Martial Bild : « La suspension de TV Libertés est antidémocratique et scandaleuse »

Martial Bild © Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

Jeudi, YouTube a suspendu la chaîne sur laquelle émettait TV Libertés. Nous avons rencontré Martial Bild, directeur de la rédaction et des programmes de la chaîne, mais aussi monsieur loyal de l’émission Bistrot Libertés, pour en savoir plus.

 

Confirmez-vous que la chaîne YT de TVL a été suspendue dans la journée de jeudi ?

 

Elle a été supprimée, pas simplement suspendue. Pour l’instant, nous n’avons aucune information indiquant que la chaîne puisse être rétablie dans un futur proche. Nous n’avons eu aucune communication précise. Hier (jeudi 14 juin), nous avons vu que notre JT était bloqué par YT en raison d’une atteinte aux droits d’auteurs, or nous considérons que c’est notre droit de courte citation. Nous avons obtempéré en modifiant certains contenus incriminés. Entre temps, sans avertissement préalable, la chaîne a été supprimée, nous n’avons même plus d’interface. Nous avons donc utilisé une chaîne secondaire pour remettre en place une dizaine de programmes. 2500 émissions et 100.000 ont été supprimées d’un trait pour un argument dérisoire, auquel nous avons donné une réponse. C’est un choc, et j’ai peur que ce soit une décision qui soit en réalité politique.

 

Pourquoi couper la chaîne aussi brutalement après trois ans de présence au bout de trois, au moment où est débattue la loi contre les « fake news » que TV Libertés combat ? Au moment, aussi, où TV Libertés soutient divers mouvements en Europe,  que ce soit en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Autriche ou en Slovénie ? Au moment où nous montrons notre amitié pour Marion Maréchal, pour Nicolas Dupont-Aignan, sans aucune hostilité pour Marine Le Pen qui nous a soutenus ? Il y a un vent mauvais, car plusieurs chaînes sont supprimées en même temps, plusieurs comptes sociaux de militants sont désactivés sans raisons valables.

 

« Lutte contre les Fake News », une arme de répression intellectuelle massive

 

Quelle était cette atteinte aux droits d’auteurs visée par YouTube ?

 

Elle visait un passage du journal. Pour l’instant, nous ne voulons pas évoquer cela. C’était suffisamment anodin pour que nous ayons changé la contestation. Je précise d’ailleurs que nous avions obtempéré.

 

Avez-vous un plan B ? Envisagez-vous de créer un network pour être moins directement dépendants de YouTube ?

 

On utilisera tous les moyens disponibles pour satisfaire nos dizaines de milliers de téléspectateurs. Et, bien sûr, nous avons des plans B depuis très longtemps, mais à l’aune des moyens qui sont les nôtres. Le directeur technique de la chaîne envisage toutes les possibilités. Si nous ne sommes plus libres sur YouTube, on ira là où il y a de la liberté. Ru Tube, Chi Tube, peu importe. Nous utiliserons tous les moyens pour nous faire entendre. YouTube a fait une croix sur les 2500 émissions déjà enregistrées. Des gens de tous bords, y compris des élus de gauche, des intellectuels, des spécialistes, des politiques ont été invités dans nos émissions. Tout ça a été supprimé d’un trait de plume. C’est une décision que je crois profondément scandaleuse et antidémocratique.

 

J’aimerais remercier les équipes de TV Libertés. Nos techniciens ont passé la nuit dans le studio pour que les émissions les plus récentes soient disponibles. Les émissions sont tournées. Notamment celles avec Sapir, Combaz, le dernier Bistrot Libertés, I-Média avec Jean-Yves Le Gallou. Tout cela a été enregistré. Mais il faudra que les téléspectateurs passent par le site de tvlibertés.com pour les retrouver. Nous allons tester tous les moyens pour uploader nos anciennes émissions et qu’un retour à la normale puisse être envisagé.

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grobin@lincorrect.org

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