Lettre d’une paysanne bio à son Sénateur à propos de la loi bioéthique

@DR

Monsieur Emmanuel Capus
Sénateur du Maine-et-Loire

 

Monsieur le sénateur,

 

il y a quelques années, j’ai abandonné ma vie parisienne pour m’installer en Anjou comme maraîchère bio. Chaque jour, j’apprends à accepter ce que la nature m’apporte comme satisfactions et déceptions. J’apprends à accepter mes limites et celles de la nature avec comme seul projet de nourrir mon entourage (via une AMAP, un étal sur le marché de Saumur), d’organiser des formations pour apprendre l’autonomie aux familles (jardinage, cuisine etc.) et, avec toute ma famille, vivre avec, pour et par la nature.

 

Monsieur le sénateur, l’être humain est DANS la nature même s’il l’oublie en habitant en ville. Nous avons besoin de chaque plante, de chaque insecte, de chaque animal. C’est pour cela que je défends des méthodes de travail paysan même si elles se nourrissent aussi des progrès techniques et scientifiques avec une seule question : ces progrès respectent-ils l’homme et la nature dans leur intégrité et leur intimité ?

Monsieur le sénateur, l’être humain est DANS la nature même s’il l’oublie en habitant en ville.

Je refuse toute molécule de chimie de synthèse, tout travail du sol qui déstructurerait et détruirait la vie complexe de milliards de micro-organismes qui font sa richesse et fondent la base d’une alimentation saine. Je refuse toute manipulation du vivant : semences OGM, « viande » in vitro et tout procédé technique visant à soumettre l’homme à un système hors-sol qui le mènera à sa perte.

 

C’est pourquoi je suis profondément contre la loi « bioéthique » qui viendrait à manipuler l’humain comme nous avons déjà tant manipulé le vivant pour améliorer les performances agricoles, un modèle qui touche à ses limites aujourd’hui. Par notre activité, nous sommes en train de modifier dangereusement une partie des territoires (déserts, montée des eaux), faisant disparaître oiseaux, insectes… Et voilà que nous continuons à jouer les apprentis sorciers pour accéder au désir d’une minorité de personnes qui ne peuvent avoir d’enfants naturellement.

 

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Alors que notre planète brûle, si l’être humain n’est pas capable de reconnaître ses limites, il courra à sa perte et fera advenir  « Le meilleur des mondes » tel qu’Aldous Huxley l’a décrit dans toute son horreur.

 

Saurez-vous, Monsieur le Sénateur, reconnaître que nous ne devons pas céder à la tentation d’une science sans conscience érigée comme une nouvelle religion ou idéologie, et que l’homme et notre Terre ont des limites qu’il faut respecter, accepter et aimer ?

 

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire, Monsieur le Sénateur et vous prie d’agréer l’expression de ma haute considération.

 

F.L.

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