Skip to content

Fondation du RPR : quand le gaullisme disait son nom

Par

Publié le

5 décembre 2022

Partage

En décembre 1976 naît le RPR, qui dominera la droite française pendant les vingt-cinq prochaines années. Ce grand mouvement populaire entièrement dévoué à Jacques Chirac s’affirme d’abord comme un continuateur fidèle de la tradition gaulliste. Avant de la trahir par opportunisme électoral.
chirac

Le 5 décembre 1976 ont lieu à porte de Versailles les assises nationales de l’UDR, le parti gaulliste, en présence de 50 000 militants. L’événement est orchestré par Jacques Chirac, l’homme fort du mouvement. L’homme, Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing lorsque ce dernier est élu en 1974, vient de démissionner de son poste à l’été 76. Le chef du gouvernement ne supportait pas l’absence de liberté imposée par le chef de l’État.

Lire aussi : Charles Millon : « Jacques Chirac était un homme enraciné »

Le 5 décembre, il s’agit de transformer un parti de notables, l’UDR – et de notables parfois hostiles à Chirac depuis sa trahison du candidat gaulliste Chaban-Delmas en 1974, justement pour rejoindre la candidature de Giscard – en grand mouvement populaire totalement acquis à la cause de son chef. Le but est clair : créer une machine de guerre électorale qui amènera le Corrézien sur le perron de l’Élysée en 1981. Sur la forme, il s’agit d’une rupture avec l’esprit du gaullisme. En effet, depuis l’après-guerre, le général avait toujours pris ses distances avec le mouvement qui le soutenait, se voulant l’homme de la France et non d’un parti. Pompidou avait, avec des nuances, adopté la même attitude. Chirac, rattrapé par les réalités de la vie politique moderne, s’assume comme l’homme du RPR, un mouvement totalement dévoué.

Sur le fond par contre, les instincts profonds du gaullisme sont réaffirmés. Après un certain tournant européiste et libéral de Pompidou, d’ailleurs mentor politique de Chirac, le RPR affiche sans pudeur un discours à la fois national et sceptique face au capitalisme. Sur le plan économique, à la fois par fidélité aux idéaux gaullistes originels que pour se démarquer du président, Jacques Chirac en appelle inlassablement à une troisième voie entre économie de marché et socialisme, professant un « travaillisme à la française ». Sur la CEE, la perspective d’une Europe des nations est affirmée comme la seule souhaitable, face aux tenants élyséens du fédéralisme. L’appel de Cochin, prononcé deux ans plus tard, en décembre 1978, dénonçant « le parti de l’étranger » qui choisit l’Europe contre la France et « consent à l’idée de l’abaissement » de cette dernière, laissera le souvenir le plus vif de ce patriotisme exigeant du premier RPR.

Les résultats désastreux du RPR aux élections européennes poussent Chirac à recentrer son discours

Cette fidélité au gaullisme ne durera pas. Cette ligne ferme conduit à la diabolisation de Chirac par une presse de gauche dont les méthodes favorites n’ont pas changé. « Et si Chirac c’était Vichy ? » titre Le Monde en février 1979. Les résultats désastreux du RPR aux élections européennes poussent Chirac à recentrer son discours. En 1981, c’est un candidat libéral et modéré sur la question européenne qui se présente aux suffrages des Français. Sans succès. Mais ce reniement des valeurs originelles du gaullisme se poursuit pourtant, et culmine en 2002 quand le RPR se fond dans l’UMP, parti qui inclut les descendants centristes de Giscard que Jacques Chirac avait férocement combattus.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest