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Mathieu Bock-Côté : « Fanatique et résolue, cette minorité idéologique est prête à aller jusqu’au bout » 2/2

Dans « La Révolution racialiste », le sociologue et essayiste québécois démonte avec talent les ressorts de l’idéologie racialiste qui envahit l’Occident. Sous couvert d’antiracisme, la race est réhabilitée au point de devenir le principe fondamental de la politique. Deuxième partie d’un grand entretien.

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© Benjamin de Diesbach pour L'Incorrect

Partie 1 : Mathieu Bock-Côté : « Fanatique et résolue, cette minorité idéologique est prête à aller jusqu’au bout » 1/2

Il y a en France un vrai clivage entre la gauche antiraciste des années 1980 et la nouvelle gauche décoloniale, entre Julien Dray et Rokhaya Diallo. Vous expliquez néanmoins que la première a été le moteur de la seconde. Comment ?

La prétention à l’universel en France s’ancrait dans la nation, qui avait un sens solide de son identité et de ses mœurs. Or, quand on sape les conditions de la nation par l’assimilation, ce sont les conditions sociologiques de l’aspiration universaliste qui se désagrègent. Cette gauche antiraciste des années 1980 qui, croyant nous délivrer du racisme, a saboté la nation en « extrême droitisant » le terme, a ainsi sapé les conditions de l’assimilation. Sur ce terrain symboliquement abandonné, les communautarismes surgissent. Aussi, dès la fin des années 1990, quand on parlait de la France black-blanc-beur, étions-nous conscients de flirter déjà avec le racialisme ? Bleu-blanc-rouge sont les couleurs de la nation, black-blanc-beur une revendication explicite de définition de la France selon une logique raciale au nom de l’inclusion. Les antiracistes qui se plaignent de ce que l’antiracisme est devenu devraient comprendre qu’ils ont eux-mêmes créé les conditions de ce qui se passe en ce moment.

Bleu-blanc-rouge sont les couleurs de la nation, black-blanc-beur une revendication explicite de définition de la France selon une logique raciale au nom de l’inclusion

Cependant, et c’est une vraie singularité française, il existe encore en France une gauche républicaine qui demeure attachée à l’idée de nation, et qui critique courageusement le multiculturalisme et le racialisme. Hélas, elle est incapable de s’allier mentalement avec les éléments conservateurs à cause de sa théorie de la tenaille identitaire. Cette théorie relève à mon avis des tourments propres à la psychologie des hommes de gauche, qui veulent demeurer de gauche à tout prix, et qui ne cessent de trouver des raisons pour prendre leurs distances avec ce qu’ils appellent la droite, surtout quand ils se retrouvent en accord avec elle. Caroline Fourest est très sévère envers le racialisme mais prend la peine de dire que les conservateurs restent infréquentables, car s’ils ont critiqué depuis de longues années tous ces mouvements, ils le faisaient pour de mauvaises raisons. Seule la gauche a finalement le droit de critiquer les dérives de la gauche. J’ai une formule pour le dire : il faut avoir été de gauche pour avoir le droit de ne plus l’être. 

Justement, la France a-t-elle une place particulière dans la bataille politique à venir ?

La France est vraiment la nation qui résiste, et parfois même sans le savoir, par ses mœurs, sa culture, sa littérature, sa langue, sa conception de l’espace public. La culture française est étrangère au régime racialiste qui s’installe. Il suffit de lire les journaux américains pour comprendre ce rôle : à l’échelle occidentale, la France est devenue le terrain principal où se mène cette bataille. Elle est diabolisée. [...]

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