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Le Président a-t-il perdu son doudou ?

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Le Président a-t-il perdu son doudou ? Telle était la question que je me posais après la diffusion du roman-photo de Soazig de la Moissonière présentant le chef de guerre mis en scène dans l’Elysée confiné par l’apocalypse provoquée par la fièvre du Yangtze. Apparaissant tristounet et touchant comme un enfant à qui on aurait piqué son goûter dans ces quelques clichés « volés » façon presse pipole, le Président semblait bien loin de son surnom de Jupiter.

 

Une petite blague innocente plus tard et voilà que les précieuses ridicules de la Macronie aux horloges déréglées me tombaient dessus comme une meute de courtisans à l’affût d’une tape dans le dos pour défendre l’idole. Branché dans les années 80 et débranché de la réalité, le pouvoir est nu quand il s’effraie plus de la peste satirique que de ce qui se passe dans les rues, les hôpitaux, les commissariats et les usines du pays. L’auctoritas est aujourd’hui détenue par de médiocres et tatillons hauts-fonctionnaires incapables d’avoir une vision globale. Quant à la potestas, elle est déclinée chez tous ceux qui « communiquent » et qui nous donnent à voir le monde tel qu’ils voudraient qu’il soit. Leurs tribuns de la plèbe s’appellent Hanouna et Michel Cymès et leurs censeurs manchots siègent à l’Assemblée nationale. Les uns construisent le cadre du macronisme et les autres peignent cette surface lisse qui prend si bien la lumière.
 

 

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C’est là qu’intervient Soazig de la Moissonière en sa qualité de photographe officielle du régime. Prompte à dégainer du « ok boomer » témoignant d’un âgisme grotesque ou à sortir la carte « misogynie réactionnaire » sans aucune raison, cet agent d’Ok Pravda n’avait pas même conscience de son ridicule quand elle se débattait pour protéger le Roi Thaumaturge de la fièvre des internets gauloisement réfractaires. Elle a été « touchée » par la grâce et les pouvoir curatifs du petit père la nation, qui pleure devant les photographes après s’être aperçu que nous n’avions pas les moyens techniques d’affronter la « grosse grippe » devenue fléau du siècle. Vous n’avez pas de masques et de médicaments ? Ceux qui ont appris l’art de la répartie au couvent des oies blanches ont des photographies du Président en costume serré de présentateur de télévision !

 

 

Il ne vous émeut pas ce Président qui n’aime rien tant que déguster un cordon-bleu à la cantine ? Vous n’avez pas une petite larme en le voyant la tête baissée, méditant sur l’état du monde ? Vous n’êtes pas saisi d’une exaltation patriotique quand il se dresse fièrement dans l’escalier de l’Élysée, entouré de ces petites mains de la grande machine étatique toutes concentrées pour la victoire finale sur Le Virus ? C’est un réflexe profondément maternel qui anime Soazig de la Poissonnière. Au juste, on pourrait même se demander si elle n’essayait pas de semer le trouble pour cacher son forfait. Elle a peut-être volé le doudou du Président, pour profiter de ses propriétés médicinales et s’en faire un masque de protection FFP2 puisque personne n’en a, pas même les cercles d’amis élargis de l’exécutif.

 

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Ils veulent être aimés. De tous. Intensément. Follement. Trop pour l’être pleinement. Le problème est qu’Emmanuel Macron tient plus du grand fils que du père. Ses sermons sonnent aussi creux que les images qui les illustrent.  Nous aurions même le devoir de ne pas en rire, de prendre cette gigantesque farce au sérieux. Le rire est pourtant la politesse du désespoir face à une France qui s’effondre, aussi régressive que bêtement « progressiste ». Leur progrès s’incarne dans des clichés jaunis et passéistes, des Sibeth N’Diaye et des Jean-Michel Blanquer qui sortent tout droit de mauvais épisodes de L’Instit. Bientôt des ateliers de fabrication de masques entre voisins ? Concluons donc cette digression sur les mamans par ces quelques vers du Suprême NTM, monsieur Joey Starr ayant bien mérité de la patrie en devenant le premier boomer du rap national : « Combien de temps tout ceci va encore durer. Ca fait déjà  des années que tout aurait dû péter. Dommage que l’unité n’ait été de notre côté. Mais vous savez que ça va finir mal, tout ça .La guerre des mondes vous l’avez voulue, la voilà.  Mais qu’est-ce, mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? »
 
 

 

Gabriel Robin
 

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