Ce n’est pas une victoire, c’est un triomphe. Viktor Orbán a été massivement réélu lors des élections législatives avec 53,5% des voix contre 34,6% pour l’opposition formée d’une coalition de six partis, mettant tout en œuvre pour le battre. Alors que de nombreux journaux et sondages prédisaient une difficile victoire du leader hongrois (Les Échos parlaient ainsi des « élections les plus difficiles de sa carrière »), le Premier ministre hongrois l’a largement emporté avec vingt points d’écart devant sa principale menace. Il dépasse de cinq points son score de 2018. Le parti d’extrême droite MHM (ancien Jobbik) a de son côté obtenu 6,3 % des suffrages, ce qui lui permettra de siéger à l’Assemblée nationale hongroise. Un mois plus tôt, les élections présidentielles avaient porté au pouvoir Katalin Novák, membre du parti Fidesz d’Orbán et ancienne ministre pour la Famille. Bien que ce titre ne soit qu’honorifique en Hongrie, cette victoire donnait à Orbán de bons espoirs de victoire, qui lui assure désormais d’être au pouvoir durant les quatre prochaines années. La participation a été de 68,7%, un score qui frôle le record de 69,7% atteint quatre ans plus tôt.
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En Hongrie, le mode de scrutin est le suivant : le scrutin est majoritaire à un tour avec 106 députés élu dans des circonscriptions et 93 par compensation, à la proportionnelle, seuls les partis ayant réalisé un score de plus de 5% étant comptabilisés. Ainsi, Orbán gagne deux sièges (135 contre 133 auparavant) et l’opposition en perd 4 (56 contre 60) tandis que le MHM en remporte 7, le dernier appartenant au mouvement Ensemble, coalisé avec l’opposition mais obtenant un siège séparé.
La campagne s’est largement déroulée sur les questions sociétales. Présentant le lobby LGBT+ comme une dégénérescence, Orbán a d’ailleurs adossé aux élections un référendum portant que les questions suivantes : l’enseignement sur les orientations sexuelles sans consentement parental ; la promotion chez les mineurs des traitements de changement de sexe ; l’exposition sans restriction des mineurs à des médias sexuellement explicites ; l’exposition des mineurs à des médias présentant des changements de sexe. Ce référendum a été décidé à la suite des désaccords entre la Hongrie et l’Union européenne, celle-ci ayant conditionné ses subventions au respect de l’État de droit… ce qui inclut les droits LGBT. Un prêt de sept milliards à la Hongrie avait ainsi été bloqué par Bruxelles. Le bras de fer se poursuivant, Orbán a choisi de contre-attaquer avec ce référendum dont les résultats ne sont pas encore connus, mais qu’on imagine favorable au Premier ministre.
Les médias étant très largement favorables à Orbán, l’opposition n’a eu que très peu de temps pour s’exprimer à la télévision
Le reste de la campagne a porté sur la question sociale et la crise ukrainienne. Avec un bilan économique positif, Viktor Orbán souhaite poursuivre son œuvre en augmentant le salaire minimum de 20% et en bloquant les prix de six produits de base pour lutter contre l’inflation: le sucre, la farine, le jambon, le blanc de poulet, l’huile et le lait. Par ailleurs, les médias étant largement favorables à Orbán, l’opposition n’a eu que très peu de temps pour s’exprimer à la télévision, Facebook étant de son côté envahi par le parti Fidesz. De son côté, Peter Marki-Zay se disait favorable à la zone euro, souhaitait faire de la Hongrie un paradis fiscal et contre-attaquait sur les questions sociétales en accusant Orbán d’être gay. Anti-immigration lui aussi, il accusait le Premier ministre d’organiser celle-ci pour se faire réélire.
Sur la crise ukrainienne, la position d’Orbán était compliquée à assumer alors que son pays dépend massivement du gaz russe. Opposé aux livraisons d’armes à l’Ukraine, il avait cependant condamné l’invasion en s’alignant sur sept autres pays de l’UE et en proposant d’y intégrer l’Ukraine. Il a par ailleurs été l’un des premiers à organiser l’accueil des réfugiés.





