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L’alcool, bientôt prohibé ?

Après le tabac, l’alcool. Le 4 juin, l’Inserm communiquait un rapport dans lequel sont exposés les ravages causés par l’alcool : de cette expertise collective découle un plan stratégique en vue de faire baisser la consommation des Français. Vincent Léglantier, vigneron en champagne, conteste cette stratégie.

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© DR

L’idée de l’étude serait d’inciter les Français à prendre conscience des dommages de l’alcool par un renforcement de la loi Evin, une campagne publicitaire et une éducation à la santé du grand public. Pensez-vous que les Français puissent réellement intégrer ces mesures comme ce fut le cas du tabac ?

On ne peut pas du tout comparer l’alcool au tabac pour la simple et bonne raison que ce n’est pas le même mode de consommation. On ne fume pas une cigarette de la même façon qu’on boit un verre de vin. Ne pas boire plus de deux verres de vin par jour est le discours tenu par les élus de la vigne et du vin. Tout ceux avec qui j’ai discuté depuis que le rapport est sorti sont d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas de la même chose : le plaisir, le partage ne sont pas les mêmes, ni le rapport à la culture, à la tradition, à l’histoire. Les Français y sont donc très attachés et je connais beaucoup de gens qui n’étant pas des consommateurs de vin considèrent tout de même que c’est l’image de la France.

Ces incitations ne feraient-elles pas réellement diminuer la consommation d’alcool, selon vous ?

Une diminution de la qualité certainement, mais pas de la quantité. Il faut imaginer les trafics illégaux parallèles qui se mettront en place, si l’on pousse l’idée jusqu’au bout. Pensons à la prohibition des années 20 aux États-Unis. Hormis pour Al Capone et autres gangsters qui ont mis en place des trafics illicites, ça n’a eu aucun effet bénéfique. Les personnes les plus aisées, elles, continuaient à boire du champagne, du bordeaux, du bourgogne et du vin de qualité alors que les populations les plus simples s’enivraient au vin frelaté, sans en limiter la quantité. Pour en revenir au tabac, les professionnels de santé ne cessent de dire que sa consommation a baissé en France, ce qui est relativement vrai mais ils se fondent sur la consommation de tabac acheté dans les réseaux traditionnels. Ils occultent totalement le tabac de contrebande et celui acheté dans les pays frontaliers. Il va se passer exactement la même chose si l’on augmente les taxes sur les produits alcoolisés.

Ce serait naïf de penser que les Français vont boire moins. Cette mise en place d’augmentation des prix du marché va avoir énormément d’effets pervers

En résumé, cela va créer une rupture entre les gens de classe élevée et les modestes. Les foyers les plus élevés vont continuer à consommer les vins de leurs choix alors que les autres devront revoir leur consommation à la baisse. Ce serait naïf de penser que les Français vont boire moins. Cette mise en place d’augmentation des prix du marché va avoir énormément d’effets pervers[...]

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