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Éditorial de Jacques de Guillebon : Sous le canon du temps

Le numéro 55 est disponible depuis ce matin en kiosque, par abonnement, et à la demande sur notre site. Voici l'éditorial du numéro, par Jacques de Guillebon.

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© L'Incorrect

Bruits de guerre, climat qui se détraque comme un lecteur du Coran, agressions quotidiennes en tout genre, hausse des prix, pompes en délire, chute du bitcoin, hôpitaux saturés quand ils ne sont pas en grève, absence de majorité parlementaire, pluie de sauterelles – ah non, pardon. Mais presque. L’ère nouvelle du nouvel Adam, Emmanuel Macron, est bien loin derrière nous. La chute est venue, comme toujours inattendue, comme toujours brutale, comme toujours définitive. Nul doute que les affaires, comme ils disent, continueront : elles continuent toujours et sont faites pour ça, puisqu’abstraites fondamentalement de toute morale, sueur et sang du pauvre qui se ramassent en des océans de misère. Mais surtout, pire, c’est la décivilisation, notre grande affaire en réalité, qui continuera : qui peut croire que Pap Ndiaye ou pas, l’école de nos enfants demain se réformera ? Qui peut croire que les mœurs de nos barbares de contemporains, pourris d’écrans, de pornographie, d’horoscopes débilitants, d’Hanouna de tout poil, qui n’ont plus ouvert un livre tant soit peu compliqué depuis dix lustres, s’amélioreront dans les années qui viennent ? Non, les croyances bâtardes, mélange infect de science déifiée et de naïveté confondante, prolifèreront chez nos compatriotes, cancer développé sur le dos de la vérité au nom de la liberté. « J’ai le droit », cacarde l’homme dans ses habits neufs de complotiste, certain que son brouillard mental est signe de curiosité, tel le Colomb naviguant sur des mers d’herbes vers l’Amérique prochaine.

De gauche à droite, et du centre à l’extrémité, de haut en bas, on se suffit de jouir des derniers restes d’une civilisation dont l’on connaît encore moins les latitudes que les Grecs celles de l’Atlantide

Mais non. Les décennies de la modernité, ou de ce qui a pris sa place, se succèdent, se déroulent et aucun signe à l’horizon d’un quelconque salut. L’autre Pape, celui de Rome, tout à son affaire de migrants de nature sanctifiés, semble avoir à son tour oublié de nous guider et paraît méthodiquement détruire tout refuge de foi et de vie chrétienne : aujourd’hui, les tradis, et demain ? Les abbayes bénédictines ? La Trappe ? Les Chartreux ? Comme si rien de sain ne pouvait subsister dans un monde qui semble avoir fait profession de s’étrangler lui-même, de ses propres mains. On l’a déjà si souvent cité ici, mais recommençons jusqu’à ce qu’on l’entende vraiment, c’est-à-dire que l’on parvienne à se changer vraiment : Bernanos tenait que la véritable preuve de l’existence du péché originel n’était pas le mal que l’on peut faire aux autres, mais celui que l’on s’inflige à soi-même, signe que l’Homicide depuis le commencement du monde s’est infiltré dans nos cœurs et dans nos esprits. Que constater d’autre pour notre époque ? Tout ce qui était beau, ou paraissait tel, fait l’objet d’une censure systématique, subit les assauts d’une entreprise générale de démolition. Nos héros ? Ils n’en étaient pas, mais des salauds. Nos saints ? Des hystériques déguisés. Nos châteaux ? Des symboles d’asservissement. Nos églises et nos chapelles ? Des lieux d’endoctrinement et d’abêtissement des masses. Nos philosophes ? Des idéalistes égarés. Nos écrivains ? Des porcs. Nos pères ? Des violeurs. Nos sœurs ? Des putes en puissance. 

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Dans ce cauchemar éveillé, la voie droite paraît perdue. Le premier qui dit la vérité est passé par les armes, ou au minimum viré, exclu. De gauche à droite, et du centre à l’extrémité, de haut en bas, on se suffit de jouir des derniers restes d’une civilisation dont l’on connaît encore moins les latitudes que les Grecs celles de l’Atlantide.

Encore une fois, quand le canon du temps a fait feu si brutalement sur nous, il s’agit de tenter de vivre, c’est-à-dire de tout recommencer : se rééduquer soi-même à chaque seconde qui passe, enseigner son frère, sa sœur, son voisin, sa voisine, avec tous les moyens à notre disposition. Retrouver la loi naturelle sous l’artificialisation de ce que l’on croyait être notre sol et qui se dérobe sous nos pas. Ce journal que vous tenez peut-être entre les mains aura tenté, peut-être en vain, de défricher la voie droite depuis cinq ans. Fasse le ciel qu’il puisse continuer encore.

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