Gilbert Collard : « La fondation du Qatar finance les œuvres des frères musulmans en France »

© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Le député Gilbert Collard a déposé ce matin à l’Assemblée Nationale une proposition de résolution « tendant à la création d’une communauté d’enquête sur le financement du prosélytisme islamiste et de la propagande islamiste par un état étranger ». Cette proposition se base en grande partie sur les dernières révélations du nouveau livre Qatar Papers – Comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe.

 

 

En quelques mots, quel est le but de votre proposition de résolution ?

Réunir une commission d’enquête afin de trouver comment la fondation du Qatar finance les œuvres des frères musulmans, voire au-delà.

À Lille, ils ont essayé d’acheter l’école Averroès comme on achète l’aéroport de Paris

Comment expliquez-vous que malgré l’opinion publique les élus fassent si peu pour lutter contre le financement probable du terrorisme par le Qatar ?

Vous avez des villes où il s’agit d’implanter des lieux de cultes. Par conséquent, il y a de l’électoralisme dans l’air. Vous voyez Lyon, Lille… À Lille, ils ont essayé d’acheter l’école Averroès comme on achète l’aéroport de Paris.

 

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Êtes-vous réellement optimiste sur vos chances de succès ? Après tout, on a l’impression que tout le monde est d’accord sur ce sujet mais que rien ne se passe …

Non ! Là je crois qu’il faut être très optimiste. Vous avez vu que ce livre est une enquête de deux journalistes très sérieux, et apparemment les preuves à l’appui sont telles que beaucoup de médias, beaucoup de personnalités, en particulier du monde de la presse et de l’édition, commencent à soulever le problème. Je pense qu’il y a un vrai problème sur ces milliards déversés de façon militante par la famille royale. Les gens s’aperçoivent qu’ils sont dupés. Je ne suis pas sûr que les maires cette fois-ci y trouvent réellement un intérêt électoral.

 

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N’oublions pas non plus que toute cette amitié Franco-Qatarie date de Nicolas Sarkozy. Il y a donc aussi des partis dans cette affaire qui sont amis de la cause. Je vous rappelle que c’est Sarkozy qui a révoqué le recteur de Lyon Alain Morvan pour s’être opposé à l’ouverture d’un lycée extrêmement suspect.

 

Le combat n’est-il pas d’abord culturel avant d’être juridique, étatique ou financier ?

Il est avant tout informationnel. Quand vous regardez l’affaire Benalla, elle a éclairé les Français sur certaines pratiques bien avant que les protagonistes se retrouvent en justice.

 

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pierre.valentin98@gmail.com

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