Skip to content

Le patriarcat ? C’est la paix !

Par

Publié le

24 juin 2022

Partage

Depuis les mouvements féministes modernes, la mode est faite : le patriarcat c’est la guerre. Le père serait intrinsèquement violent et un danger potentiel pour sa femme, ses enfants, ses employés, ses administrés, en clair pour la nation tout entière. Retour sur un concept qui génère l’hystérie chez certains écervelés.
famille

La modernité féministe utilise des réalités périodiques pour en déduire des fausses généralités. Oui, les pères du XIXe siècle étaient violents, ils avaient la mainmise sur toutes les décisions de leurs femmes et de leurs enfants. En partant de cet état de fait qui a bien existé, tout le monde pourrait s’en sentir choqué et comprendre absolument la création de mouvements dits « féministes ». Seulement voilà, le père du XIXe est-il le père en général ? N’est-il pas le produit de ce que l’on pourrait nommer « un patriarcat dégénéré »?

Le siècle de Zola est une conséquence directe de la Révolution française et de ses principes. En coupant la tête du roi, ce sont tous les pères de famille qui sont décapités comme l’a dit Balzac. Ils le sont symboliquement, certes, mais ils le sont aussi religieusement. La partie transcendante de la figure paternelle s’en est allée, il ne reste plus qu’une forme de pourfendeur d’autorité sans condition, un chéquier sur pattes. De ce fait, il y a ce que René Girard nommait une crise mimétique qui s’instaure dans la famille. Le désir n’étant plus contenu par le religieux, les deux figures familiales que sont le père et la mère vont s’entredéchirer dans une lutte à mort pour le pouvoir sur les enfants, sur les idées, l’éducation ; ou de nos jours sur les sorties ou la télécommande. Ne reste plus qu’une virilité contre une féminité, les mots de « père » et de « mère » n’ont plus leur place dans ce système indifférencié. C’est donc, logiquement, une dégénérescence d’un concept pourtant bien connu en France.

Lire aussi : Édito : qui a tué le père ?

Alors comment définir le patriarcat ? Voici la définition que nous proposons dans notre ouvrage Ce sang qui nous lie, le patriarcat c’est « un père dans la famille, un père pour la nation, un père au ciel ». Ces trois niveaux en concordance permettent à la fois l’absence de violence puisque chaque père doit rendre des comptes, réels ou symboliques, à celui du dessus ou de dessous, et parce que cette architecture oblige à la complémentarité. D’abord le père de famille, que serait-il sans la mère de famille ? Un homme oui, un père non. Ainsi, la symbolique de la croix semble adéquate pour définir cette union de deux supériorités. La partie verticale c’est le père, enraciné dans la terre de ses pères, dans son « pays », sa région. C’est la partie basse. La partie haute le renvoie, comme le dit saint Thomas d’Aquin, en lien direct avec Dieu le Père. Être un père c’est avoir une assise solide et ancrée, mais c’est aussi (et surtout) être un imitateur de Dieu notre Père. Pour faire une croix, il faut deux barres. Ainsi, la partie horizontale incarne cette fois-ci les choses plus « mater-iel ». La mère de famille est la reine du foyer depuis au moins le XIe siècle comme nous l’apprend la grande historienne Régine Pernoud. Elle gère les choses concrètes et matérielles, l’éducation des enfants, la transmission des mœurs, et en cela elle n’est pas inférieure au père. Elle est son complément. Il n’y a plus ici indifférenciation, mais incarnations. Avis aux virilistes à la mode sur internet.

Vers un retour du matriarcat ?

Le matriarcat – même s’il n’a jamais existé historiquement – c’est la possibilité du retour de la violence. Les communautés primitives, étudiées par les grands anthropologues tels Malinowski, nous décrivent des sociétés sans père incarné par le père biologique, et avec une figure forte : l’oncle maternel. Ce qu’on appelle une société matrilinéaire. L’étymologie du mot « oncle » nous montre d’ailleurs des résidus de ces mondes anciens puisque « onculus » désigne textuellement du « frère de la mère ». Girard, encore lui, nous explique que ces groupes sont en proie à des « crises sacrificielles ». La hiérarchie générale n’étant pas incarnée par les trois figures de pères (famille, nation, Ciel), l’indifférenciation s’étend et nous entrons dans ce que Hobbes appelait la guerre du tous contre tous. Pour en sortir, la désignation du bouc émissaire se portait souvent sur le chef de la tribu, souvent un homme. Si les féministes pouvaient le comprendre : ça n’est pas parce que nous sommes dirigés par un homme que nous sommes en patriarcat, il faut analyser les principes. Le matriarcat est intrinsèquement violent, n’en déplaise !

Lire aussi : Marc d’Anselme : « Sans père, les enfants souffrent de problèmes d’identité »

Ce constat fait, il ne doit pas dédouaner les hommes dans les violences conjugales actuelles. Quelques chiffres. Ainsi, en 2020 :

• 102 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire

• 23 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire

• 14 enfants mineurs sont décédés, tués par un de leurs parents dans un contexte de violences au sein du couple.

Il est question ici de « partenaire » et c’est bien le problème. Aujourd’hui, un partenaire peut être un homme ou une femme, les hommes meurent-ils sous les coups de leurs femmes ou d’un autre homme ? Les enfants sont-ils tués par leur père ou leur mère ? Si L’on creuse ces questions, une particularité nous saute aux yeux. De nombreuses violences faites par des hommes sur des femmes sont en réalité opérées par des beaux-pères, ou des conjoints après divorce. Ainsi, il faudrait différencier les pères des hommes. C’est le grand défaut de toutes les analyses actuelles, on confond le sexe (le genre comme on dit de nos jours) et la fonction. Il s’avère que moins les liens du sang existent entre un enfant et un homme, et plus la violence est possible. Ce cas typique est appelé par les spécialistes « l’effet Cendrillon », à savoir l’alliance d’un beau-père violent et d’une mère immature.

L’absence du père, dans le modèle d’incarnation que nous avons développé, est responsable de nombreux troubles psychiques chez les enfants.

Il est clair que nous ne sommes pas dans un monde classique, ces formes familiales sont des créations modernes. Dans tous les cas, un père qui violente son enfant ne se comporte pas comme un père. Le génie du lobby féministe est d’avoir inversé les conclusions, aujourd’hui un père qui ne bat pas son enfant serait une exception, ou un père féministe ‘ Chiffre à retenir : « Dans certains pays, le taux d’enfants battus à mort par leurs beaux-parents est 100 fois plus élevé que le taux d’enfants maltraités par leurs parents biologiques », ont armé les chercheurs, en se basant sur des données documentant les infanticides de 1974 à 1990 au Canada. « Le taux de maltraitances menant au décès concernait 2,6 enfants de moins de 5 ans sur un million, lorsqu’elles sont perpétrées par le père et 321,6 enfants sur un million quand les violences viennent du beau-père.» Finalement, le beau-père est le pendant moderne à l’oncle maternel primitif. Ce dernier est toutefois souvent présent dans les familles « monoparentales », pour jouer un rôle d’accompagnement masculin nécessaire à l’enfant. Les violences commises sur les enfants en bas âges sont d’ailleurs beaucoup plus le fait des mères que des pères. Qui le dénonce ?

La mort du père ?

L’absence du père, dans le modèle d’incarnation que nous avons développé, est responsable de nombreux troubles psychiques chez les enfants. Le lien entre délinquance, mauvais résultats scolaires, vie compliquée avec des cas de divorces, trouble de l’empathie est simple : c’est l’absence du père. N’oublions pas que le père est celui qui sépare, il sépare l’enfant de la mère et porte l’enfant vers le monde extérieur. Du « Je » mère-nourrisson fusionnel, l’enfant est invité à découvrir son « Je » personnel et à créer un « Nous » avec sa communauté. Le père peut aussi être « manquant » comme l’expliquait Guy Corneau. La figure étant présente, mais ne remplissant pas son rôle. La modernité est une sorte de possibilité à l’adolescence infinie. Cette « adulescence » étant la conséquence logique de l’absence de père à l’adolescence de celui-ci.

Lire aussi : Comment le droit français-a-t-il détruit la figure paternelle ?

La civilisation occidentale s’est construite autour de la figure du père, incarnation de la Loi et, nous l’avons vu, de la paix. En détruisant la figure du père depuis la Renaissance et jusqu’à la GPA en passant par mai 68, le mouvement moderne combat de fait la civilisation elle-même. Quand le père classique aura totalement disparu, ce qui en soi est sans doute impossible, alors la civilisation ne sera plus. La place sera toute faite pour des pseudos-civilisations virilistes comme l’est le néopaganisme européen, ou matriarcal comme l’est l’islam (l’islam n’est pas une religion du père, mais du groupe. On ne porte pas le voile par ordre du père, mais par ordre du clan. Le père, lui aussi, en est prisonnier). On pourrait d’ailleurs imaginer, demain, pour se débarrasser des féministes et des écolos féminisés, une alliance de principe entre un paganisme identitaire viril et la religion du clan qu’est l’islam. Entre les deux, la famille patriarcale catholique ferait de nouveau office de salut.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest