Skip to content

L’ère des radicalités : vers une démocratie d’affrontements ?

Marquée par le retour du fait partisan et de la radicalité, la démocratie est en passe de devenir le théâtre d’affrontements entre des camps irréconciliables. Au point de devenir ingouvernable ?

Partage

© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Depuis quelque temps, la démocratie française fait l’objet d’un regain d’hostilité qu’on ne connaissait plus depuis longtemps. Les débats gagnent chaque jour en agressivité à cause de ce tout-venant que sont les réseaux sociaux ; l’accès généralisé à l’information alimente les discours complotistes qui, fondés sur la fronde systématique du pouvoir plus que sur la quête de vérité, accouchent déjà d’une génération d’insoumis; les manifestations, quelle que soit leur motivation, sont devenues la routine de nos samedis après-midi; non plus seulement brandi comme menace, le recours à la violence est revendiqué, quand il n’est pas mis en pratique par l’extrême gauche ; l’émotion tend à se substituer au droit comme mode de régulation des rapports sociaux ; le champ du dicible politique s’ouvre et les camps se radicalisent, la droite par un discours identitaire et populiste, la gauche avec ses lubies woke ou antispéciste ; les politiciens sont ballottés par les événements et à la remorque des agissements de quelques-uns; l’ombre de la guerre civile étend inlassablement ses ailes. S’il est un indéniable constat à dresser en cette nouvelle époque, c’est le grand retour du fait partisan.

Lire aussi : Démocratie : et si le modèle venait de Suisse ?

De fait, ces vingt dernières années ont été une lente mais sûre sortie du consensus libéral établi dans les années 1990 après la chute du mur de Berlin, le même qui pensait avoir fait advenir partout l’individualisme consumériste et la rationalité marchande. C’était la fin des grands affrontements idéologiques au profit de la très consensuelle et managériale administration des choses. Le modèle de la démocratie parlementaire avait finalement maté les passions de la foule, modèle incarné en France par la continuité des politiques de l’UMPS au-delà des alternances apparentes. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Partage

En Kiosque
Rejoignez-nous

Newsletter

Pin It on Pinterest