Skip to content

Enquête : Pourquoi les médias français sont-ils une créature de la gauche

Par

Publié le

25 mars 2021

Partage

On ne compte plus les indignations du Monde ou de France Inter contre les audiences vertigineuses de CNews et de l’affreux succès d’Éric Zemmour. On les comprend : pour une corporation créée par la gauche, le changement est rude. Enquête.
Meurice

Le marché des médias représente en France près de 30 milliards d’euros, tout compris. Si vous enlevez les achats de matériel, et que vous regardez le marché de la production et de la distribution de contenu, le chiffre est plus proche de 25 milliards, dont l’État représente 24%. Notre administration dépense 6 milliards d’euros dans l’audiovisuel, l’équivalent de deux porte-avions par an. Pas étonnant que le groupe France Télévisions soit le plus gros producteur de programmes en France, mais aussi le plus gros employeur. Il n’existe aucun secteur économique où l’État soit à ce point présent, excepté l’éducation. Même dans l’industrie d’armement, la sphère publique n’est pas aussi puissante.

Lire aussi : Enquête : Quand les villes de gauche subventionnent les thèses progressistes pour 1,2 milliard d’euros

Prenez les écoles de journalisme. Sur les 20 membres du conseil d’administration du CFJ, le Centre de Formation des Journalistes, l’une des meilleures écoles du domaine, 25% travaillent pour des médias de l’État et 35% pour des médias privés largement subventionnés par l’État. Donc, 60% de la gouvernance du CFJ est issue du secteur public ou cofinancée par le public, et les autres administrateurs sont leurs fournisseurs. Cette proportion est identique ou supérieure dans les Écoles Supérieures de Journalisme (ESJ), sans parler des Sciences Po. Les journalistes grandissent dans un bain où le mode de pensée et les références émanent de la fonction publique, et où l’État garantit l’avenir.

Le directeur général délégué de l’information chez TF1 est un Sciences Po ayant brillé chez France TV et I-Télé. Son collègue de France Télévisions est un pur produit de la maison après un diplôme d’une école de journalisme. Chez M6, une curiosité nous attend. Le directeur de l’information, également en charge de RTL, a réalisé toute sa carrière dans cette radio. Nous trouvons sur CNews un autre sujet d’étonnement. Son directeur de l’information démontre qu’il n’a pas peur des sauts dans le privé, où il a passé la moitié de ses expériences. C’est lui qui héberge Eric Zemmour en ce moment. Sur BFM TV, le patron est une star qui a acheté deux GPA pour 200 000 $ aux États-Unis, et l’a revendiqué dans un livre en forme de défi, qui n’a donné lieu à aucune suite du Parquet.

Les titres de grand chemin les plus libres appartiennent à ceux qui le moins besoin de l’État, comme la famille allemande Mohn (propriétaire de RTL), la famille Bettencourt (L’Opinion) et le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa (Valeurs actuelles)

Au sommet de la pyramide se trouvent le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et les propriétaires des groupes de presse. Les administrateurs du premier sont nommés par l’État. Leur candidature doit rassembler un consensus minimal, gage de personnalités lisses. Quand aux 10 milliardaires qui se partagent 90% de la presse quotidienne, la majorité d’entre eux (groupe Dassault, Xavier Niel, Patrick Drahi, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère) sont actifs dans des domaines très régulés par l’État (télécommunication, défense, BTP, etc.). Finalement, les titres de grand chemin les plus libres appartiennent à ceux qui le moins besoin de l’État, comme la famille allemande Mohn (propriétaire de RTL), la famille Bettencourt (L’Opinion) et le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa (Valeurs actuelles).

La présence supermassive de l’État au sein des médias aboutit à des effets pervers. Les Français ont aussi peu confiance dans leurs journalistes que dans leur personnel politique. Des reporters payés 20% de plus que des smicards se font agresser dans des manifestations. Il est temps d’envisager la réintroduction des journalistes dans leur milieu naturel, celui de la vraie vie.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest