IRAK : Fragmentations Kurdes

Moins d’un mois après la tenue d’un référendum au Kurdistan irakien, le 25 septembre sur l’indépendance (93 % de oui), les forces irakiennes ont repris en un peu plus de 24 heures aux combattants kurdes la majeure partie des territoires qu’ils avaient conquis dans la foulée de l’offensive des djihadistes de l’État islamique. Minés par de profondes divisions et rattrapés par la realpolitik, les Kurdes voient leurs espoirs d’indépendance voler en éclats.

L’ultimatum adressé à Erbil trois jours plus tôt aura eu raison de la volonté de Bagdad de laver l’affront. Le 16 octobre, les troupes de Bagdad, épaulées par les milices pro-iraniennes des Unités de mobilisation populaire, ont lancé une vaste opération dans les territoires contrôlés par les peshmergas. Objectif : obtenir le retrait des forces kurdes qui occupent le terrain depuis l’été 2014 et y redéployer l’armée nationale. Profitant de la débandade de l’armée irakienne face à l’offensive des djihadistes de l’EI en juin 2014, les combattants kurdes avaient fait main basse sur la ville de Kirkouk riche en pétrole et ses environs, ainsi que sur des localités situées dans les provinces de Ninive, Diyala et Salah ad-Dine. Grâce à une alliance tactique entre le gouvernement du Premier ministre irakien Haidar al Abadi et l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), grande rivale du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) au pouvoir à Erbil, les forces gouvernementales se sont rendues maîtresses de la ville de Kirkouk quasiment sans combattre, au grand dam du président Massoud Barzani et de son clan (…)

Journaliste

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