Votre livre est divisé en trois parties : un constat, des solutions existantes et une proposition. Est-ce que vous ne faites pas le travail que l’État refuse de faire ?
Est-ce que l’État refuse de le faire, ou est-ce que l’État l’a déjà fait et refuse de le soumettre à la population ? Je pense que tout homme normalement constitué doit arriver au constat et à la solution que je préconise ! L’État l’a certainement tenté, mais c’en est resté là.
D’où vient cet échec de la part de l’État selon vous ? Qu’est-ce que vous avez mis en avant et qu’eux n’ont pas réussi à voir ?
Est-ce que l’État a intérêt à ce que les choses changent ? Voilà la question. Si l’État souhaite garder la situation actuelle et mettre le couvercle sur la marmite, on espère vaille que vaille que les événements ne vont pas soulever le couvercle à un moment donné. Ça veut donc dire continuer le saupoudrage financier, continuer à ne pas voir ce qui se passe réellement, continuer à faire des promesses sans les tenir. Poursuivre une politique de l’autruche en fait.
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Vous proposez une solution autre que la répression contrairement à beaucoup de candidats. N’est-ce pas un peu utopique ?
Le terme répression ne me semble pas être le bon. Vous ne pouvez pas uniquement agir sur le volet répressif. Il faut tendre la main en plus du volet sécuritaire dont j’ai fait un audit quartier par quartier. J’essaie de le mettre en exergue mais, parallèlement, il faut un volet social ! Et pas comme il est envisagé aujourd’hui ! Un volet social massif, où l’État reprend la main, car l’État ne l’a pas aujourd’hui. L’État laisse les cités être gérées par la politique de la ville, les départements, les communautés de communes, etc. Il n’y a pas de vision claire et nette de ce qu’il faudrait faire, raison pour laquelle il faut un volet social avec un objectif derrière.
Parmi les propositions des candidats…
Je ne vois aucun candidat qui ait proposé quelque chose ! À part Valérie Pécresse qui a dit qu’il fallait reprendre le Kärcher, aucun n’est allé au fond.
La fin de l’immigration est-elle une solution pour éviter la situation dans les banlieues ?
Imaginez une baignoire qui se remplit d’eau. Si on n’arrête pas le robinet, la baignoire sera toujours remplie. Moi, je vide la baignoire, mais cela prend du temps ! Comment arrêter le robinet, ce n’est pas mon problème. Ce qui m’intéresse, c’est que l’eau puisse être filtrée vers la bonne canalisation. C’est une réinsertion. Les jeunes qui sont là sont des Français qui veulent s’intégrer. Pour moi, l’assimilation, c’est intégrer tout le monde par une voie qui mène vers la France.
« Les gens des banlieues vont apporter une connaissance du milieu et les militaires qui vont apporter le sens de la Nation, le sens de l’État et de la France »
Emmanuel de Richoufftz
Ce que vous prônez, c’est donc une réinsertion dans la Nation par le social ?
Tout à fait ! Mais un social différent. Je préconise un certain nombre de voies qui n’ont pas encore été envisagées.
Quelle est votre idée-phare ?
Déjà, il faut avoir des formateurs, des gens qui prennent le taureau par les cornes. Formation, c’est réapprentissage du français, insertion dans la vie active, etc. Il faut un cursus cohérent : on prend les jeunes entre 10 et 30 ans pour avoir un cursus complet. Bien évidemment, il y aura des jeunes qui ne souhaiteront qu’aller dans l’entreprise et pas dans l’armée, mais il faut un continuum que l’on n’a pas aujourd’hui ! Je pense qu’il est extrêmement important d’avoir un encadrement qui a une double facette : il faut que cela vienne des meilleures associations de quartiers et en même temps des militaires ayant quitté le service actif et qui veulent avoir une deuxième voie sociale.
Ainsi, les gens des banlieues vont apporter une connaissance du milieu et les militaires qui vont apporter le sens de la Nation, le sens de l’État et de la France. Cela permettra un amalgame sain en inscrivant la formation dans le temps, avec l’aide de l’armée qui apporte son concours pour tirer la population vers le haut.
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Mais alors, qu’est-ce que ces jeunes de banlieue peuvent apporter ?
Le bénéfice, c’est qu’on soit tous Français. On ne peut pas se permettre d’avoir une France à 36 vitesses : la France des cols blancs qui traitent les problèmes actuels et une France qui est à la ramasse derrière parce qu’on ne lui a donné ni l’espoir, ni les clefs pour rentrer dans la vraie vie. Je crois beaucoup à ces jeunes que j’ai côtoyés. La plupart ont envie de s’en sortir, de connaître la France et de se sentir en confiance et aimés.
Revenons sur la lettre des généraux. Les Français l’ont majoritairement appréciée. Est-ce que la classe politique l’a bien comprise ?
Pas du tout. Nous n’avons eu aucun soutien, ce qui prouve bien que nos hommes politiques ont les yeux rivés sur l’immédiateté et ne voient pas les problèmes aux moyen et long termes. La réinsertion des jeunes de nos banlieues et l’intégration de nos banlieues à la France, le retour de ces banlieues qui font sécession, ça n’a pas l’air de les interpeller.
Avant qu’il ne soit trop tard, Emmanuel de Richoufftz, Michel Lafon, 125p., 12€






