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Julien Bayou, une gauche qui n’a pas peur du ridicule

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Publié le

23 mai 2022

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Alors que le patron d’EELV Julien Bayou va bientôt fêter son troisième anniversaire à la tête du parti, L’Incorrect s’est penché sur son parcours, d’ancien squatteur à politicien ne craignant pas le ridicule.
Bayou

30 novembre 2019. Julien Bayou se félicite devant les partisans d’EELV à Saint-Denis. L’homme de 39 ans vient d’être élu Secrétaire national du parti avec 92,6% des voix. Dans son discours d’investiture, l’une de ses premières pensées va à sa famille : « Merci à mes parents qui m’ont donné le goût de l’engagement et de la désobéissance. Et de la fanfare ! Mon père était fanfariste, ma mère était porteuse de valises pour le FLN algérien » clame-t-il sous les applaudissements. Vanter les actions d’une mère qui a agi contre la France pendant la guerre d’Algérie, voilà un discours qui témoigne du terreau politique dans lequel l’écolo a grandi.

À gauche depuis l’enfance

Ses propos le confirment, les convictions de Julien Bayou viennent en grande partie de ses parents. Son père a l’air d’une personnalité hors norme, successivement architecte, guérisseur et fanfariste. Sa mère, elle, a un profil plus politique : militante d’extrême gauche, « vrai maoïste », elle a donc agi activement pendant la guerre d’Algérie dans le camp du FLN. Quant à son grand-père, c’est un ancien député-maire socialiste de Cessenon-sur-Orb : Raoul Bayou.

C’est dans ce cadre marqué très à gauche que le jeune homme s’intéresse à la politique, ce qui le mène sur les bancs de l’Institut d’études politiques de Strasbourg puis de Paris. Julien Bayou obtiendra également un DEA en économie internationale, et des diplômes dans le domaine juridique, notamment un certificat d’aptitude à la profession d’avocat en 2020.

Naturellement, dès le début de sa carrière professionnelle, Julien Bayou s’engage à gauche. De 2005 à 2008, il est chargé de mission pour l’Afrique au sein de Coordination SUD, la coordination française des ONG de solidarité internationale. Cinq ans plus tard, il s’investit aussi au sein d’Avaaz.org, une ONG qui lutte contre le changement climatique.

À 29 ans, Julien Bayou cofonde le collectif Jeudi noir qui squatte des immeubles pour attirer l’attention de la presse

Militant-squatteur

Mais c’est surtout dans le militantisme que le jeune homme se fait remarquer. Il mène un grand nombre d’actions qui vont forger son caractère qu’il décrit comme « radical et festif ». À 29 ans, il cofonde le collectif Jeudi noir qui squatte des immeubles pour attirer l’attention de la presse. Leur méthode est simple : choisir un appartement loué à un prix trop élevé et débarquer à 15 ou 20, déguisés, avec de la musique funk et des confettis. Julien Bayou va participer fin 2012, à l’une de ces actions au 2 rue de Valenciennes : « On fait les marioles pour obliger à parler d’un sujet récurrent que les journalistes ne traitent que s’il y a une actu » explique-t-il. Le « mariole », il sait le faire : un article du Journal du Dimanche rappelle qu’il est connu à l’époque pour manifester en costume de Superman avec des pectoraux rembourrés.

Défenseur de la justice sociale, Bayou s’engage aussi dans la lutte pour l’égalité homme-femme dans les entreprises, puis lance en septembre 2015 le site Aiderlesrefugies.fr avec Anne-Cécile Mailfert afin de « lister toutes les initiatives pour faciliter l’aide en faveur des réfugiés ».

Son parcours politique prend une autre dimension au moment où il entre chez Europe Écologie – Les Verts, lors de l’élection régionale de 2010. Étonnant pour quelqu’un qui critiquait les partis politiques, disant détester les « drapeaux qui s’agitent dans les meetings » et qui critiquait « un embrigadement formel et intellectuel ». Il devient pourtant le porte-parole d’EELV en décembre 2013, au côté de Sandrine Rousseau. Il est candidat à plusieurs élections, dont les régionales de 2015 en Île-de-France, finalement remportées par Valérie Pécresse.

Lire aussi : Burkini à Grenoble : l’islamo-gauchisme en action

Un secrétaire national EELV qui n’a pas peur du ridicule

Le 30 novembre 2019, il est désigné secrétaire national, ce qui témoigne de sa montée en puissance au sein du parti. « C’est un grand honneur et une grande responsabilité de conduire notre mouvement. On a besoin de tout le monde pour mener la révolution de velours dont la planète a besoin. Nous n’avons plus le temps d’être médiocres » assure Julien Bayou, ému. Depuis cette date, Julien Bayou a multiplié les prises de positions aussi risibles que polémiques.

Le 18 novembre 2020, suite à de violentes manifestations contre la loi « sécurité globale », il s’indigne sur Twitter : « Le pays se fissure. Images horribles de lynchage de policiers à Bastille. Il ajoute : « La violence policière impunie qui abîme la confiance de la population. Le gouvernement nous entraîne dans une spirale qui ne peut que mal finir. Retirez la loi #PPLSecuriteGlobale ». L’affaire aurait pu s’arrêter là mais le terme « lynchage » a retenu l’attention d’Amandine Gay, actrice, réalisatrice et militante Black Lives Matter. Commence alors une séance d’éducation pour le patron d’EELV. La militante lui enseigne que l’usage de ce terme par des personnes blanches conduit à effacer « l’expérience et les souffrances des personnes noires, à inverser la réalité ». Elle dit agir « pour mettre fin aux violences systémiques contre les personnes racisées » et conclut en attaquant EELV, un parti « suprémaciste blanc ». Insulté, Julien Bayou acquiesce gentiment : il remercie Amandine Gay pour son « explication de texte argumentée », et s’excuse platement pour cet affront.

Julien Bayou se dit favorable, le 17 novembre 2021 au micro de Franceinfo, à « une régularisation de tous les sans-papiers. C’est un enjeu de dignité humaine pour ces personnes »

Par ailleurs, à l’occasion des élections régionales de 2021, les écologistes créent une série de visuels pour inciter les électeurs de gauche à aller voter. Car « Les boomers eux, ont prévu d’aller voter » ! Après le tollé qu’a provoqué le message, Julien Bayou s’explique en écriture inclusive. Il affirme ne pas avoir validé le visuel, qu’il avait pourtant relayé lui-même sur les réseaux sociaux. Autre polémique : Julien Bayou se dit favorable, le 17 novembre 2021 au micro de Franceinfo, à « une régularisation de tous les sans-papiers. C’est un enjeu de dignité humaine pour ces personnes ». Il certifie que ça permettrait « d’augmenter les salaires pour tout le monde, car ces personnes sont, malgré elles, utilisées pour une sorte de dumping social ». Donc selon Bayou, régulariser les immigrés permettrait d’augmenter les salaires de toute la population, un argumentaire proprement ridicule.

On pourrait continuer encore longtemps à lister ses prises de positions : distribution de vélo à tous les lycéens, soutien d’un référendum sur le bien-être animal, légalisation du cannabis, etc.

Dernière, il déclarait au micro de RMC que le gouvernement d’Élisabeth Borne était un signal « à droite toute » synonyme d’« inaction climatique ». Une remarque fort pertinente au vu des profils de Pap Ndiaye (ministre de l’Éducation nationale), d’Olivier Dussopt (ministre du Travail, du plein-emploi et de l’insertion) ou encore de Brigitte Bourguignon (ministère de la Santé), tous issus de la gauche.

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