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Fausses nouvelles du futur : Trisoland vaincra

Les startups peuvent-elle faire de la politique ? La question ne semble pas être un problème pour Bruno Collonges, le fondateur de Trisoland®. Cet entrepreneur de 25 ans, porteur de trisomie21, assume le caractère subversif de son projet : « Je veux donner une patrie à ceux que la société considère comme des anormaux ».

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© DR

« Rambo 21 ». C’était le surnom de Bruno Collonges à l’école. Ce révolté, dont le cœur bat du même sang que les saints et les conquérants n’a pas volé son surnom. Les épaules épaisses, un mètre quatre-vingt, le regard franc, ce fils de sportifs de haut niveau (une mère judokate et un père karatéka) dégage un charisme de frondeur idéaliste. Un « anarchiste de l’ordre dans un monde de désordre », aime-t-il à se définir. C’est en lisant Primo Lévi en bande-dessinée et l’histoire du mouvement sioniste sur YouTube qu’il a pris conscience que « nous baignons depuis la naissance dans une culture eugéniste génocidaire », mais « qu’il est toujours possible de lutter contre l’iniquité institutionnalisée ». « Plus de 54 % des trisomiques ont subi un avortement sélectif en Europe », s’indignait-il gravement, lors de notre rencontre dans l’incubateur qu’il a fondé dans un ancien hôtel particulier du marais, « La Station Vingt-et-Un ».

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34 entreprises y sont hébergées et sont toutes portées par des handicapés, venus de tous les horizons : asperger, nains, aveugles, personnes en fauteuil roulant ou en surpoids, neuro-atypiques, gauchers… Agroalimentaire, services à la personne, informatique, sécurité : presque tous les secteurs économiques sont concernés. Même les plus surprenants. Simon, 18 ans, trisomique lui-aussi, défend par exemple un projet de « lance-chouquettes au chocolat afin de créer de l’obésité morbide chez les méchants ». Ces entrepreneurs sont accompagnés par des coaches issus des meilleurs cabinets de stratégie. Édouard Gordes témoigne : « J’ai passé quinze ans chez Roland Berger. Après un burnout, j’ai hésité entre le wicca et le wokisme. Heureusement, j’ai croisé la route de Bruno qui m’a démontré par A + B que tous ces mouvements étaient un ramassis de flaques ». De flaques ? « De flaques de chiasse ». Les wokes avaient pourtant tenté un rapprochement, au nom de « l’intersectionnalité ». [...]

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