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Éditorial de Jacques de Guillebon : La France dans le noir

Le numéro 47 est disponible depuis ce matin en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. Voici l'éditorial du numéro, par Jacques de Guillebon.

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© L'Incorrect

Il ne s’agit pas de désespérer Saint-Germain en Laye, mais quoique la droite paraisse en ordre de bataille, quoiqu’elle culmine dans les sondages, entièrement additionnée à près de 50 % des suffrages dont plus de 35 % pour l’extrême droite (le terme est sous notre plume élogieux), s’est-on réellement interrogé : quel est son, quel est notre projet ?

Nous sommes parmi les peuples de la terre libre les plus déchristianisés, c’est-à-dire les plus déspiritualisés, cartésiens et voltairiens que nous nous croyons comme si c’était une fierté

Au risque de se répéter et de lasser – mais l’enjeu est trop grand – la République n’a pas de mystique et change tout en politique (en tout cas, depuis 1880, si l’on suit notre maître Péguy). Mais c’est bien le sujet, nous rétorquera-t-on, la politique. Cependant, si l’on s’accorde avec un autre maître, Maurras, il faut bien constater que la République est le régime qui réclamant le plus de vertu y pousse le moins. Alors que, pour conclure avec le maître des maîtres, Aristote, la fin du politique, la recherche du Souverain bien, est la vertu et partant la jouissance spirituelle. Or, accoudés au bastingage de notre grand rafiot perdu sur son erre, voyons-nous que nous entoure un océan de spirituel et de mystique ? On nous propose bien la suppression du permis à points, la destruction des éoliennes, la remise en cause de la suprématie du droit européen, des TER qui arrivent à l’heure, des polices municipales réarmées, un échelonnement de la dette, une flat taxe, des places de prison, last but not least le contrôle aux frontières, une belle remigration des familles et la sûreté pour tous. C’est beau, mais ce n’est pas très profond. Que voulez-vous que nous y fassions, nous dira-t-on encore, les besoins primaires du peuple sont le pain et la sécurité. C’est bien possible – même si la droite semble généralement manquer le premier, toute affairée qu’elle est à baisser les charges et à relancer la croissance.

Mais une fois que nous aurons satisfait à ces nécessités, où irons-nous ? Ce n’est certainement pas le pape François, ni nos évêques dont généralement le dos tremble qui nous seront d’aucun secours pour réveiller l’âme de ce peuple, réchauffer son cœur et le ramener à sa piété. Bébert de Maubeuge se fout bien du petit Jésus, et la course de motocross occupe parfaitement son dimanche matin, respect gardé à lui.

Lire aussi : Éditorial de Jacques de Guillebon : À Éric Zemmour

Alors quoi ? Une fois encore, il faut constater que nous sommes parmi les peuples de la terre libre les plus déchristianisés, c’est-à-dire les plus déspiritualisés, cartésiens et voltairiens que nous nous croyons comme si c’était une fierté – alors que bientôt nous ne saurons même plus envoyer une fusée dans l’espace ni construire un réacteur nucléaire qui ne fuit pas. Petit pays rétréci nous le sommes bien, mais non comme l’entendent les mondialisateurs : rétréci du bulbe spirituel, sans foi, sans idéal, sans transcendance, c’est la revanche de Viviani qui doit bien jouir dans son enfer de ces lumières qu’il a éteintes dans le ciel de la ville-lumière et qu’on n’a toujours pas rallumées. Personne n’a trouvé le bouton, et soyons clairs, parmi Marine Le Pen, Xavier Bertrand, Michel Barnier ou même Éric Zemmour, y en a-t-il un qui sache comment étancher notre soif d’idéal ?

Si lourde tâche qu’on ne saurait leur reprocher de ne savoir comment procéder. Au moins, pourrait-on commencer d’y songer.

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