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Enquête : la différence entre un Premier ministre et un chef d’État

Le 12 octobre, le candidat Emmanuel Macron a dévoilé son « plan France 2030 ». À l’aise sur le terrain du financement des entreprises, le chef de l’État a annoncé vouloir investir 30 milliards pour la réalisation de dix objectifs. Décidé à réindustrialiser la France, le président a soigneusement évité les sujets qui fâchent et égrené une liste de moyens, comme l’eut fait un Premier ministre. Enquête.

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© Capture d'écran YouTube - Élysée

Le Plan France 2030 détaille les enjeux qui feront l’objet de soutiens publics. Il y en a dix et c’étaient déjà à peu près les mêmes sous François Hollande, ce qui est assez logique car le chef de l’État était déjà au pouvoir. Ces sujets sont la production de médicaments, d’hydrogène, de voitures électriques et d’avions bas-carbone, la décarbonation de l’industrie, la modernisation de l’agriculture, la culture et l’exploration spatiale et océanique. En soi, ces idées sont bonnes. Mais elles présentent toutes des faiblesses structurelles, qui sont parfois suicidaires.

En premier lieu, tous les objectifs du Plan sont défensifs. Soit ils répondent à des demandes politiques décorrélées des marchés, soit ils courent après nos concurrents, sans jamais chercher à anticiper ou précéder les autres (excepté la production d’hydrogène). Par exemple, la volonté de produire en France deux millions de véhicules électriques ou hybrides sert à ne pas se laisser distancer par les marques étrangères. Rappelons que la France a produit en 2018 plus de 2,3 millions de voitures, et moins d’un million en 2020. Le plan ne sert qu’à réparer une partie des dégâts liés à l’enfermement des gens. Autre exemple : le président souhaite investir des centaines de millions dans des studios de production d’images. Mais ce n’est que « pour rester dans la partie » et non pour la gagner. Dans le spatial, il veut financer des lanceurs « réutilisables »... jugés inintéressants il y a moins de 36 mois.

Lire aussi : Enquête : la Rencontre des jeunes Européens, ou l’UE au service du progressisme

Par ailleurs, le plan 2030 n’est qu’un empilement de mesures déjà votées. Par exemple, le président a annoncé le 12 octobre 2021 dans le plan France 2030 qu’un milliard d’euros d’ici 2030 sera alloué aux petits réacteurs nucléaires innovants, soit 125 millions par an. Or, la loi de finances 2020, votée fin 2019, leur prévoyait déjà 125 millions. Et le plan de relance annoncé le 3 septembre 2020 leur attribuait 470 millions sur deux ans. [...]

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