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Meurtre de Lola : un peu de décence, qu’y disaient

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Publié le

20 octobre 2022

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Vendredi 14 octobre, à Paris, une petite fille de douze ans, encore une enfant, Lola, a été violée, torturée, presque décapitée, jetée dans une valise et abandonnée.
Lola

La France est sous le choc d’un crime abominable. L’un de ces crimes atroces qui hantent les esprits et les rêves pour des générations, qui déchire le cœur des mères et fait s’écrouler l’assurance des pères. La coupable, n’en déplaise aux pourfendeurs du patriarcat dont on voudrait nous faire croire qu’il a le monopole de la violence, est une jeune femme. Une Algérienne de vingt-quatre ans, qui était depuis trois ans sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Si la loi avait été appliquée et si elle avait été expulsée à temps, son chemin n’aurait jamais croisé celui de la pauvre petite au visage angélique. Il ne s’agit là que de faits bruts, mais cruels. 

Le traumatisme est là, et il est profond. Aucune personne sensée n’arrive à chasser de son esprit les images terribles qu’on se forge en lisant les premiers aveux de la meurtrière, laissant deviner le calvaire de l’enfant. C’est le crime de trop. Alors que l’on croyait être comme Mithridate, devenu insensible à la douleur, à la lecture des faits « divers » s’accumulant dans les colonnes des journaux, la colère se réveille devant ce crime qui n’aurait jamais dû se produire.

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Devant la résistance obstinée et implacable des faits, le gouvernement se défend. La gauche se défend, et accuse tous ceux qui clament leur révolte devant la mort de Lola, de « récupération politique ». Les bien-pensants se drapent dans leur dignité morale et s’indignent devant l’ampleur de la mobilisation. Le journal de gauche Libération stigmatise les « charognards ». Mais arrêtons-nous un instant. Que signifie cette accusation de « récupération » ?

La gauche et le progressisme, en France comme ailleurs, fonctionnent intégralement sur la « récupération ». L’actualité des dernières années nous en a fourni de multiples illustrations. En 2015, le petit Aylan, réfugié kurde, meurt sur une plage turque, la face contre terre. Sa photo tourne en boucle dans tous les médias. « Plus jamais ça ! » entend-on sur toutes les notes de la gamme. Le t-shirt rouge d’Aylan devient le symbole de l’accueil sans limites des migrants. Dessins de presse, tribunes, déclarations émues avec des larmes dans la voix se multiplient pour dénoncer l’absence de cœur de ceux qui veulent interdire à ces migrants d’engager la traversée du désespoir. La solution ne serait pas dans la régulation, mais dans l’ouverture, tout grand, de nos frontières. L’occasion est trop belle quand l’on tient un tel martyr.

Il n’y a pas ici de « récupération ». Il y a une colère juste, qui ne vient pas d’une expérience isolée, mais bien au contraire d’une insupportable accumulation de crimes impunis

Et que dire de la mort de George Floyd, à Minneapolis, au mois de mai 2020 ? L’homme, qui trouve la mort au moment de son arrestation musclée par un policier peu scrupuleux, est quasi instantanément « récupéré ». Il devient le symbole des violences policières et du racisme. Il devient post-mortem l’égérie des démocrates qui veulent, à l’approche des élections présidentielles, la peau de Donald Trump. Récupération multiple, même. Ses derniers mots, « I can’t breathe », si l’on en croit le président Emmanuel Macron, font de lui l’incarnation de « l’inquiétude climatique » des citoyens. Le « fait divers » de Minneapolis est internationalisé. À Paris comme à Berlin ou Madrid, on défile pour George Floyd. Les murs des villes se couvrent de fresques en son honneur. On n’a pas entendu beaucoup de gens se plaindre alors, comme le ministre Dupont-Moretti, de « ce qu’on se servait de son cercueil comme d’un marchepied ». Personne n’a appelé, à l’image d’Élisabeth Borne, à la « décence » pour « respecter la douleur ».

Mais ce n’est pas tout. Les batailles du progressisme – mariage gay, droits des trans – fonctionnent toutes, sans exception, sur un système de récupération. Un cas particulier, une histoire individuelle tragique, est montée en épingle. Les témoignages sont décortiqués pour « sensibiliser l’opinion », et tirer d’une expérience isolée habilement exploitée la nécessité de faire une loi « pour tous. » La récupération est tout simplement le mode opératoire privilégié et quasi exclusif de la gauche.  La gauche militante est à elle seule une gigantesque entreprise de « récupération ». Ayant évacué depuis longtemps l’idée qu’existent au-dessus de nous un bien et une vérité transcendants, elle doit en effet chercher autre chose pour nourrir ses combats.

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Nous n’avons pas à nous excuser de « récupérer ». Il n’y a pas ici de « récupération ». Il y a une colère juste, qui ne vient pas d’une expérience isolée, mais bien au contraire d’une insupportable accumulation de crimes impunis, dont tous, ou presque, ont la même origine, terriblement identifiable : la disparition d’une communauté nationale ordonnée au bien de ses enfants, sous les coups d’une immigration incontrôlée qui n’est que le masque d’une fausse charité, le tout en vue d’ériger une société sans morale et sans règles. 

À la « récupération » dont la gauche s’est fait une spécialité, nous préférons le témoignage. Martyre, en grec. Rien ne doit nous empêcher de convoquer avec dignité, au nom de la justice, les victimes de la lâcheté d’une classe politique qui construit patiemment un enfer pour les innocents. Nous aimerions faire nôtres ici les mots que l’on prête à Napoléon III : « Il est temps que les bons se rassurent et que les méchants tremblent. »

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