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Frédéric Le Moal : « La Finlande et la Suède ont peur de la Russie »

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a incité la Suède et la Finlande à voter massivement en faveur de leur adhésion à l’OTAN. Protection légitime et fiable ou escalade des tensions et nouvelle invasion ? L’historien des relations internationales Frédéric Le Moal nous éclaire sur les conséquences de cette décision.

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Les Parlements de Suède et de Finlande ont récemment voté à une large majorité en faveur d’une adhésion à l’OTAN. Quelles peuvent être les implications de ces décisions ?

Nous assistons là à une vraie révolution géopolitique dans le sens où la Suède quitte un statut de neutralité auquel elle est très attachée. Elle a été une grande puissance au XVIIe siècle pour devenir un État neutre durant les deux guerres mondiales et qui a eu le sentiment d’être protégée par cette neutralité des horreurs du XXe siècle. Elle avait suivi cette ligne durant la Guerre froide alors que les circonstances la forçaient à choisir, bien que son système soit occidentalisé. Il en est de même pour la Finlande, qui n’a cependant pas du tout la même histoire. La Finlande est une ancienne province russe qui a pris son indépendance après la Première guerre mondiale. Elle a été envahie par les Soviétiques en 1940. On lui a cependant imposé, à l’issue de la Seconde guerre mondiale, un statut de neutralité. Un mot en a découlé : la finlandisation, qui désigne l’imposition de la neutralité lorsqu’un pays est tiraillé entre deux blocs. La neutralité de la Finlande a été la condition de la Russie.

Les deux pays ont une frontière avec la Russie : la Suède à l’extrême-nord et la Finlande sur 1340 kilomètres. On a vraiment deux révolutions par peur de la Russie. Ces décisions marquent une crainte. Elle s’explique historiquement pour la Finlande. Il est tout à fait normal que les pays de la frontière est, historiquement comme géographiquement, aient cette crainte. Ils ont régulièrement été envahis et parfois martyrisés par la Russie. C’est, de leur point de vue, logique et légitime.

Cette volonté d’adhésion a-t-elle des chances d’aboutir ?

À l’heure où nous parlons, le projet a des chances d’aboutir. En effet, un seul pays a émis des réserves à ce sujet : la Turquie. Il faut l’unanimité pour élargir l’OTAN. Or, si les réticences turques tombaient, ces pays intégreraient l’OTAN. [...]

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