformes alternatives à twitter, youtube, facebook?

Un certain nombre de personnes puissantes sont conscientes qu’il y a un problème et s’intéressent à la question. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Ce sont des inventeurs, des ingénieurs, des investisseurs. Ce serait quand même mieux de ne pas avoir l’État qui s’en mêle.

 

Lire aussi : Jordan Peterson, l’anti-BHL

 

En 2018, le Rubin Report a fédéré le Dark Web Intellectuel, groupe informel de personnalités que réunit leur défiance vis-à-vis des politiques identitaires. Vous en attendiez beaucoup. Où en êtes-vous ?

Tout a commencé avec Joe Rogan et moi-même. On a reçu ces personnalités venant d’horizons variés, le biologiste en exil Bret Weinstein, son frère le mathématicien Eric Weinstein, la féministe Christina Hoff Sommers (philosophe et auteur du blog vidéo The factual feminist), le docteur en neurosciences Sam Harris, le réformateur musulman Maajid Nawaz, le psychologue Jordan Peterson. Ils développaient tous des idées qui méritaient d’être entendues et étaient largement ignorées par CNN et les médias dominants.

Tout cela était très informel jusqu’à la parution d’un article dans le New York Times sur le dark web intellectuel. Aujourd’hui nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut poursuivre l’aventure. Le dark web intellectuel va-t-il devenir un think tank, un parti, un réseau, une plateforme alternative à youtube, un groupe de conférenciers en tournée ? Tout est possible. On en parle beaucoup ensemble.

 

 

Vous avez commencé votre carrière dans le stand-up. On a parfois l’impression que l’ironie est un exercice risqué. Pensez-vous que l’humour soit menacé ?

Il n’y a aucun doute là-dessus. Les comiques sont censés grossir le trait, aller toujours trop loin. Prenez Don Rickles, il apostrophait tout le monde dans la salle, il se moquait du Juif, du Noir, de l’Irlandais, de l’Italien. Et tout le monde repartait de là avec le sentiment d’appartenir à ce grand ensemble qu’est l’Amérique. Maintenant vous avez des redresseurs de torts qui viennent dans les comedy club pour filmer avec leur téléphone et vous dénoncer sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui George Carlin que je considère comme le plus grand comédien de stand up, serait hué sur les campus des universités. Voilà quelqu’un qui a joué avec tous les stéréotypes.

 

Néanmoins, vous remontez sur scène

Ironie du sort, maintenant que cette activité est devenue secondaire pour moi, je fais salle comble dans tous les clubs où je suis programmé ! Après tant d’années à me battre devant des salles à moitié vides… Mais j’aime beaucoup ça. Je joue avec le public, je fais venir en guest stars des collègues du Dark Web Intellectuel.

 

Jordan Peterson, c’est une rencontre importante ?

J’ai rencontré Jordan Peterson il y a seulement 2 ans. Je l’avais invité dans mon émission. Le soir même il donnait sa première conférence à « L’Orpheum », à Los Angeles. Sous forme de boutade, je lui ai dit: « Voulez-vous que je fasse l’ouverture. Je ferai rire le public ? » Il a dit banco. C’est un immense privilège de l’accompagner dans sa tournée mondiale. Chaque soir il aborde des sujets différents. Il croit profondément en ce qu’il dit. Si vous passez plusieurs mois sur les routes avec lui et que vous n’en sortez pas changé, alors je ne sais pas ce qui pourra vous changer !

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