Le 19 novembre 2019 dans la forêt de Retz, dans l’Aisne, Elisa Pilarski, une jeune femme enceinte âgée de 29 ans, est retrouvée morte. Elle avait fait une hémorragie à la suite de violentes morsures canines, alors qu’elle promenait Curtis. Ce chien appartenait à son compagnon et père de son enfant, Christophe Ellul. La société de vénerie Le Rallye la Passion sortait ses chiens pour une chasse à courre dans le même temps et non loin des faits. Sans preuve aucune, les veneurs et leurs animaux ont été largement calomniés par de nombreuses personnalités anti-chasse, profitant de cette triste histoire. Au total, 67 chiens potentiellement coupables sont mis en examen, afin de se faire examiner par des experts.
Bien entendu, l’association Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA) saute sur l’occasion pour calomnier la chasse à courre et ne se prive pas d’accusations infondées, médiatisant largement de fausses informations. Seulement trois jours après les faits, alors qu’aucune expertise n’a été ouverte au public, Rémi Gaillard twittait à l’adresse d’Emmanuel Macron : « Des morsures de chiens de chasse à courre, dressés pour tuer, seraient à l’origine du décès. On continue longtemps à se faire enculer par tes potes chasseurs ? » Les coupables présumés sont donc dénigrés et accusés aux yeux de tous, l’affaire est relayée et tout le monde y va de son propos, comme La France insoumise par exemple, et évidemment Hugo Clément, Brigitte Bardot… Cette dernière a même adressé une lettre à Elizabeth Borne : « Une jeune femme enceinte s’est retrouvée prise pour cible par la meute de chien de l’équipage de chasse à courre Le Rallye la Passion (…) suspendez immédiatement toute autorisation de chasse à courre pour cette saison ».
« La chasse à courre tout entière, et au-delà l’ensemble des chasseurs, ont été traînés dans la boue, traités de meurtriers et jetés en pâture sur les réseaux sociaux »
Personne dans l’affaire ne semble prendre en compte le fait que Curtis est un chien sans-papiers, introduit des Pays-Bas de manière illégale en France. S’il est interdit, c’est parce que les American Pitbull Terrier sont des chiens agressifs et dangereux. D’ailleurs, même son maître l’avait qualifié sur Facebook d’« incontrôlable », pour justifier la muselière que l’on voyait sur la photo, au cas où « ça dérape », et ajoutant qu’il « vaut mieux être prudent ». Sans compter le fait que Curtis était un chien dressé à l’agressivité, comme on peut le constater dans certaines vidéos où le molosse est sportivement entraîné par ses propriétaires, ou encore dévore une roue de voiture. Malgré cela et les objections des veneurs, les médias se déchaînent.
Pourtant, tel est le verdict rendu enfin public un an plus tard par les experts : « Le chien Curtis est l’unique auteur des morsures ayant causé le décès. (…) Les mâchoires des chiens de chasse à courre présents en forêt ce jour-là sont incompatibles avec les lésions retrouvées sur le corps d’Elisa ». Le constat des vétérinaires est sans ambiguïté et aurait dû mettre un terme à toutes les incertitudes qui auraient pu encore subsister : « Le doute n’est plus permis » affirme Guillaume Demarcq, l’avocat du Rallye la Passion. La société de vénerie s’empresse d’ailleurs d’adresser sa compassion à la famille de la victime, et réagit aux mensonges proférés sur son compte : « La chasse à courre tout entière, et au-delà l’ensemble des chasseurs, ont été traînés dans la boue, traités de meurtriers et jetés en pâture sur les réseaux sociaux » disent-ils, ajoutant que « jamais aucun accident corporel humain n’a été relevé » de la part de leurs chiens qui sont qualifiés d’affectueux.
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Quelques jours plus tard, le 3 novembre, des analyses génétiques viennent corroborer ce qu’ont déjà exprimé les vétérinaires chargés de l’affaire, et le lendemain, Christophe Ellul est mis en examen « pour avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité […] involontairement causé la mort », explique un communiqué du parquet. Le compagnon de la jeune femme décédée s’obstine à nier les faits malgré l’évidence ; l’avocat d’Elisa réclame en janvier 2021 une contre-expertise qui est refusée par le juge d’instruction, en dépit du témoignage de cette bénévole du refuge de Beauvais qui accueillait Curtis, qui raconte qu’alors qu’elle le promenait, celui-ci l’a attaqué sans raison. Elle aurait peut-être subi le même sort qu’Elisa Pilarski si le vétérinaire du refuge n’étais pas venu à son secours : « Il m’a sauté dessus au niveau de la poitrine. Je le repousse et c’est à ce moment qu’il m’attaque au niveau de la jambe et ne veut pas me lâcher (…) La seule chose dont je me souvienne, c’est d’avoir hurlé et de m’être dit qu’il allait me tuer ». Le 4 mars , le propriétaire de Curtis est finalement placé en examen judiciaire. Ce lundi 29 mars, une confrontation aurait eu lieu à huit-clos entre Christophe Ellul et la famille Pilarski. Après que le portable de la jeune femme a été étudié, d’autres fait incriminant Curtis seraient ressortis, témoignant selon la famille de la « mauvaise foi » du jeune homme : notamment un appel à l’aide d’Elisa quelques minutes à peine avant son décès et une réponse de son compagnon, preuve que ce dernier avait bien conscience de la dangerosité de son chien : « Je vais le piquer ».
À ce jour, aucune excuse ni repentance de la part de ceux qui avaient crié au scandale et exigé la fermeture des véneries, qui préfèrent se taire ou nier comme Hugo Clément tout propos accusateur à l’encontre du Rallye la Passion. Une fois de plus le mensonge aura fait plus de bruit que la vérité.





