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Onfray, Raoult et Puy-du-Fou : le monde d’après comme avant

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© Puy du fou

On allait voir ce qu’on allait voir. Le monde « d’après » serait forcément différent ; changé, purifié, centré sur l’essentiel. Mais un petit village gaulois fait de la résistance, un hexagone de l’hémisphère nord bordé par l’Océan atlantique et la mer méditerranée. Ici, l’essentiel est ailleurs : polémiquer, se fatiguer en vaines et stériles querelles pourvu qu’elles nous donnent l’illusion que nous sommes encore un peuple politique plutôt que l’otage des vents turbulents de l’Histoire.

 

Sortis de deux mois de confinement, les Français ont donc repris leurs ancestrales habitudes. Nous ne manquons pas d’imagination en la matière, addicts que nous sommes au supporterisme politico-médiatique le plus outré. Michel Onfray, Elise Lucet, le parc du Puy-du-Fou, le traitement de Didier Raoult, les désormais emblématiques Gilets Jaunes ou les « rodéos » dans les banlieues – je vous épargnerai l’émission Koh Lanta- étant autant de sujets oh combien capitaux pour nous autres.

 

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Le président Macron ne s’y trompe pas, multipliant les petits symboles (coups de fil à Jean-Marie Bigard ou Eric Zemmour, contacts avec l’IHU Méditérranée, réouverture du Puy-du-Fou par fait du prince, etc) et les clins d’œil qui permettent d’éviter les sujets difficiles. On brouille les cartes. On envoie des signaux contradictoires. On laisse planer le doute sur sa personnalité et ses intentions. Dans un même ordre d’idées, les « fuites » d’un « puissant conseiller de l’Elysée » au journal Le Monde sonnent comme une imploration, une prière pour que le dieu du hasard qui préside à nos destinées laisse à Emmanuel Macron l’espoir de se succéder à lui-même dans deux ans.

« Ça fout la trouille », a glissé ce personnage « puissant » à propos de « l’hypothèse de l’émergence d’une figure populiste hors parti » qui constituerait un « véritable objet d’inquiétude dans la perspective de 2022 alors que la défiance contre le pouvoir s’épaissit » ; évoquant pêle-mêle les noms d’Eric Zemmour, de Didier Raoult, de Cyril Hanouna et de l’inénarrable Elise Lucet… La trouille ou l’espoir d’une opposition protéiforme aussi décousue que démagogique, véritable assurance-vie de la technostructure des « experts » qui se trompent sur tout et tout le temps ? Où qu’on se situe sur le champ politique et sociologique, on a maintenant toujours recours aux mêmes procédés rhétoriques. C’est à qui s’indignera le plus sur le « mépris de classe » de l’autre et sa « haine ».

 

Ce n’est pas comme si nous donnions des millions d’euros de subventions tous les ans à des zartistes foireux d’extrême gauche sans même qu’on ait pu y consentir. L’aventure Villiers est financée sur fonds propres. Si ça ne leur plaît pas, qu’ils n’y aillent pas.

 

Chacun a, du reste, son petit peuple et son tiers-monde à alimenter dans le ressentiment, puisque nous ne sommes jamais sortis du paternalisme sclérosant et de la reproduction incestueuse des élites que dénonçait intelligemment Pierre Bourdieu. Dire la vérité sur les criminels qui ensanglantent les cités avec leurs rodéos morbides et débiles dans les rues ? Vous n’y pensez pas, ce sont des victimes. Dire, de l’autre côté, la vérité sur l’état de la France et les difficultés que nous aurons pour en sortir ? Vous n’y pensez pas, ce sont des veaux. Un sujet aussi anecdotique que la réouverture du Puy-du-Fou se transforme ainsi en champ de bataille virtuel. « Le Puy-du-Fou va rouvrir, vous allez pouvoir donner votre argent à un mec d’extrême droite », déclarait une internaute.

Et le sieur Villiers tue de vrais serfs de son domaine pour la sinéscénie ? Ce n’est pas comme si nous donnions des millions d’euros de subventions tous les ans à des zartistes foireux d’extrême gauche sans même qu’on ait pu y consentir. L’aventure Villiers est financée sur fonds propres. Si ça ne leur plaît pas, qu’ils n’y aillent pas. Il n’est, en revanche, pas faux de dire qu’il aura suffi d’un sms du Vendéen pour qu’Emmanuel Macron se précipite, preuve que le progressisme de façade a des relents de présipauté bananière où la communication est au fond toute la politique. Les jugements de valeurs des uns et des autres sur les passions, les hobbies ou les activités personnelles des Français sont les cris d’impuissance de la droite et de la gauche morales.

 

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Les cris d’agonie, serait-on tentés de penser. On finirait même par penser qu’ils sont assez indifférents auxdits Français, les héritiers d’un très vieux et très grand pays qui forment aujourd’hui des clientèles féodales pour quelques gourous sans trop de talent. Leur pays se meurt d’un lent déclin. Face à eux, l’impuissance acquise qui se conjugue avec le renoncement. Ils sont les victimes de la longue dormition. Ce ne sera pas la destruction finale mais le sort peu enviable de la stagnation sur fond de conflits ethno-communautaires et identitaires – quand ces identités ne sont parfois pas, comme c’est le cas avec les nouvelles minorités de genre, des traits de personnalité transformés en catégories politiques -. On aimerait leur donner un seul conseil : aide-toi et le ciel t’aidera.

 

Par Gabriel Robin

 

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