Macron et la théorie de l’édredon

Tout semble sourire à Emmanuel Macron : un second tour facile contre Marine Le Pen, une véritable razzia aux législatives (alors que beaucoup lui prédisaient une majorité relative, voire une chambre introuvable l’obligeant à une cohabitation) puis une rentrée sociale dans du coton, reléguant le leader de la CGT au rang des farces et attrapes.

 

Des affaires judiciaires sordides touchent certains de ses ministres les plus emblématiques ? Qu’à cela ne tienne, la présomption d’innocence n’est pas faite pour les chiens. Jupiter aurait-il une baraqua indécente ? Joueur épisodique à l’Euromillions, je ne crois que modérément au facteur chance et conteste le fait qu’il puisse s’inscrire dans la durée. La vérité est que le créateur d’En Marche ! était au bon endroit au bon moment.

Au cœur du pouvoir politique pendant quatre ans, après avoir côtoyé les puissants dans ses précédentes fonctions, Emmanuel Macron, bien entouré et non dépourvu d’intelligence, a su saisir l’occasion d’une fin de cycle pour prendre le pouvoir et tronçonner ces totems qui ont balisé ces décades post-soixantehuitardes. Ces totems syndicaux, associatifs, idéologiques, institutionnels considérés comme intouchables au risque d’envoyer leurs adorateurs dans la rue et de bloquer le pays.

Premier tir de semonce en direction des élus locaux : fin du cumul des mandats et suppression de la taxe d’habitation dans le prolongement de la baisse des dotations de l’État. Molle opposition.

Vient ensuite le passage en force de la loi travail par ordonnances : les centrales sont restées à la niche et le Grand soir syndical n’a été qu’un petit matin blême.

Troisième sacrilège opéré au grand jour : la hausse de 24% de la CSG pour l’ensemble des revenus en général et celui des retraités en particulier : ça a couiné deux minutes chez les séniors, puis une tisane et au lit !

Vache à lait mais aussi vache sacrée, l’automobiliste est un sujet habituellement sensible, à prendre dans le sens du poil. Déréglementation des PV de stationnement, augmentation des taxes sur les carburants et limitation de la vitesse à 80 km/h : tout est passé comme une lettre à la poste, les inconditionnels de la bagnole sont restés au garage.

La légalisation de la PMA et de la GPA pour les couples homosexuels, véritable boîte de pandore, serait un projet sociétal susceptible de réveiller l’hydre de La Manif Pour Tous, au risque de renvoyer la France conservatrice par millions dans la rue ? Pour parer le coup ont été mis en place les États Généraux de la bioéthique où de belles âmes vont venir s’épuiser à démontrer le caractère inique de la marchandisation du corps humain tout en donnant l’illusion d’un débat alors que les décisions sont déjà prises.

65% des français considèrent qu’il y a trop d’étrangers en France ? La loi Collomb sur le droit d’asile et l’immigration fait tout juste tousser dans les chaumières alors qu’elle prévoit un élargissement du regroupement familial, principal outil du grand Remplacement…

 

Lire aussi : loi asile et immigration : Collomb devrait s’inspirer du Danemark

 

Emmanuel Macron, en bon pragmatique et en vrai cynique, teste mois après mois le seuil de résistance du corps social français. Il continue à enfoncer le doigt, lentement mais sûrement puisque qu’il ne rencontre pas de véritable opposition. C’est la technique de l’édredon, mainte fois pratiquée par les enfants en recherche d’autorité parentale.

Le prochain ballon d’essai sera probablement l’octroi du droit de vote aux étrangers non communautaires dans le cadre des élections locales, après qu’aura été opérée une régularisation massive d’immigrés clandestins. Et c’est alors que sera posée la dernière pierre des fondations du nouveau monde voulu par cette minorité mondialiste, libérale et libertaire au pouvoir. Cette ultime transgression institutionnelle peut être considérée comme une solution de survie politique pour Emmanuel Macron qui reste un président mal élu conforté par une majorité à l’Assemblée nationale représentant à peine 16% du corps électoral. À l’instar de Trudeau au Canada, flatter le vote communautaire, et en particulier le vote musulman, peut donner l’illusion d’un vivier électoral abondant. Pour devenir à son tour otage des revendications confessionnelles de ceux qui feront et déferont les majorités.

Le prochain ballon d’essai sera probablement l’octroi du droit de vote aux étrangers non communautaires dans le cadre des élections locales, après qu’aura été opérée une régularisation massive d’immigrés clandestins.

Cette longue et patiente construction capétienne de la Nation française aura alors vécu quand la partition ethnique du territoire ressuscitera les potentats locaux. À l’unité nationale se substituera la balkanisation de l’hexagone. La pacification du pré carré relèvera alors de la quadrature du cercle.

 

Lire aussi : reportage : la charia est dans le pré

 

En politique, rien ne procède de la fatalité mais du choix des hommes fait en leur âme et conscience. Notre conscience est-elle encore transcendée et qu’en est-il de l’âme de la France ?  « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », apprenions-nous à l’école quand étaient encore enseignées les humanités. Le matérialisme ambiant, fruit du scientisme et du l’idéologie du progrès, a placé la conscience sous la tutelle du politiquement correct. Et que dire de l’âme française, si durement combattue par l’esprit révolutionnaire de 1789 et ses rejetons maçons ? « France, fille ainée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » interrogeait le Pape Jean-Paul II dans son homélie du Bourget le 1er juin 1980.

Le serment de Clovis a été le chapitre fondateur de notre roman national. En acceptant de transcender le pouvoir temporel, le roi franc a décidé, ainsi que ses descendants, de gouverner en âme et conscience.

Ce sursaut politique ne sera possible qu’après de nombreuses conversions personnelles et la formation de nos futurs dirigeants au beau, au bien et au vrai.

Emmanuel Macron, roi nu d’un désert spirituel quand il n’en est pas le bouffon, est sur le point d’en écrire l’épilogue, à moins que le peuple français retrouve un complément d’âme et chasse les marchands du temple républicain. Ce sursaut politique ne sera possible qu’après de nombreuses conversions personnelles et la formation de nos futurs dirigeants au beau, au bien et au vrai. Les racines vivantes sont capables d’emporter n’importe quelle construction. Il en va de même des racines chrétiennes.

 

Lire aussi : l’édito de Jacques de Guillebon : les bienveillants

 

Le combat politique est aujourd’hui spirituel et culturel au service d’une identité civilisatrice. C’est en cela que le projet métapolitique porté par Marion Maréchal est pertinent pour ne pas dire essentiel : la France doit restaurer son âme et retrouver la conscience de ce qu’elle est. C’est là que réside notre espérance.

 

.

hdelepinau@lincorrect.org

Pin It on Pinterest

Share This