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Édito : ressusciter le père

Malmené depuis deux générations, le père occidental est en voie d’extinction. Faut-il le sauver et comment ? Grande enquête à retrouver dans le nouveau numéro de L’Incorrect.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

« Le père est mort, vive le père ! » pourrait-on crier. Sauf qu’avec la mort du père, point de relève et c’est la civilisation, la vraie, qui meurt avec lui. Comment en est-on arrivé là ? Comment le père est-il devenu dans l’inconscient collectif cette figure violente et méprisable par essence, qu’il faut abattre ou « déconstruire » ? Le patriarcat bourgeois dégénéré du XIXe, bâtard de la Révolution, a terni la figure sacrée du père. C’est bien pour se défaire de cette domination violente qu’ont émergé les mouvements féministes, qui plutôt que de rétablir l’harmonie des sexes apportée par le christianisme, ont dégénéré à leur tour.

L’homme devient un distributeur de semence, à l’usage de femmes qui s’affranchissent de tout contact avec lui pour se reproduire

La contraception féminine déresponsabilise l’homme de sa paternité, quand l’avortement lui permet de s’y soustraire. Le divorce, lui, le rend étranger à ses enfants et remplaçable à merci dans le lit conjugal. La famille « recomposée » devient une norme avec ses désastres inévitables comme la maltraitance et l’inceste. Les pères sommés de se déconstruire en tant qu’hommes, ne savent plus comment s’investir dans leur paternité, sont incapables d’incarner la figure d’autorité qu’ils devraient être. Déjà maîtresse de maison, la mère devient alors toute-puissante, dans le foyer comme en-dehors. L’enfant n’est plus coupé de sa mère, ni confronté au monde extérieur. Ne pouvant découvrir sa liberté, il deviendra un éternel adulescent irresponsable, incapable à son tour de fonder une famille et d’élever – au sens propre – une progéniture. Son statut de père devenu quantité négligeable, l’homme devient un distributeur de semence, à l’usage de femmes qui s’affranchissent de tout contact avec lui pour se reproduire. L’oncle maternel faisant, parfois, office de palliatif.

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La nature ayant horreur du vide, le patriarcat chrétien n’a pas laissé sa place vide très longtemps. L’État s’est engouffré dans la brèche. Plutôt qu’un père qui l’aime et l’élève vers sa liberté, l’enfant malchanceux n’aura que les éducateurs spécialisés et le chèque de la CAF pour s’en sortir. Quant aux zones où l’État est failli, c’est la cinquième colonne qui impose son fonctionnement tribal, clanique avec toute la violence détestable qui en découle. Les femmes découvrent la violence de dépendre d’un État ultra-centralisé pour survivre, sans protection aucune face aux hordes barbares, et appellent un père qui ne viendra plus les sauver.


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