Pour bien comprendre l’anticapitalisme, il faut savoir ce qu’est le capitalisme. Généralement, il est défini comme étant « un système fondé sur l’accumulation du capital productif guidée par la recherche du profit basé sur la propriété privée des moyens de production ». En s’opposant au capitalisme, on s’opposerait donc au profit et à la propriété, ce que font Lutte ouvrière et le Nouveau parti anticapitaliste depuis le début de leurs existences respectives. Philippe Poutou et Nathalie Arthaud sont communistes, mais trotskystes, donc gentils selon l’acception générale. Leur modèle ? Un État tout-puissant qui aurait les moyens de production, mais qui serait gouverné par le peuple, enfin libéré de ses chaînes. C’est beau, mais ça n’existe pas et ça n’a jamais existé. D’ailleurs, le problème fondamental posé par le marxisme est qu’il s’oppose au capitalisme en cela qu’il est son contraire. À peu de choses près, le marxisme, c’est un matérialisme pour les pauvres.
Il est intéressant de remarquer que la perspective anticapitaliste se base sur un rejet –tout à fait compréhensible au demeurant– des riches qui exploitent les pauvres. Fonder un rejet de la propriété comme profit sur le matérialisme et la répartition du profit nous fait demeurer dans une perspective purement économique des choses, et donc sans possibilité d’élévation. La seule différence de fond pourrait être que, par la recherche constante du profit et l’exploitation des ressources naturelles, le capitalisme n’est pas pérenne car ces dernières sont limitées. Mais malheureusement, l’ambition de l’anticapitalisme actuel est la bourgeoisie pour tous, ce qui induit nécessairement une exploitation similaire des ressources naturelles. En clair, tous deux sont pour la croissance.
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Mais pourquoi ô ciel la droite ne se saisit-elle pas de ce problème à bras le corps ? Si son idéal est entre autres un rassemblement du peuple par la nation, elle en oublie qu’aujourd’hui, c’est l’économie qui gouverne. Gangrénée par le libéralisme, elle ne voit pas que pour gagner le combat entre ceux qui sont pour et contre la France, il faut que la principale préoccupation des Français soit la survie de la nation, pas le pouvoir d’achat ! « C’est celui qui impose son thème à la campagne qui la gagne », clamait Éric Zemmour sur tous les plateaux télé après s’être déclaré candidat. Mettre au premier plan les dangers qui menacent la France, c’est très bien. Mais si on ne mène pas à côté une bataille des idées qui, enfin, nous ferait quitter le prisme économique dans lequel nous sommes enfermés depuis si longtemps, c’est peine perdue.
En vérité, l’anticapitalisme ne peut être que de droite si effectivement il consiste à abattre la volonté de profit et l’argent-roi. Ce ne sont ni le libéralisme, ni le communisme qui le permettront. L’un par définition, l’autre par opposition. Roland Barthes a bien fait en inventant le concept de bathmologie : on voit ici que le « non » n’est en fait pas si éloigné du « oui ». Mais alors, que serait l’anticapitalisme de droite ?
Protectionniste, localiste et nationale : telle devrait être la devise de cette droite anticapitaliste qui n’existe plus
L’anticapitalisme de droite, ce serait l’abandon de la société qui veut faire de tous des bourgeois au mieux, ou donner à tous l’illusion qu’ils peuvent être bourgeois au pire. Il expliquerait, bien que ce soit extrêmement dur à dire, à tous les prolétaires que leur salut ne réside pas dans un salaire à 3 000 euros, mais dans une élévation par la France. La décroissance, ou sinon le refus de la croissance à tout prix, serait un objectif pour lui, ce qui lui permettrait de reconstruire une écologie de proximité, en respect avec la nature. À ce sujet, Jean-Luc Mélenchon tenait un discours de droite l’autre jour à Toulouse lorsqu’il expliquait la nuisance qu’apporte le bruit. On pourrait ajouter celle causée par la publicité qui pollue notre cerveau comme les tomates importées de Chine polluent notre planète.
Protectionniste, localiste et nationale : telle devrait être la devise de cette droite anticapitaliste qui n’existe plus. Se fondant sur la France et sa nature comme objectif, elle rejetterait tout objectif de vie « petit-bourgeois » comme le définit si bien Renaud Camus. Ni marxiste, ni libérale, de droite donc.





